Critiques Séries : Chicago Med (Saison 11, épisode 9), Chicago Fire (Saison 14, épisode 9), Chicago PD (Saison 13, épisode 9)

Critiques Séries : Chicago Med (Saison 11, épisode 9), Chicago Fire (Saison 14, épisode 9), Chicago PD (Saison 13, épisode 9)

Chicago Med // Saison 11. Episode 9. Blindsided.

 

Avec l’épisode 9 de la saison 11, Chicago Med continue sur une dynamique plus stable que celle observée en début de saison. Après des épisodes parfois inégaux, celui-ci propose un mélange plutôt équilibré entre drame personnel et intrigues médicales. Pourtant, malgré plusieurs scènes réussies, un sentiment persiste : difficile de s’investir pleinement quand certaines décisions scénaristiques semblent déjà écrites d’avance. L’intrigue principale repose sur Hannah Asher, et c’est clairement là que l’épisode trouve sa force. L’arrivée inattendue de son père permet d’explorer une facette encore peu développée de son passé familial. 

 

Les tensions sont immédiates, parfois presque légères au départ, avant de glisser vers quelque chose de plus inconfortable et révélateur. Ce qui fonctionne ici, c’est la manière dont Hannah affirme ses choix. Elle n’est plus la femme instable ou en quête de validation que la série a longtemps montrée. Face à un père intrusif et plein de certitudes, elle pose des limites claires, notamment sur sa façon d’envisager la parentalité avec Dean Archer. Et sur ce point, elle a raison : ses décisions ne concernent qu’elle. Cependant, l’épisode aurait gagné à creuser davantage les motivations du père. Son attitude autoritaire semble venir de quelque chose de plus profond — probablement les années marquées par l’addiction de Hannah — mais la série se contente d’effleurer le sujet. 

Résultat : il apparaît parfois comme un simple cliché du parent contrôlant, là où il y avait matière à un vrai conflit émotionnel. Dean Archer, de son côté, s’inscrit dans un rôle plus nuancé. Il n’essaie pas de s’imposer comme figure paternelle ou partenaire romantique, mais comme un soutien solide. Sa confrontation avec le père d’Hannah est sans doute l’un des moments les plus justes de l’épisode. Il ne cherche pas l’approbation, il défend simplement Hannah, sans détour. Cela relance évidemment la question de leurs sentiments respectifs. La série insiste sur cette ambiguïté, parfois un peu trop. Hannah et Dean ont pourtant clairement établi un cadre de coparentalité sans relation amoureuse. 

 

Revenir sans cesse sur les émotions de Dean donne l’impression que Chicago Med prépare un virage attendu, mais pas forcément nécessaire. C’est sans doute là que l’épisode perd une partie de son impact. Difficile de s’investir émotionnellement dans la grossesse d’Hannah quand la série a, par le passé, rarement laissé ce type d’intrigue aboutir sereinement. Même lorsque l’épisode ouvre sur un accouchement sans complication, l’ombre d’un drame futur plane en permanence. Ce manque de confiance n’est pas lié aux personnages, mais à l’historique de la série. Les déclarations contradictoires autour de l’avenir de cette grossesse n’aident pas non plus à créer une vraie tension dramatique. 

Au lieu de se concentrer sur le présent émotionnel d’Hannah, le spectateur reste en attente d’un choc à venir. La disparition de Bert Goodwin est traitée avec une grande retenue. Peut-être trop, sur le moment. Après une intrigue étalée sur plusieurs épisodes, son décès arrive presque discrètement, sans la charge émotionnelle immédiate que l’on pouvait attendre. En revanche, les scènes qui suivent fonctionnent très bien. Le deuil de Sharon est montré avec justesse, notamment cette difficulté à savoir qui l’on pleure réellement : l’homme qu’il était ou celui qu’il était devenu. 

 

Cette approche réaliste, presque silencieuse, donne finalement plus de poids à la perte que n’importe quelle scène grandiloquente. La relation entre Sharon et le Dr Charles apporte également une belle humanité à l’épisode, même si l’inquiétude autour de l’état de Charles commence à devenir pesante. Son absence temporaire intrigue, et l’on espère que la série ne s’engagera pas dans une sortie définitive du personnage. Côté médical, l’épisode s’en sort honorablement. Certaines histoires sont intéressantes, même si elles manquent parfois d’originalité. En revanche, l’intrigue autour de Frost et de son ancien collègue acteur tombe à plat. Le personnage manque de nuances, rendant l’ensemble peu engageant.

Au final, cet épisode 9 de Chicago Med repose sur des bases solides, notamment grâce à Hannah et Sharon. Pourtant, l’ombre de choix scénaristiques trop prévisibles empêche l’épisode de vraiment marquer les esprits. Il s’agit d’un bon épisode, humain et bien joué, mais qui gagnerait à faire davantage confiance à ses personnages plutôt qu’au drame annoncé. Reste à voir si la série saura transformer ces tensions en véritables évolutions, plutôt qu’en simples leviers émotionnels.

