4 Août 2026
Special Ops: Lioness // Saison 3. Episode 1. The Spider and the Fly.
Après une deuxième saison en demi-teinte, Lioness revient en force. Taylor Sheridan ne repense pas entièrement sa recette, et c'est tant mieux. On retrouve ce qui fait l'ADN du show : une mission internationale impressionnante, des enjeux politiques majeurs, et une Joe McNamara prise au piège de ses propres choix. Cette reprise fonctionne fort, notamment parce qu'elle pointe tout de suite là où ça fait mal. Le vrai point faible de Joe n'est pas sur le terrain, mais dans son salon, auprès de sa famille. L'épisode s'ouvre sur une scène étouffante. On pense immédiatement que Joe est tombée dans un piège mortel. Il faut attendre quelques minutes pour comprendre qu'il s'agit d'un bond dans le temps.
C'est simple, mais redoutablement efficace. Ce choix de mise en scène installe un suspense permanent et pose une question centrale : comment en est-on arrivé là ? Sheridan maîtrise parfaitement cet art du récit où le spectateur croit voir la fin alors que l'histoire ne fait que commencer. L'équipe Lioness se retrouve ensuite projetée sur le front ukrainien, et c'est sans doute le gros morceau de cet épisode. Oubliez les opérations habituelles des saisons précédentes. Ici, le conflit mêle tranchées à l'ancienne et technologies du futur. Les drones survolent la zone en permanence, devenant presque des menaces vivantes. Cette opposition entre l'aspect brut du terrain et la guerre high-tech crée une ambiance visuelle saisissante.
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Chaque déplacement devient une vraie question de survie, faisant de cette séquence l'une des plus réussies de la série. Côté action, Taylor Sheridan ne perd pas la main. L'infiltration en territoire ennemi est d'une intensité folle. Entre les explosions, les tirs et la progression de l'équipe, la pression ne redescend jamais. On retient des images marquantes : ce ciel saturé de drones et ces chiens militaires déployés au milieu du chaos. Le réalisateur ne cherche pas à glorifier le combat. La guerre est montrée de façon sale, imprévisible et violente. C'est brut, et c'est précisément pour ça que ça marche. Zoe Saldaña continue d'incarne avec brio le pilier de la série. Joe est fascinante parce qu'elle est loin du cliché du soldat parfait.
Elle est ultra-compétente, mais on sent continuellement ses failles. Alors qu'on la pensait enfin apaisée aux côtés de Neal et de ses filles, l'épisode rappelle à quel point cet équilibre est précaire. Joe s'obstine à croire qu'elle peut séparer son métier de sa vie personnelle. Mais cette fois, la frontière vole en éclats et le danger se rapproche dangereusement de chez elle. Voir Taylor Sheridan s'attribuer un rôle dans ses propres productions ne donne pas toujours le meilleur résultat. Pourtant, le personnage de Cody s'intègre bien mieux cette fois-ci. Sa dynamique avec Joe apporte un vrai plus. Les deux leaders partagent une confiance aveugle sur le terrain tout en affichant des méthodes différentes.
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Leurs échanges donnent du volume aux scènes de stratégie, et cette relation a tout pour devenir un moteur de cette saison 3. Fidèle à ses habitudes, Sheridan profite du show pour glisser quelques réflexions sur la politique internationale et la géopolitique actuelle. C'est là que le bas blesse parfois. Si l'intention d'élargir le propos est louable, les dialogues tombent parfois dans la démonstration. Les personnages prennent la parole pour expliquer le monde de façon un peu trop insistante au lieu de laisser l'action parler d'elle-même. C'est le défaut récurrent du scénariste : la série est brillante quand elle montre, mais manque de finesse quand elle cherche à tout verbaliser. Le moment le plus fort de l'épisode ne se déroule pas au milieu des tirs en Ukraine, mais dans la pénombre d'une maison américaine.
De retour chez elle, Joe voit débarquer deux hommes armés se prétendant policiers en pleine nuit. La tension grimpe d'un cran en quelques secondes. Joe réagit avec l'instinct d'une agente aguerrie, mais le constat est là : ce qu'elle redoutait depuis la première saison arrive enfin. Sa vie professionnelle vient d'infiltrer son espace intime. La menace n'est plus à l'autre bout du monde, elle est sur son paillasson. Dave Annable continue d'apporter beaucoup de justesse au personnage de Neal. Jusqu'ici, ce mari modèle acceptait les absences et le secret professionnel de sa femme. Mais voir des hommes armés devant sa propre porte change radicalement la donne.
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La série arrête enfin d'utiliser la famille comme un simple décor émotionnel pour la placer au cœur du danger. C'est probablement l'une des meilleures idées narrations de la série depuis longtemps. Ce premier épisode démarre bien mieux que la saison précédente. Le dosage entre action intense, tension dramatique et vie personnelle est bien mieux équilibré. L'Ukraine offre un cadre visuel fort et le danger qui guette la famille de Joe donne une vraie direction à la suite. Même si Sheridan cède encore à quelques travers d'écriture avec des dialogues parfois trop démonstratifs, ce retour est d'une efficacité redoutable. Lioness semble comprendre que son plus grand enjeu n'est pas seulement d'ordre géopolitique, il est profondément intime. Si cette saison 3 garde ce cap, elle pourrait bien être la meilleure à ce jour.
Note : 7/10. En bref, ce premier épisode démarre bien mieux que la saison précédente. Le dosage entre action intense, tension dramatique et vie personnelle est bien mieux équilibré. L'Ukraine offre un cadre visuel fort et le danger qui guette la famille de Joe donne une vraie direction à la suite. Même si Sheridan cède encore à quelques travers d'écriture avec des dialogues parfois trop démonstratifs, ce retour est d'une efficacité redoutable.
Disponible sur Paramount+
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