Critique Ciné : Kidnapping Maison (2025, Netflix)

Critique Ciné : Kidnapping Maison (2025, Netflix)

Kidnapping Maison // De Amine Lakhnech. Avec Mohamad Aldokhei, Yazeed Almajyul et Abdulaziz Al Sokayreen.

 

Kidnapping Maison joue cartes sur table dès son titre : ici, le public sait très vite qu’il s’agit d’un kidnapping. Le film repose sur un concept simple et complètement absurde, mais qui peut marcher quand il est traité avec une énergie vraie : un homme fauché, dépassé par les dettes, finit par imaginer le plan le plus insensé de sa vie. Sattam, père célibataire et entrepreneur raté, croule sous les emprunts et les pressions d’un usurier qui ne lui laisse que quelques jours pour rembourser une somme colossale. Pour sauver sa peau, il décide de simuler un enlèvement… mais pas de n’importe qui : celui de son propre père. Ce choix improbable donne au film son moteur principal, et c’est là que l’histoire devient la plus intéressante. 

 

Entrepreneur raté et père fauché, Sattam se lance dans un plan complètement fou : rembourser ses dettes en enlevant son propre père.

 

Au lieu de kidnapper une victime au hasard ou de monter un stratagème sophistiqué, Sattam se lance dans l’opération la plus risquée possible. D’autant plus que son père, Sulaiman, n’a jamais été connu pour sa générosité. Si quelqu’un devait refuser de payer une rançon, c’est bien lui. Pourtant, Sattam persiste, persuadé que cet enlèvement arrangé finira par lui sauver la vie. Il n’est pas seul dans cette aventure puisque deux amis, tout aussi dépassés que lui, lui prêtent main-forte. Ces trois-là accumulent les erreurs comme s’il s’agissait d’un sport national. Chaque brillante idée est rattrapée par une catastrophe, puis remplacée par quelque chose d’encore plus mal pensé. 

 

C’est dans cette succession d’échecs que Kidnapping Maison trouve son côté drôle. Une comédie de situations qui repose surtout sur les réactions paniquées des personnages, incapables de faire un pas sans créer un problème plus grand. L’humour prend enfin son envol quand le faux enlèvement est lancé : les négociations, complètement ratées du début à la fin, forment le cœur comique du film. Entre les demandes de rançon qui changent sans arrêt et les conversations ridiculement mal préparées, il devient difficile de savoir si Sattam tente vraiment d’obtenir de l’argent ou s’il improvise au gré de ses peurs. Malgré ce ton léger, le film n’oublie pas de montrer la difficulté de Sattam à garder la tête hors de l’eau. 

 

Il a beau être maladroit et irresponsable, il reste un père qui essaie de s’en sortir, quitte à prendre des décisions discutables. L’écriture glisse ici quelques moments plus sensibles, qui rappellent la pression que peut provoquer la dette, surtout dans une société où l’apparence de réussite pèse autant que la réalité. La distribution joue un rôle crucial dans le rythme du film. Mohammed Aldokhei, dans le rôle de Sattam, apporte une énergie nerveuse qui colle parfaitement au personnage. Yazid Almajyul et Abdulaziz Al Skireen, qui interprètent ses complices, ajoutent à l’histoire cette dimension de bande de bras cassés qui donne tout son charme au récit. Le cast fonctionne grâce à un timing comique solide et des échanges rapides. 

 

Le film est assez court, le rythme reste soutenu, sans longueurs inutiles, et l’histoire avance assez vite pour éviter la lassitude. Ce tempo rend l’expérience agréable, même quand certaines blagues tombent un peu à plat ou quand le scénario file vers la prévisibilité. Le concept n’a rien de complexe, mais il parvient à divertir sans trop forcer. Derrière les rires, Kidnapping Maison montre aussi un portrait de famille compliqué. Sattam vit avec sa mère et tente de s’occuper de sa fille comme il peut. Sulaiman, son père, vit confortablement, loin des soucis financiers de son fils. Le père de famille est dépeint comme un homme dur, économisant chaque centime, ce qui accentue encore davantage l’ironie d’un fils désespéré qui espère lui soutirer, malgré lui, une somme énorme.

 

Le chaos s’intensifie quand un malentendu dans la demande de rançon fait exploser le montant initial. Le chiffre annoncé devient soudain démesuré, hors de portée pour n’importe quelle famille, encore moins pour celle de Sattam. Le film utilise ce moment pour réintroduire la tension et rappeler ce qui est réellement en jeu : la survie financière, mais aussi le rapport de force au sein de cette famille où chacun garde ses secrets. En parallèle, l’histoire accroît son impact émotionnel grâce à une révélation qui change la dynamique du scénario. Cette découverte oblige les personnages à revoir leurs priorités, à s’interroger sur leurs relations et à stopper cette suite d’erreurs un peu trop vite transformée en farce. 

 

Ce basculement apporte un intérêt supplémentaire, même s’il arrive tard. Malgré ses qualités comiques, Kidnapping Maison souffre parfois d’un humour trop local, difficile à transposer pour un public extérieur. Certaines répliques apparaissent moins naturelles à cause de la traduction, ce qui amoindrit l’effet comique dans quelques scènes. La mise en scène, bien que correcte, reste assez classique et ne laisse pas vraiment transparaître une identité culturelle forte, ce qui aurait pourtant pu ajouter du relief au récit. La réalisation reste néanmoins propre, fluide, et les scènes d’action au début et à la fin donnent une belle énergie à l’ensemble. L’intention est claire : créer un divertissement accessible, rythmé et léger, sans prétention particulière. 

 

À ce titre, le contrat est rempli. L’histoire ne révolutionne rien, mais elle offre de vrais moments de détente. En fin de compte, Kidnapping Maison raconte une histoire rocambolesque autour d’un fils prêt à tout pour se sortir d’une situation impossible. La comédie fonctionne grâce à un trio d’acteurs investis et à une succession de maladresses qui finit par créer un rythme entraînant. Même si certaines idées se perdent dans la traduction ou dans une écriture parfois trop simple, le film remplit sa mission : divertir. Pour un week-end tranquille, sans prise de tête, Kidnapping Maison peut offrir exactement ce qu’il faut : un rire, un moment léger, et un regard sur un cinéma saoudien qui commence à trouver sa place dans un genre où il est encore peu présent.

 

Note : 6.5/10. En bref, Kidnapping Maison raconte une histoire rocambolesque autour d’un fils prêt à tout pour se sortir d’une situation impossible. La comédie fonctionne grâce à un trio d’acteurs investis et à une succession de maladresses qui finit par créer un rythme entraînant.

Sorti le 11 décembre 2025 directement sur Netflix

 

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