 

Note : 5/10. En bref, Chicago Med continue sur une dynamique plus stable que celle observée en début de saison. Après des épisodes parfois inégaux, celui-ci propose un mélange plutôt équilibré entre drame personnel et intrigues médicales. Pourtant, malgré plusieurs scènes réussies, un sentiment persiste : difficile de s’investir pleinement quand certaines décisions scénaristiques semblent déjà écrites d’avance.

Critiques Séries : Chicago Med (Saison 11, épisode 9), Chicago Fire (Saison 14, épisode 9), Chicago PD (Saison 13, épisode 9)

Chicago Fire // Saison 14. Episode 9. Crime of Passion.

 

Arrivé à l’épisode 9 de la saison 14, Chicago Fire donne le sentiment d’une série qui avance par automatisme. On lance l’épisode avec une certaine bonne volonté, en se disant que les choses vont peut-être enfin s’aligner. Mais très vite, une évidence s’impose : quand tout repose sur des détails bancals et des intrigues déjà vues, il devient impossible de faire semblant. Cet épisode ne fait pas exception. Il illustre au contraire les problèmes structurels de la série, déjà visibles dans les épisodes précédents : une écriture répétitive, des conflits artificiels et une absence criante de vision d’ensemble. Ce qui frappe le plus, ce n’est pas ce qui se passe à l’écran, mais ce qui n’y est plus. 

 

Chicago Fire a longtemps reposé sur une alchimie collective forte : des repas partagés, des échanges simples, une complicité naturelle entre les membres de la caserne 51. Aujourd’hui, tout cela a quasiment disparu. Les personnages se croisent plus qu’ils ne vivent ensemble. Les scènes de groupe sont rares, souvent utilitaires, et ne servent plus à construire une dynamique humaine. La caserne n’est plus un lieu de vie, mais un décor où s’enchaînent des intrigues techniques sans âme. Sans grande surprise, Kelly Severide est une nouvelle fois aspiré par l’enquête autour de Van Meter. Son implication totale est cohérente avec ce que l’on connaît du personnage, mais la série ne fait aucun effort pour renouveler ce schéma.

Heureusement, la présence de Cruz à ses côtés apporte un léger souffle, notamment parce qu’elle repose sur une relation déjà établie et crédible. Le problème, c’est que Severide est une fois de plus présenté comme le seul capable de faire avancer l’enquête, laissant planer un doute gênant sur les compétences de tous les autres. Ce déséquilibre nuit à la crédibilité de l’univers et fatigue à la longue. Sur le plan personnel, l’épisode poursuit l’arc autour d’Isaiah, mais sans réelle finesse. La décision de sa mère de le rapprocher d’elle pendant sa convalescence est logique et saine. Pourtant, la série choisit d’en faire un point de tension, notamment du côté de Stella. Ce qui pose problème, ce n’est pas le désaccord, mais l’absence de véritable conversation. 

 

Depuis plusieurs épisodes, la série évite soigneusement d’aborder frontalement le sujet de la fausse couche et de ce que Stella et Kelly veulent réellement pour leur avenir. Isaiah a servi de parenthèse émotionnelle, presque de distraction. Maintenant qu’il s’éloigne, le vide réapparaît, et la série continue de repousser l’inévitable. Même leur désaccord ressemble davantage à une esquisse de conflit qu’à une vraie scène de couple construite. L’intrigue autour de Mouch et de la fermeture potentielle d’Engine 51 continue, mais sans surprise ni tension réelle. Les enjeux sont importants sur le papier, pourtant la mécanique est trop visible. On sait que Mouch ne disparaîtra pas durablement, ce qui retire tout poids dramatique à la situation.

La série insiste sur la bureaucratie, les décisions absurdes et le manque de moyens, mais sans jamais proposer un regard neuf. À force, cette thématique devient un bruit de fond plutôt qu’un moteur narratif. Autre point de lassitude : la manière dont la série insiste lourdement sur un potentiel triangle amoureux entre Violet, Novak et Vasquez. Tout est suggéré, rien n’est assumé, et surtout, cela n’apporte rien aux personnages. Violet mériterait d’exister en dehors de toute intrigue sentimentale, Novak manque encore de développement, et Vasquez se retrouve coincé dans un rôle qui ne le sert pas. Pire encore, cette dynamique menace l’une des rares amitiés féminines solides de la série, ce qui est difficile à justifier.

 

Cet épisode n’est pas catastrophique, mais il est révélateur. Chicago Fire semble avoir perdu ce qui faisait sa singularité : la chaleur humaine, la cohésion et la sincérité émotionnelle. Il reste des personnages attachants et des acteurs investis, mais l’écriture ne leur donne plus de matière à défendre. À ce stade, on ne regarde plus par excitation, mais par habitude. Et c’est sans doute le signal le plus inquiétant pour une série qui, autrefois, savait créer l’attente.

 

Note : 4/10. En bref, cet épisode n’est pas catastrophique, mais il est révélateur. Chicago Fire semble avoir perdu ce qui faisait sa singularité : la chaleur humaine, la cohésion et la sincérité émotionnelle.

