Critiques Séries : NCIS: Sydney. Saison 3. Episode 8.

Critiques Séries : NCIS: Sydney. Saison 3. Episode 8.

NCIS: Sydney // Saison 3. Episode 8. Turkey Shoot.

 

Depuis le début de la saison 3, NCIS: Sydney réussissait à maintenir un certain équilibre entre procédural assumé et identité propre. La série puisait dans ce qui fait sa force depuis son lancement : des décors qui donnent de la personnalité, des dynamiques d’équipe qui se cherchent encore, et une ambiance australienne qui la distingue du reste de la franchise. C’est d’ailleurs ce qui m’a toujours plu dans ce spin off : là où NCIS a tendance à suivre un chemin familier, celui-ci parvient à exister par ses lieux, ses couleurs et sa petite touche locale. C’est sans doute pour cela que « Turkey Shoot » m’a laissé sur un goût plus mitigé. 

 

L’épisode change de décor, certes, et s’ouvre dans un Chinatown de Sydney filmé de manière assez vivante pour qu’on y trouve un vrai plaisir visuel. J’aime quand une série policière ose sortir de ses bureaux pour s’offrir une balade dans des quartiers qui racontent quelque chose. À ce titre, NCIS: Sydney conserve un charme évident, proche de ce que JAG faisait autrefois avec ses environnements. Mais une fois l’introduction passée, l’intrigue retombe vite dans quelque chose de plus attendu, une mécanique policière classique qui aurait très bien pu appartenir à la série mère. Le constat n’est pas dramatique, mais il tranche un peu avec les épisodes précédents, plus ancrés dans une identité australienne qui donnait vraiment envie de suivre l’équipe semaine après semaine. 

Ici, on a davantage l’impression de regarder un épisode type NCIS, formaté, efficace mais sans prise de risque. Et dans une saison qui jusque-là se tenait plutôt bien, cette parenthèse plus conventionnelle rend l’ensemble un peu fade. On sent pourtant que la série tente de jouer sur les relations internes pour compenser cette intrigue assez plate. Mackey et JD continuent d’être au centre de sous-entendus que tout le monde semble déjà avoir analysé, y compris leurs collègues. La tension est perceptible, elle existe depuis longtemps et l’épisode le reconnaît ouvertement. Le problème, c’est que cela tourne un peu en rond. Rien n’évolue vraiment pour eux, et aucune scène ne les pousse à dépasser leur dynamique habituelle. 

 

Cette stagnation finit par rendre l’ensemble prévisible, alors qu’on sait que la série est capable de mieux lorsqu’elle ose creuser les émotions au lieu de simplement les évoquer. Du côté d’Evie et DeShawn, l’énergie reste plaisante, souvent fondée sur leur rivalité gentille et leurs différences de caractère. Leur duo fonctionne, mais ici aussi on attend davantage. Leurs échanges sont amusants, ils alimentent le rythme, mais leur relation n’avance pas non plus. Tout semble rester en surface, comme si la série avait peur d’aller plus loin dans la caractérisation de deux personnages pourtant attachants. 

Une fois encore, l’épisode paraît être en mode automatique, content de livrer ce qui marche déjà sans chercher à surprendre. Heureusement, l’utilisation des décors et de l’ambiance locale sauve un peu ce « Turkey Shoot ». Sydney reste un terrain de jeu agréable, et cet épisode rappelle que la série peut compter sur son identité géographique pour se différencier. Les rues, les couleurs, les ambiances donnent un supplément d’âme à une intrigue qui, sans eux, serait probablement passée inaperçue. C’est ce qui fait que NCIS: Sydney arrive encore à trouver sa place dans mon calendrier : voir cette ville mise en scène dans un cadre policier reste suffisamment rare pour donner envie de revenir.

 

En revanche, sur le plan narratif, l’épisode donne la sensation d’une pause un peu trop confortable dans la saison. Pas vraiment mauvais, loin d’être insupportable, mais pas non plus ce qu’on pourrait attendre d’un huitième épisode censé donner un élan à la suite. On reste dans un schéma classique, une enquête bouclée sans grande surprise, des personnages qui n’évoluent pas et une impression générale de déjà-vu. Après plusieurs épisodes qui montraient une progression, même timide, « Turkey Shoot » ressemble à un petit coup de frein. Reste que la série a déjà prouvé qu’elle savait reprendre son souffle. 

Elle a des atouts solides, notamment son décor, son ton légèrement différent du reste de la franchise et une équipe capable d’être attachante quand on lui donne matière à travailler. Cet épisode rappelle surtout que NCIS: Sydney fonctionne mieux lorsqu’elle embrasse sa singularité plutôt que lorsqu’elle imite son aînée. Avec un peu plus d’audace, la série peut réaffirmer ce qui fait son charme et éviter de retomber dans un conformisme dont elle n’a pas besoin.

 

Note : 5.5/10. En bref, cet épisode rappelle surtout que NCIS: Sydney fonctionne mieux lorsqu’elle embrasse sa singularité plutôt que lorsqu’elle imite son aînée. 

Prochainement en France

 

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