Critiques Séries : Boston Blue. Saison 1. Episode 7.

Critiques Séries : Boston Blue. Saison 1. Episode 7.

Boston Blue // Saison 1. Episode 7. Baggage Claim.

 

Depuis quelques épisodes, Boston Blue semble vouloir stabiliser sa trajectoire. Le début de saison manquait de cohérence, puis l’épisode 5 avait montré un premier sursaut intéressant. Avec l’épisode 7, la série poursuit ce mouvement, mais sans parvenir à éviter certains choix d’écriture qui m’éloignent encore d’une véritable implication. Il y a de bons moments, parfois même très engageants, mais l’ensemble reste trop inégal pour installer une identité claire. Cet épisode s’appuie pourtant sur des éléments qui auraient pu vraiment fonctionner : une enquête plus structurée que d’habitude, des dilemmes moraux crédibles, quelques scènes familiales bien intégrées. 

 

Malgré cela, des arcs secondaires tirent l’ensemble vers le bas et brisent régulièrement le rythme. Résultat : un ressenti mitigé, même si j’ai apprécié voir l’évolution progressive de certains personnages que je trouvais caricaturaux au départ. L’axe le plus intéressant reste la collaboration entre Lena et Danny. Leur duo avait déjà offert quelques nuances dans les épisodes précédents, mais celui-ci inverse subtilement leurs rôles habituels. Danny adopte une posture plus prudente, alors que Lena laisse davantage transparaître son agacement et son envie d’avancer. Cette inversion apporte un souffle différent à leur partenariat. J’ai trouvé cette tension interne plutôt crédible, surtout parce qu’elle ne tombe pas dans l’excès. 

L’épisode laisse suffisamment d’espace à leurs réactions pour qu’elles paraissent naturelles, sans chercher à surjouer le drama. Leur enquête contre un sénateur soupçonné d’homicide permet aussi d’élever légèrement le niveau d’enjeu. L’idée n’a rien de révolutionnaire dans une série policière, mais l’écriture laisse au moins la place aux doutes et à la possibilité d’un faux coupable. Cette incertitude fonctionne assez bien jusqu’à la découverte des preuves concrètes. Même si l’évolution était prévisible, j’ai apprécié que l’épisode évite la piste dans laquelle Lena se serait totalement trompée. Cela aurait pu créer un effet dramatique, mais la série n’a jamais semblé bâtie pour aller si loin. L’épisode reste dans sa ligne : simple, correct, efficace sans ambition démesurée.

 

Sarah bénéficie d’un traitement légèrement plus profond que d’habitude. Son dilemme autour d’un collègue ayant outrepassé les règles touche à quelque chose de sensible : quand un policier agit pour protéger un proche, comment gérer la frontière entre empathie et devoir institutionnel ? J’ai trouvé la situation assez bien amenée, et le conflit intérieur de Sarah est l’un des rares moments où Boston Blue dépasse son format procédural classique. Le problème, c’est que la série ne pousse jamais véritablement la réflexion. L’épisode reste trop court sur les conséquences, trop discret sur les impacts internes, presque timide dans sa conclusion. Pourtant, la conversation avec Edwin apporte un peu de nuance et rappelle un thème moral plus large, celui de la responsabilité individuelle. 

Ce genre d’échange est ce qui manque souvent à la série : un souffle humain qui ne repose pas sur l’émotion forcée, mais sur une vraie interrogation. J’aurais aimé que cette intrigue prenne encore plus de place. Elle méritait mieux que quelques scènes isolées. Mae continue d’être enfermée dans des intrigues politiques qui peinent à convaincre. Son opposition à un ancien employé aurait pu offrir un regard intéressant sur les dérives électorales et la manipulation par les réseaux sociaux. Quelques passages captent d’ailleurs bien la difficulté de rester intègre dans un environnement où l’image compte davantage que la vérité. Mais, une fois encore, l’épisode termine trop vite et trop facilement son propos. 

 

La décision finale de Mae laisse un arrière-goût étrange : sa tentative de résoudre le conflit par la mise en garde reste certes cohérente avec son caractère, mais manque de crédibilité. J’aurais aimé voir une réaction plus stratégique ou plus pragmatique. Là, la conclusion donne l’impression que l’intrigue n’a servi qu’à remplir un quota thématique, sans vrai retentissement émotionnel ni impact durable. C’est là que l’épisode se délite. Jonah et Sean ont été un problème récurrent depuis le début de la saison, et cet épisode ne corrige rien. Leur intrigue repose une nouvelle fois sur une dynamique comique qui ne colle pas au ton général de Boston Blue.

Cet axe casse le rythme, affaiblit la cohérence et donne l’impression d'être déconnecté du reste. Comme souvent, ils sont utilisés comme ressort humoristique alors qu’ils pourraient apporter une vraie progression. L’épisode aurait gagné en intérêt si ces deux recrues avaient profité de leur situation pour faire preuve d’un peu d’initiative ou de sens de l’observation. Au lieu de ça, tout repose sur leur maladresse et sur un enchaînement de scènes légères qui n’apportent rien. Cette partie fait perdre en densité à un épisode qui était pourtant mieux construit dans ses autres intrigues. Après sept épisodes, Boston Blue avance, recule, puis avance à nouveau. 

 

Cet épisode illustre bien ce mouvement : des scènes pertinentes, quelques bonnes idées, mais un ensemble freiné par des choix narratifs qui empêchent la série de s’affirmer. Mon ressenti reste donc partagé : j’apprécie l’évolution de certains personnages, j’aime quand la série ose aborder des dilemmes sociaux ou institutionnels, mais les registres comiques mal intégrés et les conclusions trop rapides m’empêchent d’être pleinement convaincu. L’épisode 7 montre malgré tout une progression par rapport aux premières semaines, mais Boston Blue reste une série qui cherche encore son équilibre.

 

Si elle parvient à maintenir le niveau de l’enquête principale tout en se débarrassant de ses digressions inutiles, elle pourrait réellement gagner en consistance. Pour l’instant, l’ensemble reste inégal, intéressant par moments, frustrant à d’autres.

 

Note : 5/10. En bref, la série semble trouver une certaine vitesse de croisière. Un chapitre solide mais inégal qui confirme les forces… et surtout les limites de la série.

Prochainement en France

CBS a renouvelé Boston Blue pour une saison 2.

 

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