Critique Ciné : Last Ride (2026, direct to SVOD)

Critique Ciné : Last Ride (2026, direct to SVOD)

Last Ride // De Cinqué Lee. Avec Roman Griffin Davis, Felix Jamieson et Charlie Price.

 

Avec Last Ride, Cinqué Lee propose un thriller de survie en huis clos qui repose avant tout sur une idée simple : trois adolescents coincés dans une cabine de téléphérique suspendue au-dessus des montagnes norvégiennes. Le film se déroule en 1982 et joue sur une peur très primaire, celle du vide, du froid et de l’attente. Sans chercher à révolutionner le genre, il s’inscrit dans la lignée des thrillers en espace unique où tout repose sur la tension et les performances. Cinqué Lee, frère de Spike Lee, revient derrière la caméra après plusieurs années d’absence. Cela donne un film appliqué, parfois un peu hésitant, mais sincère dans son intention. 

 

En hiver 1982, trois garçons américains se retrouvent coincés dans une télécabine avec un cadavre, suspendus dans le vide au cœur des montagnes de Norvège, pendant un rare phénomène céleste.

 

Last Ride ne cherche pas l’esbroufe. Il mise sur l’atmosphère, le dialogue et l’évolution progressive de ses personnages. L’ouverture installe un cadre plus large que prévu. Un homme adulte, marqué par des années difficiles, apparaît aux côtés de son fils adolescent. Ce personnage, interprété par Gustaf Skarsgård, semble hanté par un événement ancien. Le récit principal nous ramène ensuite au 10 mars 1982. Trois garçons américains – Devin, Syd et Jamie – convainquent un opérateur norvégien de les emmener au sommet d’une montagne en téléphérique. Une panne de courant stoppe l’ascension. La cabine reste bloquée dans le vide. Le dispositif est clair : un lieu unique, une durée limitée, une situation de crise. 

 

Le film exploite bien cet espace restreint. Les mouvements de caméra varient suffisamment pour éviter la monotonie. Les vitres embuées, le vent qui secoue la structure, les bruits métalliques créent une tension constante. Le paysage enneigé, visible au loin, renforce le contraste entre la beauté des montagnes et la vulnérabilité des garçons. Le cœur du film repose sur le trio principal. Roman Griffin Davis, Felix Jamieson et Charlie Price livrent des performances solides. Leur dynamique fonctionne. Les échanges sonnent naturels, entre plaisanteries maladroites et moments de peur réelle. Le scénario prend le temps de montrer comment ces adolescents réagissent face à une situation qu’ils ne comprennent pas totalement. 

 

Ils imaginent des catastrophes en bas de la montagne, évoquent des scénarios improbables, tentent de garder le contrôle à leur manière. Cette approche donne au film un ton assez humain. Il ne s’agit pas d’un thriller basé uniquement sur des rebondissements spectaculaires. La tension vient surtout de l’attente et des conditions extrêmes : le froid qui s’installe, la faim, la fatigue. Quelques événements ponctuent le récit – un corps présent dans la cabine, une tentative de secours qui échoue, des oiseaux qui percutent la structure – et relancent régulièrement l’intrigue sans tomber dans l’excès. La photographie met en valeur les paysages norvégiens, notamment lors d’une séquence où les aurores boréales illuminent le ciel. 

 

Ce moment apporte une respiration visuelle bienvenue. Le contraste entre la beauté du phénomène et la détresse des personnages fonctionne bien, sans être appuyé. Le film choisit aussi d’encadrer le récit par des scènes situées dans le présent. Le personnage adulte, interprété par Skarsgård, semble porter les séquelles de l’événement. Ces passages suggèrent des thèmes comme le traumatisme ou la culpabilité du survivant. L’intention est intéressante. Elle donne une perspective plus large au huis clos. Cependant, ces scènes restent assez brèves et ne développent pas totalement les idées qu’elles introduisent. Elles apportent un éclairage supplémentaire mais peuvent aussi réduire une part de suspense.

 

Last Ride trouve un équilibre correct entre tension et introspection, même si tout n’est pas parfaitement ajusté. Certains dialogues auraient gagné à être un peu resserrés. Quelques échanges semblent étirer le temps plus que nécessaire. Cela dit, la durée raisonnable du film évite toute lassitude. Ce qui fonctionne le mieux reste la relation entre les trois garçons. Le film prend le temps de montrer leurs différences, leurs peurs et leurs petites rivalités. Il ne cherche pas à les transformer en héros. Ils restent des adolescents, parfois immatures, souvent vulnérables. Cette simplicité joue en faveur du réalisme.

 

Last Ride ne cherche pas à impressionner par des effets spectaculaires ou des retournements inattendus. Il propose une expérience tendue mais mesurée, portée par des performances convaincantes et une mise en scène attentive à son espace limité. Les séquences encadrantes ajoutent une dimension supplémentaire, même si elles auraient pu être davantage approfondies.

 

Note : 5/10. En bref, Last Ride est un thriller de survie efficace, qui tient surtout grâce à son trio d’acteurs et à son atmosphère. Il ne marque pas durablement le genre, mais il offre un huis clos solide et cohérent, capable de maintenir l’attention jusqu’au bout.

Prochainement en France en SVOD

 

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