17 Janvier 2026
The Confession // De Will Canon. Avec Scott Mechlowicz, Vince Eisenson et Ron Fallica.
Avec The Confession, Will Canon tente un film d’horreur surnaturel qui regarde autant vers le passé que vers le présent. Derrière son intrigue de malédiction et de possession, le film cherche surtout à parler de transmission, de foi imposée et de blessures que les parents lèguent à leurs enfants sans toujours en avoir conscience. L’intention est claire, parfois même intéressante, mais le résultat final laisse une impression mitigée, comme si le film n’arrivait jamais à choisir entre l’émotion intime et le récit de genre plus classique. L’histoire commence de manière plutôt efficace. Naomi, musicienne marquée par la mort de son mari, revient dans sa ville natale du Texas avec son jeune fils, Dylan, après le décès de son père, ancien pasteur.
Une musicienne retourne dans la maison de son enfance et y découvre l’enregistrement de la confession de meurtre de son père défunt, réalisée pour repousser une force maléfique. Alors que le comportement de son fils devient de plus en plus troublant, elle lutte pour mettre fin à cette malédiction.
Ce retour n’a rien de chaleureux. Naomi a fui cet endroit et la religion stricte qui y régnait, et ce voyage ressemble plus à une obligation qu’à un choix. Très vite, elle découvre une cassette audio laissée par son père, dans laquelle il avoue un meurtre ancien, présenté comme un acte nécessaire pour se protéger d’un mal mystérieux. À partir de là, le passé cesse d’être enfoui et commence à contaminer le présent, surtout à travers le comportement de plus en plus inquiétant de Dylan. Le film pose alors sa question centrale : que doit-on à ses enfants quand les fautes et les peurs viennent d’avant eux ? The Confession parle de culpabilité héritée, de croyances toxiques transmises comme des vérités absolues, et de violence justifiée par la foi.
Ce sont des thèmes lourds, et le film les aborde avec un certain sérieux. Lorsque le récit reste concentré sur la relation entre Naomi et son fils, et sur ce poids invisible qui les relie au passé familial, il parvient à créer un malaise réel. Italia Ricci porte une grande partie du film sur ses épaules. Son interprétation de Naomi repose sur la retenue. Elle ne joue pas la panique ou l’hystérie, mais une fatigue profonde, une lassitude morale. Naomi est une femme qui a déjà trop perdu et qui n’a plus vraiment de certitudes. Ce choix de jeu fonctionne bien dans la première moitié du film, car il rend crédible son incrédulité face aux événements étranges. Zachary Golinger, dans le rôle de Dylan, s’en sort correctement dans un registre difficile.
Son personnage est dérangeant sans être caricatural, et certaines scènes fonctionnent simplement grâce à sa présence silencieuse à l’image. Visuellement, The Confession adopte une approche assez sobre. Les couleurs sont ternes, les cadres souvent fermés, donnant l’impression d’un espace qui étouffe. La maison familiale devient peu à peu un lieu hostile, chargé de souvenirs et de non-dits. Le travail sur le son est discret mais efficace, notamment autour de la cassette, dont la voix enregistrée agit comme un déclencheur psychologique. Ce sont de petits détails, mais ils participent à installer une ambiance lourde, presque poisseuse. Là où le film commence à perdre pied, c’est dans la gestion de sa mythologie.
Le mal à l’œuvre, ses origines, ses règles et ses intentions deviennent de plus en plus flous à mesure que l’histoire avance. Au départ, ce flou intrigue. Il laisse de la place à l’interprétation et renforce l’angoisse. Mais au fil des révélations, The Confession empile les éléments religieux, folkloriques et symboliques sans vraiment les relier entre eux. Le récit se complique, mais ne gagne pas en profondeur. Au contraire, il donne parfois l’impression de se disperser. Certains personnages secondaires accentuent ce sentiment. Grayson, ancien ami de Naomi devenu journaliste, apporte d’abord un contrepoint rationnel intéressant, tentant de concilier science et croyance. Mais son rôle s’efface progressivement, comme si le scénario ne savait plus quoi faire de lui.
Harling, autre figure religieuse en marge de l’Église, arrive plus tard dans le film avec des explications plus directes. Cette volonté de tout clarifier affaiblit paradoxalement le mystère. Là où le film aurait gagné à suggérer, il choisit parfois de trop expliquer. Le rythme, sans être catastrophique, souffre aussi de répétitions. Certaines scènes semblent rejouer les mêmes tensions sans vraiment faire avancer l’histoire. Le film est relativement court, mais il donne malgré tout une sensation d’étirement, non pas par sa durée, mais par son manque de progression claire. L’horreur se fait attendre, et quand elle arrive, elle reste souvent en retrait, plus psychologique que viscérale. Il y a pourtant de très bonnes idées.
Le concept de la faute transmise comme un enregistrement que l’on finit toujours par écouter est fort. L’idée qu’un acte violent puisse être justifié au nom du bien, puis légué comme un fardeau moral aux générations suivantes, est pertinente. Certains plans, certaines images marquent durablement. Le problème n’est pas l’absence de fond, mais l’incapacité à canaliser tout ce que le film veut dire. The Confession ressemble à un film qui réfléchit beaucoup, peut-être trop. Il veut parler de religion, de deuil, de parentalité, de mal absolu et de responsabilité collective. Tous ces thèmes se croisent, mais ne se rejoignent pas toujours. Le film hésite entre le drame intime et le film d’horreur plus codifié, sans jamais s’abandonner totalement à l’un ou à l’autre.
Note : 4/10. En bref, The Confession reste un film sympa qui ne brille pas. Il contient de vrais moments de tension et une intention respectable, portée par une actrice principale convaincante. Mais son univers manque de clarté, et son horreur reste souvent trop sage pour vraiment marquer.
Prochainement en France en SVOD
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