15 Janvier 2026
Will Trent // Saison 4. Episode 2. Love Takes Time.
L’épisode 2 de la saison 4 de Will Trent s’inscrit clairement dans la continuité directe du cliffhanger précédent, mais il fait bien plus que simplement rassurer sur le sort de son personnage principal. Derrière la fausse question de la mort de Will, la série choisit surtout d’explorer un terrain plus dérangeant : celui d’un homme qui, pour la première fois, envisage consciemment de franchir une ligne morale qu’il avait toujours défendue, parfois au détriment de ses propres relations. L’ouverture de l’épisode joue efficacement sur l’angoisse collective. La scène du véhicule calciné, l’analyse minutieuse de la scène de crime et le verdict initial du médecin légiste installent un malaise réel.
Même en sachant que Will Trent ne peut pas disparaître aussi brutalement, la série parvient à rendre crédible la panique de ceux qui l’entourent. Amanda, figée dans sa voiture, Faith concentrée mais visiblement ébranlée, et surtout Angie, incapable d’accepter cette version des faits, donnent une vraie épaisseur émotionnelle à ce moment. Ce qui fonctionne particulièrement bien ici, c’est que la résolution ne vient pas d’un coup de théâtre spectaculaire, mais de détails. Le téléphone à clapet, le médaillon absent, autant d’éléments qui rappellent que Angie connaît Will dans ses habitudes les plus intimes. Cette intuition, déjà mise en avant lors des saisons précédentes, devient ici déterminante.
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L’épisode bascule ensuite vers une tonalité beaucoup plus troublante avec la révélation de Will vivant, ensanglanté, mais étonnamment calme au volant de sa voiture. Ce contraste est saisissant. La violence du combat avec James Ulster, la rage qui transparaît sur son visage, puis ce moment suspendu où Will choisit de ne pas livrer immédiatement son ennemi aux autorités, marquent un tournant dans la série. Ce n’est pas un geste héroïque, ni une erreur de jugement isolée. C’est une décision lourde, réfléchie, presque glaciale. Pour un personnage défini depuis le début par son rapport obsessionnel à la loi, cette hésitation est profondément inquiétante. La conversation que Will entretient avec son assistant vocal, Eduardo, illustre parfaitement cet état de fracture intérieure.
Ce dialogue, à la frontière entre lucidité et dérive mentale, met en scène une conscience qui vacille. Will tente de justifier l’injustifiable, convaincu que laisser Ulster vivre revient à accepter d’autres morts. La série ose ici poser une question dérangeante : que reste-t-il de l’intégrité morale de Will Trent lorsqu’il estime que le système a échoué ? Cette interrogation donne à l’épisode une densité psychologique rare pour un procedural. Pourtant, cette tension retombe en partie avec l’introduction de Susan. Si l’idée d’une ancienne fiancée d’Ulster cherchant à reprendre le contrôle de la situation pouvait être intéressante, son traitement affaiblit l’arc narratif principal.
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Là où Ulster incarnait une menace sourde, méthodique et profondément ancrée dans le passé de Will, Susan apporte une énergie plus erratique, presque caricaturale par moments. Certaines scènes flirtent avec l’absurde, notamment lors de leur captivité commune, et diluent le malaise installé jusque-là. Le face-à-face entre Will et Ulster, qui aurait pu suffire à porter l’épisode, se retrouve parasité par cette dynamique étrange, parfois proche de la comédie noire. La mort de James Ulster cristallise ce sentiment d’inachevé. Après avoir été construit comme le démon personnel de Will sur plusieurs saisons, sa disparition paraît étonnamment rapide et presque indulgente. Le fait qu’il meure en sauvant Will brouille volontairement les repères, mais laisse une impression mitigée.
Ulster n’était pas un personnage en quête de rédemption, et cette fin donne l’impression que la série hésite à assumer pleinement la noirceur qu’elle avait pourtant installée. Ses derniers mots, en revanche, restent marquants. En suggérant que Will porte en lui la même part d’ombre, Ulster continue de le hanter bien au-delà de sa mort. En parallèle, l’épisode accorde une place importante aux relations secondaires, qui apportent un équilibre bienvenu. Angie, confrontée à sa grossesse et aux inquiétudes de Seth, illustre parfaitement le tiraillement entre une vie plus stable et un passé qui ne peut pas être effacé. Seth n’apparaît pas comme un antagoniste, mais comme un homme incapable de comprendre une loyauté forgée dans la survie.
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Cette incompréhension rend leur conflit crédible et profondément humain. Les scènes impliquant Ormewood et ses enfants offrent une respiration nécessaire. Elles rappellent que la série sait aussi parler de reconstruction et de quotidien, même au cœur du chaos. Faith, fidèle à elle-même, s’impose comme un point d’ancrage solide, capable de naviguer entre fermeté professionnelle et empathie sincère. Au final, l’épisode 2 de la saison 4 de Will Trent ne réussit pas tout ce qu’il entreprend, mais il pose des bases intéressantes pour la suite. Le choix de montrer un Will capable d’envisager le pire, puis de mentir à Caleb pour cacher cette vérité, ouvre un arc narratif prometteur.
Plus que la mort d’Ulster, c’est cette fracture intérieure qui semble destinée à marquer durablement le personnage. La série paraît désormais moins préoccupée par la résolution des enquêtes que par les conséquences psychologiques de ces décisions impossibles. Et c’est précisément là que Will Trent trouve une nouvelle forme de maturité, même dans ses hésitations.
Note : 6.5/10. En bref, l’épisode 2 de la saison 4 de Will Trent ne réussit pas tout ce qu’il entreprend, mais il pose des bases intéressantes pour la suite.
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