Gabriel et ses petits démons (Saison 3, 8 épisodes) : une série qui trouve enfin un certain équilibre

Gabriel et ses petits démons (Saison 3, 8 épisodes) : une série qui trouve enfin un certain équilibre

Avec sa troisième saison, Gabriel et ses petits démons arrive à un moment charnière. Après un démarrage compliqué et une deuxième salve un peu plus maîtrisée, cette nouvelle saison de 8 épisodes donne l’impression d’une série qui commence enfin à comprendre ce qu’elle veut raconter. Rien de révolutionnaire, mais une progression perceptible, surtout pour celles et ceux qui ont suivi le parcours depuis le début. La série mexicaine de Netflix repose toujours sur le même point de départ : Gabriel, cowboy au tempérament calme, se retrouve engagé comme nounou auprès de Jimena, cadre débordée et mère de trois enfants au caractère bien trempé. 

 

Une situation propice aux quiproquos, aux tensions familiales et aux dialogues légers. La saison 3 reprend directement après les événements précédents, sans chercher à réinventer la formule. Cette saison 3 s’inscrit clairement dans la continuité. Jimena tente de maintenir son équilibre professionnel alors que sa vie personnelle reste instable. Gabriel, de son côté, oscille toujours entre son rôle de nounou, de soutien émotionnel et de partenaire potentiel. L’ensemble avance sans détour, parfois même un peu trop rapidement, mais avec une certaine cohérence globale. Les huit épisodes suivent un schéma assez classique : problèmes du quotidien, situations familiales un peu absurdes, tensions relationnelles et résolutions rapides. 

 

Certains arcs narratifs auraient gagné à s’étendre sur davantage d’épisodes, mais la durée limitée de la saison impose un rythme soutenu. Cela rend le visionnage fluide, même si certains enjeux sont réglés plus vite qu’ils ne devraient. Gabriel reste le cœur de la série. Son calme contraste avec l’agitation ambiante, et son rôle dépasse largement celui de simple nounou. Cette saison insiste encore davantage sur sa fonction de médiateur émotionnel, au point de le transformer en pilier pour presque tous les autres personnages. Ce choix fonctionne, même s’il accentue un déséquilibre déjà présent dans les saisons précédentes. Jimena, quant à elle, bénéficie d’un temps d’écran conséquent, mais son évolution donne parfois une impression de surplace. 

 

Les thématiques abordées autour de l’indépendance, du travail et de la difficulté à faire confiance sont pertinentes, mais leur traitement manque de continuité. Certaines prises de conscience semblent oubliées quelques épisodes plus tard, ce qui peut frustrer sur la durée. Les enfants restent un élément important de la série. Leur présence apporte de l’énergie et sert souvent de déclencheur narratif. Certains dialogues sonnent juste, notamment lorsqu’ils confrontent les adultes à leurs contradictions. En revanche, la série s’appuie parfois un peu trop sur leur rôle pour résoudre les conflits rapidement, comme si leur parole suffisait à tout apaiser. La saison 3 ne cherche jamais à sortir de sa zone de confort. 

 

L’humour repose principalement sur les situations du quotidien, les malentendus et les échanges verbaux. Certaines scènes fonctionnent bien grâce à un rythme maîtrisé et à des dialogues naturels. D’autres semblent plus mécaniques, comme si elles répondaient à un cahier des charges précis. Le choix de conserver un ton léger, même lors de moments plus sensibles, reste cohérent avec l’identité de la série. Cela dit, cette approche empêche parfois les émotions de s’installer durablement. Les conflits apparaissent, sont évoqués, puis rapidement désamorcés. L’ensemble reste agréable, mais laisse une impression de surface, surtout lorsque des thèmes plus profonds sont effleurés.

 

La saison 3 de Gabriel et ses petits démons ne transforme pas la série, mais elle l’affine. Les défauts déjà présents sont toujours là : intrigues parfois répétitives, arcs émotionnels peu approfondis, résolutions rapides. Cependant, l’ensemble paraît mieux équilibré qu’auparavant. Les intentions sont plus claires, le ton mieux tenu et les personnages légèrement plus cohérents dans leurs réactions. Cette saison donne surtout le sentiment d’une série qui commence à trouver son rythme, sans pour autant prendre de risques narratifs. Le potentiel existe, mais reste sous-exploité. Cela n’empêche pas l’expérience d’être plaisante, surtout pour un public en quête d’une comédie familiale simple et accessible.

 

Au terme des huit épisodes, le constat reste nuancé. La saison 3 de Gabriel et ses petits démons fait mieux que les précédentes sans réellement marquer un tournant. Elle se regarde sans difficulté, propose quelques moments sincères et conserve une atmosphère agréable. En revanche, celles et ceux qui espèrent une évolution marquée ou des enjeux plus denses risquent de rester sur leur faim. Cette troisième saison ressemble à une étape de transition. Pas une conclusion, pas une renaissance complète, mais un ajustement. Une base plus stable, sur laquelle une suite pourrait éventuellement s’appuyer, à condition d’oser aller un peu plus loin dans l’écriture et le développement des personnages.

 

Note : 5/10. En bref, la saison 3 de Gabriel et ses petits démons fait mieux que les précédentes sans réellement marquer un tournant. Elle se regarde sans difficulté, propose quelques moments sincères et conserve une atmosphère agréable. 

Disponible sur Netflix

 

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