Critiques Séries : Boston Blue. Saison 1. Episode 16.

Critiques Séries : Boston Blue. Saison 1. Episode 16.

Boston Blue // Saison 1. Episode 16. Anatomy of a Bomb.

 

On arrive au seizième épisode de cette première saison de Boston Blue, et les scénaristes ont décidé de s'attaquer à un gros morceau, mais aussi à un sacré cliché : la prise d'otages dans un hôpital. C’est un grand classique des séries policières et médicales. On l'a vu mille fois, de Grey’s Anatomy à Chicago PD, et le risque, c'est forcément de s'ennuyer un peu devant une mécanique trop prévisible. Pourtant, même si le scénario ne réinvente pas la roue, l’épisode s’en sort plutôt bien grâce à la force de ses personnages. 

 

Le point de départ est simple : un père de famille, poussé à bout par un système de santé qui lui tourne le dos, décide de prendre les choses en main de la pire des manières. Pour sauver sa fille gravement malade, il prend des innocents en otage afin d’exiger une opération. C’est le genre de sujet qui cherche à nous mettre dans une position inconfortable. On sait que ce qu’il fait est mal, mais on ne peut pas s'empêcher d'avoir un peu d'empathie pour ce mec qui n'a plus rien à perdre. Ce qui est appréciable ici, c'est que la série ne tombe pas tout de suite dans la fusillade ou l'action pure. L’épisode mise sur la psychologie et la négociation. 

On prend le temps d’écouter, de discuter, et c’est ce qui donne une vraie épaisseur à la tension. Le vrai moteur de cet épisode, c'est Danny. On sent qu'il a parcouru du chemin depuis le pilote. Face au preneur d'otages, il ne joue pas les gros bras. Il utilise sa propre expérience de père pour créer un lien, une petite passerelle de confiance. C’est fragile, c’est tendu, mais c’est crédible. On n’est pas dans l’héroïsme de carton-pâte, on est dans l’humain. Lena, de son côté, apporte la stabilité nécessaire. Elle gère l’aspect plus analytique de la crise, et leur complémentarité fonctionne de mieux en mieux. 

 

Ils commencent vraiment à se comprendre sans avoir besoin de se parler pendant des plombes, et pour nous, spectateurs, c’est super agréable de voir cette complicité s’installer durablement. Si le cœur de l’épisode est solide, j’ai un petit bémol sur la structure. Les scénaristes ont voulu rajouter une couche avec la disparition suspecte d'un membre du personnel médical. Sur le papier, ça ajoute du mystère, mais dans les faits, ça disperse un peu trop l'énergie. Au lieu de rester focalisé sur le drame humain dans l'hôpital, on se retrouve baladé sur une deuxième enquête qui dilue un peu l'émotion. 

C’est dommage, car le sujet de la corruption ou des dérives financières dans le milieu de la santé est intéressant, mais ici, c’est traité de façon un peu trop directe, presque sans filtre. Un peu plus de subtilité n'aurait pas fait de mal. L’épisode nous pousse à réfléchir : jusqu'où peut-on aller par amour ? Le malaise s'installe quand on réalise que le preneur d'otages, dans sa détresse, met paradoxalement sa propre fille en danger. C’est là que le récit montre les limites de la "bonne intention". La série a parfois tendance à trop vouloir nous faire aimer son coupable, quitte à oublier un peu les victimes qui tremblent dans un coin de la pièce. Heureusement, la présence de Sean et Jonah vient équilibrer tout ça. 

 

Ils ne sont pas là juste pour faire de la figuration ou détendre l'atmosphère avec des blagues cette fois. Ils sont intégrés à la gestion de crise de façon très pro, ce qui prouve que la série commence enfin à savoir quoi faire de ses personnages secondaires. Il faut aussi mentionner la petite sous-intrigue sur la vie privée de Lena. Elle recroise une ancienne connaissance, et honnêtement, ça tombe un peu comme un cheveu sur la soupe. Après les grosses révélations qu'on a eues sur son passé récemment, cette petite parenthèse romantique ou nostalgique n'apporte pas grand-chose. On aurait préféré rester dans le vif du sujet plutôt que de perdre du temps sur un arc qui semble déjà à l'arrêt.

Au final, ce seizième épisode de Boston Blue est une proposition solide. Oui, l'histoire de la prise d'otages est un cliché ambulant, mais l'interprétation des acteurs et la qualité des dialogues sauvent les meubles. On sent que la série cherche son équilibre entre le policier pur et le drame social. Ce n'est pas l'épisode le plus original de l'année, mais il se regarde avec beaucoup de plaisir. La tension est là, les enjeux sont réels, et on continue de s'attacher à cette équipe qui, malgré les erreurs, essaie toujours de faire au mieux. Une étape de plus dans une saison qui, malgré quelques accrocs, tient vraiment la route.

 

Note : 6/10. En bref, ce seizième épisode de Boston Blue est une proposition solide. Oui, l'histoire de la prise d'otages est un cliché ambulant, mais l'interprétation des acteurs et la qualité des dialogues sauvent les meubles. 

Prochainement en France

 

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