10 Décembre 2025
NCIS: Origins // Saison 2. Episode 8. End of the Road.
L’épisode 8, « End of the Road », porte un titre qui pourrait laisser croire à une forme de conclusion. Pourtant, ce que l’on voit à l’écran ressemble davantage à un début : un point de bascule où plusieurs personnages trouvent un nouveau cap, parfois choisi, parfois subi. C’est cette idée de transition douce mais décisive qui traverse tout l’épisode. On retrouve ici les thématiques déjà présentes dans les épisodes 6 et 7 : les non-dits, les décalages de timing, les relations qui avancent par petites impulsions plutôt que par grands gestes. La série continue à faire évoluer ses personnages par touches discrètes, et cet épisode en est un bon exemple.
La saison nous préparait depuis un moment à ce qui arrive ici : Gibbs et Diane franchissent un pas qui, dans la chronologie globale de NCIS, était attendu. Mais même en connaissant la suite, l’épisode parvient à créer une ambiance particulière, un mélange d’élan et de fragilité. Ce qui ressort, ce n’est pas tant l’événement en lui-même que la manière dont chacun y arrive. Gibbs ne fuit pas cette fois-ci. Il suit un conseil, il avance, et même si ce choix paraît précipité, on comprend pourquoi il le fait. Il cherche une direction, quelque chose qui ressemble à un appui. Diane lui en offre un, et il le saisit. Mais ce mouvement vient aussi révéler ce qui reste en suspens entre lui et Lala. Depuis son retour, il y a une distance entre eux, faite de ce qu’ils n’ont jamais réussi à se dire.
Ils continuent à tourner autour du sujet, chacun convaincu qu’il vaut mieux éviter de soulever ce qui pourrait faire vaciller leurs certitudes. Cet épisode le montre sans lourdeur, juste avec cette tension discrète que la série installe depuis quelques semaines. L’épisode s’intéresse aussi beaucoup à Lala, et cela éclaire encore mieux la femme et l’agente qu’elle est. Sa relation avec Tony — « Twitchy Tony » — offre un regard plus intime sur sa façon de travailler. Depuis le début de la série, Lala se distingue par un rapport humain aux individus qu’elle croise, qu’ils soient témoins, suspects ou informateurs. Ici, ce n’est pas une simple méthode : c’est quelque chose de profond, presque instinctif. L’attachement qu’elle porte à Tony ne vient pas de nulle part.
Elle a été pour lui un point d’ancrage dans un moment difficile, et lui, à son tour, le devient pour elle. Sa présence dans cet épisode sert de miroir : il reflète ce que Lala donne aux autres, souvent sans s’en rendre compte. Et cela fonctionne d’autant mieux que Tony n’est pas un personnage central. Il montre à quel point la série prend au sérieux chacun des rôles secondaires, même ponctuels. La colère de Lala, sa peur de perdre quelqu’un d’autre après ce qu’elle a vécu, son envie de protéger coûte que coûte… tout cela est raconté de manière simple. On comprend qu’elle avance avec ses blessures, mais aussi avec une capacité rare à créer du lien. Ce que Gibbs dit à Diane à propos de sa « famille » prend une portée particulière dans cet épisode.
On sait qu’il ne parle pas seulement de son passé, mais bien de ces personnes avec qui il travaille maintenant : Franks, Lala, Randy, Herm. Chacun, à sa manière, a participé à le remettre sur pied. C’est ce groupe qui lui a redonné une routine, un but, un endroit où se tenir debout sans vaciller. Et c’est sans doute pour cette raison qu’il peine à envisager de partir. L’épisode rappelle, sans trop insister, que le lien entre Gibbs et l’équipe n’est pas qu’une question de travail. C’est ce qui le maintient, même quand il prend des décisions discutables. Herm retrouve sa place sur le terrain, et cela lui redonne une forme d’assurance que l’on n’avait plus vue depuis un moment. Il n’a rien d’un héros flamboyant, mais son retour s’inscrit logiquement dans le parcours que la série construit pour lui : une progression lente, imparfaite, mais sincère.
Du côté des Franks, l’épisode montre encore la difficulté qu’ils ont à se comprendre. Ce n’est pas conflictuel au point de créer des ruptures profondes, mais cela relève de cette communication bancale propre aux relations familiales. Ils se parlent sans vraiment s’entendre, et malgré cela, quelque chose progresse. Quant à Randy, il continue d’apporter cette énergie qui compense le sérieux ambiant. Et son influence sur Herm, au moment clé, souligne une fois de plus la cohésion du groupe. Ce que j’en retiens surtout, c’est que rien n’est vraiment résolu ici. Ce n’est pas un épisode qui ferme des portes ; il en entrouvre plusieurs. Gibbs avance, mais pas forcément dans la direction la plus stable.
Lala continue d’exister dans cette zone où la force et la fragilité cohabitent. Herm se reconstruit. Les frères Franks essaient tant bien que mal d’ajuster leurs trajectoires. Cela ne donne pas un épisode spectaculaire, mais un moment charnière. La saison poursuit ainsi sa construction : par étapes mesurées, parfois hésitantes, mais toujours humaines.
Note : 6/10. En bref, pas l’épisode le plus mémorable de la série mais il ouvre de nouvelles portes afin de faire évoluer les personnages et l’univers.
Prochainement en France
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