Critiques Séries : Watson. Saison 2. Episode 9.

Critiques Séries : Watson. Saison 2. Episode 9.

Watson // Saison 2. Episode 9. Shannon Says Bex Loves Micah.

 

L’épisode 9 de la saison 2 de Watson, intitulé “Shannon Says Bex Loves Micah”, m’a donné l’impression d’un rendez-vous manqué. Après un épisode 8 qui dérapait dans une surenchère dramatique, j’espérais que cette nouvelle histoire prendrait le temps d’aborder un sujet délicat : la relation que certains adolescents développent avec les intelligences artificielles. Le début laissait entrevoir cette possibilité, presque comme une promesse de réflexion sur un phénomène qui traverse notre époque. Pourtant, au fil de l’heure, l’épisode dévie progressivement vers autre chose, au point de reléguer son sujet initial à l’arrière-plan. 

 

Le cas de Micah, un adolescent qui s’attache à une IA incarnant une version virtuelle d’une actrice connue, aurait mérité plus de finesse. Le scénario évoque son attachement à ce chatbot, mais sans jamais prendre le temps de comprendre ce qui alimente cette dépendance. Est-ce le reflet d’un isolement ? D’un malaise à l’école ? D’une relation compliquée avec sa mère ? L’épisode survole toutes ces pistes et les replace aussitôt derrière l’intrigue médicale du jour, centrée autour de Bex. Une bascule qui laisse le personnage de Micah en suspens, presque utilisé comme prétexte plutôt que comme protagoniste. Ce glissement entraîne un déséquilibre. 

Durant la première partie, l’épisode semblait vouloir ouvrir un débat sur la solitude numérique, la confusion entre lien réel et lien simulé, ou même la manière dont certaines applications exploitent ces fragilités. Au lieu de cela, la série revient rapidement à une mécanique plus classique : une urgence médicale qui finit par occuper tout l’espace. Micah disparaît presque de l’intrigue centrale, jusqu’à la dernière scène qui lui accorde une résolution brusque, comme si son problème pouvait se régler simplement en confisquant un téléphone pendant un mois. Cette simplification retire tout poids émotionnel au sujet initial. 

 

Ce sentiment de décalage rappelle ce qui m’avait dérangé dans l’épisode précédent : Watson semble parfois hésiter entre creuser ses thèmes sociaux et dérouler ses intrigues de procédure. Mais là où l’épisode 8 s’égarait dans une surenchère d’action, celui-ci se perd plutôt dans un manque d’approfondissement, comme si chaque idée était interrompue avant d’avoir le temps d’exister pleinement. Autour de cette intrigue principale, quelques scènes entre les membres de l'équipe rattrapent malgré tout l’ensemble. La dynamique entre Stephens et Ingrid fonctionne particulièrement bien. Leur relation, autrefois marquée par la méfiance et les maladresses, a évolué en quelque chose qui ressemble davantage à une fraternité chaotique. 

Une réplique, un regard, une provocation… ces petits moments donnent plus de relief à leurs personnages que l’intrigue médicale du jour. Ce sont eux qui rappellent que la série possède un cœur humain, même dans ses épisodes les moins maîtrisés. L’épisode n’oublie pas non plus Sasha, dont les doutes à propos d’Ingrid trouvent enfin un écho plus direct. Il existe un vrai questionnement sur sa capacité à rester stable après les événements précédents, notamment dans l’épisode 8 où son rapport destructeur à Beck ouvrait déjà une brèche. Ce fil rouge reste intéressant, même si l’épisode se contente ici de le frôler du bout des doigts. 

 

La série semble construire lentement un point de bascule pour Ingrid, sans toutefois y consacrer l’espace nécessaire. Quant à Stephens, il bénéficie à son tour d’un moment de vulnérabilité. Admettre la nécessité d’un soutien psychologique n’est jamais présenté comme une faiblesse, et cette scène, discrète mais sincère, s’inscrit dans la continuité de ce que la série avait commencé à aborder avec John dans l’épisode précédent. Ce sont des instants de vérité qui mériteraient d’être plus présents dans l’intrigue globale, car ils donnent un souffle plus authentique à ces personnages. En revanche, l’utilisation de l’IA dans cet épisode laisse un goût amer. 

Non pas parce que la série évoque le sujet — au contraire, il a toute sa place dans un drama contemporain — mais parce qu’il sert davantage d’alarme narrative que d’outil pour comprendre un personnage. La représentation de Micah manque de nuance et tend à réduire ses comportements à un simple effet d’influence numérique, au lieu de chercher ce qui le rend vulnérable à ces dérives. Cette absence d’ancrage rend son parcours moins crédible et affaiblit le message que l’épisode semble vouloir transmettre. Au final, “Shannon Says Bex Loves Micah” ressemble à un épisode qui souhaite traiter plusieurs idées importantes sans parvenir à les assembler. La saison 2 avait pourtant montré, par moments, une vraie volonté de combiner enjeux médicaux et introspection. 

 

Ici, le résultat manque de cohérence. L’épisode n’est pas dépourvu de bonnes scènes, loin de là, mais ces réussites isolées ne compensent pas la confusion générale. Ce neuvième épisode laisse donc un sentiment mitigé : des personnages toujours attachants, mais un récit qui se disperse. La série a déjà prouvé qu’elle pouvait viser plus juste. Reste à espérer qu’elle retrouvera cette précision dans les prochains épisodes.

 

Note : 3.5/10. En bref, ce neuvième épisode laisse donc un sentiment mitigé : des personnages toujours attachants, mais un récit qui se disperse.

Prochainement en France

 

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