Critique Ciné : Fear Bellow : Plongée sous pression (2026, Paramount+)

Critique Ciné : Fear Bellow : Plongée sous pression (2026, Paramount+)

Fear Bellow : Plongée sous pression // De Matthew Holmes (II). Avec Hermione Corfield, Jake Ryan et Josh McConville.

 

Les films de requins ont cette capacité étrange à attirer, même quand l’expérience a souvent déçu par le passé. Fear Below : Plongée sous pression part d’un concept plutôt accrocheur : une équipe de plongeurs professionnels engagée pour récupérer des caisses coincées dans une voiture immergée, dans un décor fluvial inhabituel pour le genre, avec en bonus une menace animale et humaine. Sur le papier, l’idée fonctionne. À l’écran, le résultat est plus mitigé, oscillant sans cesse entre film criminel et film de requin sans jamais vraiment choisir son camp. 

 

Australie, 1940. Une équipe de plongeurs professionnels est embauchée pour retrouver une voiture immergée au fond d’une rivière, qui se trouve aussi être la maison d’un requin-bouledogue particulièrement dangereux. Quand les plongeurs découvrent que leurs employeurs sont des criminels sans pitié à la recherche de lingots d’or volés, leur situation se complique encore…

 

L’histoire suit l’équipe de la Sea Dog Diving Company, composée d’Ernie, le patron, et de ses deux employés, Clara et Jimmy. Leur mission paraît simple : plonger pour récupérer des caisses après un accident. Très vite, la situation se complique. Des individus peu recommandables gravitent autour de cette opération, et sous l’eau rôdent des prédateurs bien réels. Le film installe ainsi une double menace, humaine et animale, un choix intéressant sur le principe, mais qui finit par diluer la tension au lieu de la renforcer. Ce qui frappe d’abord, c’est le cadre. Placer un film de requin dans une rivière, et dans une époque passée, change des habituels décors tropicaux ou océaniques. 

 

L’idée des requins-taureaux évoluant en eaux intérieures est crédible et inquiétante. Visuellement, les paysages sont plutôt réussis, avec une atmosphère sombre, presque poisseuse, qui rappelle par moments un film de gangsters. Malheureusement, cette ambiance s’estompe rapidement dès que l’action se déplace majoritairement sous l’eau, là où le film aurait justement dû trouver sa vraie identité. Matthew Holmes, également co-scénariste, propose une histoire très classique, construite en trois actes bien identifiables. Le rythme est correct, sans longueurs excessives, et le film se regarde sans ennui immédiat. Le problème vient surtout de l’absence de surprise. Chaque rebondissement est visible de loin, chaque conflit suit une trajectoire attendue. 

 

Rien ne choque vraiment, rien ne marque durablement. Pour un film de requin, l’élément central reste évidemment l’animal. Et c’est là que Fear Below : Plongée sous pression déçoit le plus. Les scènes avec le requin sont peu nombreuses et souvent écourtées. La mise en scène joue beaucoup sur le montage rapide et la visibilité réduite, probablement pour masquer des effets spéciaux limités par le budget. Le requin apparaît rarement de manière claire, et sa taille semble parfois incohérente, ce qui casse toute sensation de menace réelle. Résultat : la peur ne s’installe jamais vraiment. Les séquences sous-marines auraient pu être le point fort du film. La faible visibilité, l’enfermement, le stress de la plongée sont autant d’éléments propices à la tension. 

 

Pourtant, ces scènes restent trop sages et trop peu exploitées. Une fois le requin identifié, le film bascule presque entièrement vers un récit criminel assez classique, où les antagonistes humains prennent le dessus. Ce n’est pas désagréable, mais cela donne l’impression de regarder un autre film que celui promis par le titre et l’affiche. Côté interprétation, le casting est composé d’acteurs peu connus, ce qui n’est pas un problème en soi. Les performances sont globalement correctes. Rien de franchement mauvais, rien de vraiment marquant non plus. Les personnages manquent de profondeur et semblent souvent définis par une seule caractéristique ou un vague traumatisme évoqué à la hâte. 

 

Les relations entre eux restent superficielles, ce qui empêche toute véritable implication émotionnelle. Lors des scènes de danger, les réactions paraissent parfois trop sages, presque détachées, ce qui affaiblit encore la tension. Le film semble hésiter sur le ton à adopter. Il ne va jamais assez loin pour être un divertissement assumé et un peu excessif, ni assez sobre pour devenir un thriller tendu. Cette indécision donne un ensemble un peu fade, qui se laisse regarder mais s’oublie très vite. Même les moments censés être choquants ou stressants manquent d’impact, comme si le film n’osait jamais appuyer là où ça fait mal.

 

Sur le plan technique, Fear Below : Plongée sous pression s’en sort honorablement. La photographie est soignée, les décors naturels bien utilisés, et les costumes crédibles pour l’époque. La musique accompagne correctement l’action sans jamais se faire remarquer. Là encore, tout est fonctionnel, mais rien ne dépasse vraiment. Le plus frustrant reste le sentiment de potentiel gâché. Le mélange entre film de gangsters, aventure sous-marine et film de requin pouvait donner quelque chose de plus singulier. À force de vouloir être un peu tout à la fois, le film finit par manquer de personnalité. Il donne parfois l’impression de ne pas assumer son statut de série B, tout en n’ayant pas les moyens ou l’écriture pour viser plus haut.

 

Fear Below : Plongée sous pression n’est pas un naufrage total. Le film reste regardable, surtout pour les amateurs de films de requins curieux de découvrir un décor différent. Le rythme est correct, la durée raisonnable, et certaines idées fonctionnent sur le moment. Mais l’ensemble manque de mordant, au sens propre comme au figuré. Au final, il s’agit d’un film qui passe sans provoquer de rejet, mais sans laisser de souvenir durable. Une expérience correcte pour une soirée sans trop d’attentes, mais certainement pas un titre marquant du genre.

 

Note : 4/10. En bref, dans l’immense catalogue des films de requins, Fear Below : Plongée sous pression fait partie de ces œuvres qui glissent entre les doigts : ni franchement mauvaises, ni vraiment mémorables, et qui disparaissent aussi vite qu’elles sont apparues.

Sorti le 29 janvier 2026 directement sur Paramount+

 

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