Master Crimes (Saison 3, 6 épisodes) : une saison qui peine à retrouver son équilibre

Master Crimes (Saison 3, 6 épisodes) : une saison qui peine à retrouver son équilibre

Arriver à une troisième saison représente souvent un moment charnière pour une série policière. Les bases sont posées, les personnages installés, et les attentes du public déjà bien définies. Master Crimes n’échappe pas à cette règle. Après deux premières saisons aux intentions parfois contrastées mais identifiables, cette saison 3 s’étend sur six épisodes qui cherchent à redéfinir la trajectoire de la série, sans toujours parvenir à le faire de manière convaincante. Dès les premiers épisodes, une impression de flottement s’installe. La série semble hésiter entre plusieurs directions : renforcer l’aspect personnel de son héroïne, multiplier les intrigues criminelles marquantes, ou poursuivre le travail collectif autour des étudiants.

 

Cette indécision traverse l’ensemble de la saison. Les deux premiers épisodes donnent le ton. Les enquêtes s’appuient sur des idées visuellement fortes : une voyante assassinée dans une mise en scène spectaculaire, une fête de divorce qui tourne au drame. Pourtant, derrière ces concepts, l’écriture peine à installer une vraie tension. Les intrigues avancent sans surprise réelle, comme si les révélations arrivaient trop vite ou sans véritable enjeu émotionnel. L’épisode centré sur la voyance cristallise assez bien ce malaise. Introduire ce type de thématique dans un polar peut fonctionner, mais encore faut-il l’assumer pleinement. Ici, l’ésotérisme reste en surface, donnant parfois une impression de décalage involontaire. 

 

Certaines scènes flirtent avec un ton presque caricatural, ce qui fragilise l’ensemble. Le second épisode se montre plus agréable à suivre. L’ambiance y est mieux définie, l’enquête plus fluide, et le récit assume davantage un côté ludique. Malgré cela, les problèmes structurels persistent. L’un des éléments les plus frustrants de cette saison 3 reste la place accordée aux étudiants. Lors des saisons précédentes, ils constituaient un véritable moteur narratif. Leur regard, leurs erreurs, leurs intuitions apportaient une dynamique différente à la série, loin du schéma policier classique. Dans cette nouvelle salve d’épisodes, ces personnages deviennent trop souvent accessoires. 

 

Même lorsque de nouveaux profils intègrent le groupe, leur potentiel reste sous-exploité. Les arcs personnels sont esquissés, mais rarement approfondis. Cette mise à distance affaiblit l’identité de Master Crimes, qui perd ce qui la distinguait réellement des autres fictions policières françaises. À l’inverse, Louise Arbus occupe une place centrale, parfois écrasante. La saison 3 choisit clairement de renforcer l’aspect intime de son parcours, notamment à travers l’intrigue impliquant son fils. Sur le principe, ce virage personnel a du sens. Il permet de confronter la professeure à ses propres contradictions et de brouiller la frontière entre analyse criminelle et affect. Dans les faits, cet arc narratif manque de finesse sur la durée.

 

Certaines situations semblent forcées, d’autres manquent d’impact émotionnel. L’idée de mettre Louise face à ses limites est intéressante, mais l’écriture peine à transformer cette intention en véritable tension dramatique. Sur le plan strictement policier, la saison 3 propose des enquêtes très variables en qualité. L’épisode autour des nonnes, par exemple, fonctionne mieux que l’ouverture de saison, sans pour autant marquer durablement. Le cadre est original, mais l’intrigue reste assez convenue. L’épisode 4, construit sur une mécanique de temps limité façon compte à rebours, se distingue davantage. Son rythme tranche avec le reste de la saison et apporte une énergie différente. 

 

Cet épisode montre que la série est capable de sortir de sa routine lorsqu’elle ose modifier sa structure narrative. Les deux derniers épisodes reviennent à un format plus classique. Certaines idées, comme le crime mis en scène autour de la gastronomie ou celui lié à la rédemption et à la vengeance, offrent des pistes intéressantes. Toutefois, là encore, le traitement reste souvent en surface. Les révélations manquent de poids, et les scènes au commissariat continuent d’être répétitives et peu inspirées. Ce qui ressort de cette saison 3, c’est surtout une difficulté à assumer une direction claire. Master Crimes oscille en permanence entre polar léger, drame personnel et série chorale. 

 

Cette hybridation faisait sa richesse à ses débuts, mais elle devient ici un frein, faute d’équilibre. La série semble vouloir s’assombrir sans aller complètement au bout de cette transformation. Elle conserve des touches d’humour, parfois efficaces, parfois maladroites. Certaines répliques fonctionnent comme des clins d’œil, mais elles restent insuffisantes pour donner une cohérence d’ensemble. Malgré ces réserves, tout n’est pas à jeter dans cette saison 3. Le concept de base reste pertinent : utiliser la psychologie et la psychocriminologie comme prisme principal pour aborder les enquêtes. Cet angle continue d’apporter une lecture différente des crimes, même lorsque l’écriture ne suit pas toujours.

 

La série conserve aussi une galerie de personnages qui pourraient retrouver de l’épaisseur si la narration leur laissait davantage de place. Les étudiants, en particulier, gagneraient à redevenir des acteurs centraux plutôt que de simples silhouettes gravitant autour de Louise Arbus. Sur l’ensemble de ses six épisodes, la saison 3 de Master Crimes laisse une impression mitigée. Elle contient quelques idées intéressantes, quelques épisodes plus inspirés, mais peine à retrouver l’élan et la singularité qui faisaient le charme des débuts. Le choix de recentrer la série sur Louise Arbus et son histoire personnelle se comprend, mais il s’effectue au détriment de la dynamique collective. 

 

Les enquêtes, souvent correctes sans être marquantes, n’arrivent pas à compenser ce déséquilibre. Cette saison donne surtout le sentiment d’une série en transition, encore indécise sur ce qu’elle souhaite devenir. Rien n’est totalement raté, mais peu d’éléments marquent durablement. 

 

Note : 4.5/10. En bref, à l’issue de ces six épisodes, une question demeure : Master Crimes saura-t-elle, à l’avenir, renouer avec ce qui faisait sa particularité, ou continuera-t-elle à s’en éloigner progressivement ?

Disponible sur TF1+

TF1 a déjà renouvelé Master Crimes pour une saison 4 dont le tournage débutera en avril 2026. L’information a été confirmée par Muriel Robin à Télé-Star. 

 

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G
coucou toi<br /> ah tres bonne nouvelle la serie est diffuser ici au quebec<br /> on a vue la saison 2 donc j'espere de voir la serie 3<br /> j'aime bien ce petit groupe ;O))))
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