Critique Ciné : Tafiti (2026)

Critique Ciné : Tafiti (2026)

Tafiti // De Nina Wels. Avec la voix de Deborah Rouach, Cosima Henman et Bürger Lars Dietrich.

 

Aller voir un film d’animation avec un enfant, c’est souvent un pari sûr. Même quand le film n’est pas mémorable, il reste généralement assez rythmé, coloré ou amusant pour faire passer le temps. Tafiti, malheureusement, échoue même sur ce terrain-là. L’expérience laisse un goût amer, d’autant plus quand le public visé décroche avant la fin. Sur le papier, Tafiti a tout du film d’animation familial classique : un jeune héros curieux, une amitié improbable, un grand voyage à travers des paysages exotiques et une quête censée sauver un proche. Le suricate Tafiti vit dans une famille obsédée par la sécurité et la méfiance envers les étrangers. 

 

Lorsque Tafiti, un jeune suricate, rencontre Mèchefol, un potamochère aussi sympathique qu’exubérant, il sait qu’ils ne pourront jamais devenir amis. En effet, la vie dans le désert est pleine de dangers et Tafiti a toujours respecté la règle essentielle de survie chez les suricates : il ne faut jamais se lier aux étrangers. Mais lorsque son grand-père est mordu par un serpent venimeux, Tafiti n’a pas le choix. Il doit partir à la recherche d’une fleur légendaire qui guérit de tous les maux, mais qui pousse au-delà des vastes étendues brûlantes du désert. Une quête périlleuse que Tafiti décide d’affronter seul. Mais c’est sans compter sur Mèchefol, bien décidé à accompagner son nouveau meilleur ami dans cette aventure, qu’il le veuille ou non…

 

Lorsqu’un phacochère maladroit, Pinsel, entre dans sa vie, tout bascule. Une morsure de serpent met en danger le grand-père Opapa, et seule une fleur bleue légendaire, située au-delà du désert, pourrait le sauver. Le point de départ est simple, lisible, et parfaitement adapté à un jeune public. Le problème, c’est que le film ne fait jamais rien d’intéressant avec cette base. Très vite, le récit s’enlise dans une succession de scènes sans tension, sans surprise et sans véritable enjeu. Le plus frappant reste le manque total de dynamisme. Pour un film d’animation censé captiver des enfants, Tafiti est étonnamment lent et peu engageant. Les péripéties s’enchaînent, mais sans énergie. 

 

Chaque danger apparaît pour être résolu presque aussitôt, souvent par hasard ou grâce à une solution tombée du ciel. Même les scènes censées être spectaculaires — attaques de prédateurs, traversée du désert, poursuites — manquent de souffle. Résultat : l’ennui s’installe rapidement. Quand un enfant commence à s’agiter sur son siège ou à poser des questions sans rapport avec le film, le verdict est rarement bon. Tafiti est courageux, ouvert et sûr de lui dès les premières minutes. Il le reste jusqu’au générique. Pinsel est maladroit, bavard et un peu pénible au départ, et ne change quasiment pas non plus. Leur relation, pourtant au cœur du film, n’évolue pas réellement. 

 

La dispute attendue arrive, puis disparaît aussi vite, sans laisser de trace. Le film parle beaucoup d’amitié et d’ouverture aux autres, mais sans jamais les faire ressentir. Tout est expliqué, jamais vraiment montré. Les personnages secondaires, nombreux, apparaissent puis disparaissent aussitôt, sans impact émotionnel. Même la famille de Tafiti, censée représenter le poids des traditions et des préjugés, reste cantonnée à un rôle décoratif. L’humour de Tafiti vise clairement les très jeunes enfants… mais sans finesse. Blagues de pets à répétition, situations absurdes peu inventives, personnages secondaires caricaturaux : le film se repose sur des gags faciles qui lassent rapidement. 

 

Ce type d’humour peut fonctionner ponctuellement, mais ici il devient envahissant et finit par fatiguer. Le plus gênant, c’est que même le public enfant ne semble pas toujours réceptif. Là où d’autres films d’animation savent varier les registres ou glisser quelques clins d’œil pour les adultes, Tafiti reste bloqué sur un seul niveau, sans jamais en sortir. Visuellement, le film alterne le correct et le franchement fade. Certains décors, notamment les paysages de savane ou de désert, sont plutôt jolis en plan large. Les vues aériennes fonctionnent parfois, mais cela reste superficiel. L’animation manque de fluidité, les mouvements sont rigides, et l’univers semble souvent vide.

 

Le choix de l’animation 3D n’aide pas. Le charme et la chaleur des livres d’origine se perdent complètement dans ce rendu numérique impersonnel. Les textures sont inégales, les expressions limitées, et l’ensemble manque cruellement de vie. Même les scènes censées être émouvantes tombent à plat. Tafiti veut parler de tolérance, d’ouverture et du courage de sortir de sa zone de confort. L’intention est respectable. Mais le message est martelé sans subtilité, au point de devenir presque scolaire. Rien n’est laissé à l’interprétation. Chaque idée est expliquée, répétée, soulignée. Ce manque de confiance envers le spectateur, même jeune, dessert le film. Les enfants comprennent très bien les émotions et les enjeux quand ils sont bien racontés. 

 

Ici, le scénario préfère la facilité à la sincérité. Tout dans Tafiti donne le sentiment d’un film conçu pour exister, pas pour marquer. L’histoire avance par automatisme, les scènes s’enchaînent sans véritable vision, et l’ensemble semble formaté pour lancer une franchise plutôt que pour proposer une aventure mémorable. Le film ne prend aucun risque, ni narratif ni visuel. À force de vouloir rester sage, il devient fade. Et quand même les enfants n’adhèrent pas, le problème dépasse le simple manque d’ambition. Une sortie au cinéma qui laisse un regret tenace : celui d’avoir perdu du temps devant un film qui n’a ni l’énergie, ni l’émotion, ni l’imagination nécessaires pour justifier sa place sur grand écran.

 

Note : 3/10. En bref, Tafiti est un film d’animation décevant, aussi bien pour les adultes que pour les enfants. Ennuyant, prévisible et visuellement sans éclat, il échoue à divertir son public principal. Le message est là, mais mal raconté. Les personnages sont sympathiques sur le papier, mais creux à l’écran. 

Sorti le 21 janvier 2026 au cinéma

 

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