15 Janvier 2026
The Fix // De Kelsey Egan. Avec Grace Van Dien, Aidan Scott et Chris Fisher.
Avec The Fix, le cinéma de science-fiction tente une nouvelle incursion dans la dystopie environnementale. Le film part d’une idée simple et plutôt efficace : dans un futur proche, l’air est devenu toxique. Respirer sans protection est dangereux. Pour survivre, une grande partie de la population dépend soit de masques filtrants, soit d’un médicament contrôlé par une entreprise pharmaceutique toute-puissante. Sur le papier, le décor est posé pour raconter quelque chose de fort sur l’écologie, les inégalités et le pouvoir des industries médicales. Malheureusement, le film ne va jamais vraiment au bout de ce qu’il met en place.
Dans un futur proche où l’air respirable est contrôlé par la puissante corporation Aethera, Ella McPhee, un mannequin corporatif, pend une drogue expérimentale qui la transforme en lui donnant une force surhumaine, une agilité accrue et des capacités semblables à celles d’un insecte. Traquée par les forces d’Aethera, elle rejoint un mouvement de résistance clandestin pour découvrir les secrets de la corporation. Alors qu’elle apprend à maîtriser ses pouvoirs, Ella passe du statut de sujet de l’entreprise à celui de symbole d’espoir, combattant pour libérer l’humanité du monopole d’Aethera et rendre à tous un air pur et accessible.
L’histoire suit Ella, jeune mannequin devenue malgré elle l’image publicitaire d’un traitement censé protéger de l’air pollué. Elle vit dans un monde étouffant, au sens propre comme au figuré, marquée par une profonde lassitude et une colère diffuse. Lors d’une soirée, elle prend une drogue expérimentale, sans en mesurer les conséquences. Très vite, son corps commence à changer. Ce qui devait être un simple échappatoire devient une transformation incontrôlable, à la fois physique et psychologique. Le point de départ fonctionne plutôt bien. L’idée d’un air devenu mortel, réservé aux riches capables de se payer une protection, parle immédiatement. Ce contexte renvoie à des peurs très actuelles, entre crise écologique et gestion inégale des ressources vitales.
Le problème, c’est que The Fix n’exploite jamais vraiment cette base. Le monde présenté reste flou, presque vide. La sensation d’urgence est là au début, puis elle s’évapore rapidement, comme si le film ne savait plus quoi faire de son propre univers. Assez vite, l’intrigue se recentre presque exclusivement sur la transformation d’Ella. Et c’est là que le film commence à perdre de sa substance. Cette mutation, qui aurait pu être un vrai moteur narratif, devient une simple évolution physique, sans véritable réflexion autour de ce qu’elle implique. Le décor dystopique aurait pu être remplacé par n’importe quel autre contexte sans que cela ne change grand-chose au fond de l’histoire.
Le sentiment est celui d’un concept ambitieux réduit à un prétexte. Le scénario souffre clairement d’un manque de profondeur. Les idées s’enchaînent sans être vraiment développées. Certains éléments importants apparaissent puis disparaissent sans explication. Des personnages clés prennent des décisions lourdes de conséquences sans que le film ne prenne le temps de les justifier. Le scientifique à l’origine du produit expérimental, par exemple, agit de manière étonnamment négligente, ce qui affaiblit toute crédibilité. Le récit avance, mais sans logique solide, donnant l’impression d’un puzzle dont il manque plusieurs pièces. Le rythme pose également problème.
La première partie va trop vite, accumulant les informations sans laisser au spectateur le temps de s’installer. Puis, à l’inverse, la seconde moitié du film s’étire maladroitement, tout en donnant l’impression d’un montage précipité. Certaines scènes semblent coupées trop tôt, d’autres arrivent sans réelle transition. Cette gestion du temps rend l’ensemble confus et parfois fatigant à suivre. La réalisation n’aide pas à rattraper ces faiblesses. Le montage est souvent trop nerveux, avec des enchaînements chaotiques qui nuisent à la lisibilité. Le film confond agitation et tension. Les scènes d’action, pourtant rares, sont mal mises en valeur. La caméra bouge beaucoup, sans réelle intention, et empêche souvent de comprendre ce qui se passe à l’écran.
Côté interprétation, le constat est tout aussi mitigé. Difficile de s’attacher aux personnages, y compris à Ella, pourtant censée porter le film. Les émotions sont souvent surjouées, notamment dans les moments de colère ou de détresse. Les dialogues n’aident pas : ils manquent de naturel et tombent parfois dans le ridicule, ce qui empêche toute immersion. Les personnages secondaires sont à peine esquissés et se réduisent souvent à des fonctions narratives sans relief. Visuellement, The Fix n’est pas entièrement raté. Quelques plans de paysages dégagent une vraie atmosphère, et les effets spéciaux liés à la transformation restent corrects compte tenu du budget. Rien de marquant, mais rien de totalement bâclé non plus.
Le problème, c’est que ces rares qualités ne suffisent pas à compenser l’ensemble. Le message du film, lui aussi, reste flou. The Fix semble vouloir critiquer la mainmise des grandes entreprises pharmaceutiques tout en proposant une alternative censée libérer l’humanité. Pourtant, cette alternative est à peine questionnée, alors qu’elle entraîne des conséquences extrêmes. Le film finit par embrasser une idée de mutation présentée comme une solution, sans jamais en mesurer réellement le coût ni les implications. Ce manque de recul donne une impression d’immaturité dans le propos. La conclusion achève de laisser un goût amer. L’histoire se termine sans véritable résolution, comme si le film s’arrêtait là où il aurait dû commencer à conclure. Le twist final, censé marquer les esprits, tombe à plat et frôle le risible.
Note : 3.5/10. En bref, The Fix n’est pas entièrement dénué d’intérêt. Son idée de départ et son contexte écologique ont du potentiel. Mais entre un scénario mal construit, une réalisation maladroite et des personnages peu attachants, le film échoue à transformer l’essai. Ce qui aurait pu être une dystopie marquante se contente d’être un teen movie confus, vite oublié, laissant derrière lui une sensation de frustration plus que de réflexion.
Sorti le 15 janvier 2026 directement sur Paramount+
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