Critiques Séries : Chicago Med (Saison 11, épisode 9), Chicago Fire (Saison 14, épisode 9), Chicago PD (Saison 13, épisode 9)

Chicago PD // Saison 13. Episode 9. Heroes.

 

Avec l’épisode 9 de la saison 13, Chicago PD propose un épisode à part, plus silencieux que spectaculaire, mais profondément marquant. Intitulé « Heroes », cet épisode recentre enfin son regard sur Trudy Platt, un personnage souvent relégué à l’arrière-plan malgré son importance dans l’équilibre de la série. Après plusieurs épisodes très orientés action et conflits internes, notamment autour de Voight ou d’Atwater, ce changement de focale fait du bien et apporte une respiration différente à la saison. L’intrigue démarre avec la mort de McKay, un policier que Trudy a formé et qu’elle considérait comme un ami. Très vite, elle refuse la conclusion évidente avancée par ses collègues : celle d’un suicide. 

 

Cette réaction pourrait facilement être interprétée comme un déni, mais l’épisode prend soin de ne pas la caricaturer. Au contraire, il installe une zone grise inconfortable, où le doute est légitime et où aucune réaction n’apparaît comme totalement juste ou totalement déplacée. Ce qui fonctionne particulièrement bien ici, c’est la manière dont la série montre la banalisation de la mort au sein des forces de l’ordre. Les discussions détachées, presque mécaniques, autour du décès de McKay mettent mal à l’aise. On comprend que ce détachement n’est pas de la cruauté, mais une forme de protection. À force d’y être confrontés, les personnages ont appris à compartimenter. 

Trudy, elle, n’y parvient pas, et c’est précisément ce qui rend son point de vue si précieux. L’épisode s’attarde aussi sur les signes que personne n’a vraiment voulu voir. Les témoignages de l’entourage de McKay dessinent le portrait d’un homme à double visage, capable d’humour et de légèreté, mais aussi enfermé dans des habitudes destructrices. L’alcool, la fatigue, l’isolement ne sont jamais présentés comme des indices évidents, mais comme des éléments que l’on préfère souvent ignorer tant qu’ils ne dérangent pas trop. Trudy n’a pas vu ces signaux, non par indifférence, mais parce qu’elle n’était plus au cœur de son quotidien. Face à elle, Kim Burgess joue un rôle essentiel. 

 

Leur dynamique est l’un des grands points forts de l’épisode. Burgess incarne une approche plus méthodique, plus distante émotionnellement, sans jamais devenir froide ou condescendante. Elle doute, elle enquête, elle cherche des preuves, même lorsque celles-ci risquent de faire mal. Le fait qu’elle ait été formée par Trudy ajoute une couche supplémentaire à leur relation : c’est presque un passage de relais inversé, où l’élève doit guider la mentor vers une vérité difficile à accepter. Cette tension entre elles est traitée avec beaucoup de respect. Elles ne s’opposent jamais frontalement, et l’épisode insiste sur la confiance qui les unit malgré leurs désaccords. 

Cela rappelle que Chicago PD fonctionne souvent le mieux lorsqu’il explore les liens humains plutôt que de multiplier les rebondissements artificiels. Kevin Atwater, plus discret, apporte un soutien constant et mesuré. Sa présence souligne une chose importante : il comprend quand il faut parler et quand il faut simplement être là. Après les épisodes précédents, où son propre parcours était en question, le voir dans ce rôle d’appui silencieux donne de la cohérence à son évolution récente. La révélation finale, confirmant le suicide de McKay, ne cherche pas à choquer. Elle arrive presque doucement, portée par une scène d’une grande sobriété entre Burgess et Trudy. Ce moment fonctionne parce qu’il ne propose aucune explication définitive. 

 

Les questions restent ouvertes, comme elles le sont souvent dans la réalité. Pourquoi maintenant ? Pourquoi impliquer Trudy ? Pourquoi monter une dernière opération ? L’épisode accepte de ne pas répondre, et ce choix le rend plus honnête. Malgré ses qualités, « Heroes » n’échappe pas à certains travers habituels de la série, notamment dans le traitement des gangs et des communautés déjà trop souvent stéréotypées. Ces choix scénaristiques continuent de poser problème et mériteraient d’être interrogés plus frontalement. Cela n’annule pas la force émotionnelle de l’épisode, mais cela empêche aussi de l’ignorer totalement.

Au final, l’épisode 9 de la saison 13 rappelle pourquoi Trudy Platt est un pilier de Chicago PD. Elle n’a pas besoin d’être au centre de l’intrigue chaque semaine, mais lorsqu’on lui donne de la matière, le résultat est souvent juste et touchant. « Heroes » est un épisode lourd, parfois difficile, mais nécessaire, qui montre que la série peut encore prendre le temps de regarder ses personnages autrement, sans bruit ni artifices.

 

Note : 6/10. En bref, l’épisode 9 de la saison 13 rappelle pourquoi Trudy Platt est un pilier de Chicago PD. Elle n’a pas besoin d’être au centre de l’intrigue chaque semaine, mais lorsqu’on lui donne de la matière, le résultat est souvent juste et touchant. 

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