Critique Ciné : My Sister’s Bones (2026, direct to SVOD)

Critique Ciné : My Sister’s Bones (2026, direct to SVOD)

My Sister’s Bones // De Heidi Greensmith. Avec Ben Miles, Jenny Seagrove, Olga Kurylenko, David Bradley et Anna Friel.

 

My Sister’s Bones arrive avec l’air très sérieux, très concentré, presque solennel. Il multiple les thématiques dépressives : le deuil, la mémoire, les traumatismes familiaux, la guerre, tout ça. Sauf qu’à un moment, faut aussi penser au spectateur. Et là-dessus… disons que le film oublie un peu de prévenir. L’histoire, sur le papier, avait pourtant de quoi accrocher. Kate, reporter de guerre britannique en Irak, revient en Angleterre pour l’enterrement de sa mère. Déjà, retour au pays natal, relations familiales pourries, sœur fâchée depuis des années — Sally — alcoolique, rancunière, fatiguée. Le genre de retrouvailles où personne ne sait trop quoi dire, alors tout le monde soupire très fort. 

 

Kate Rafter rentre chez elle après un incident terrifiant en Irak ravagé par la guerre et la mort de sa mère. En rangeant les affaires de cette dernière, elle commence à croire qu’il se passe quelque chose d’étrange et d’effrayant dans la maison d’à côté.

 

Kate débarque en retard à l’église, évidemment, ça n’aide pas. Et elle décide de rester dans la vieille maison familiale, malgré les avertissements de Paul, le mari de Sally, type calme, médiateur professionnel, probablement épuisé intérieurement. Et puis il y a les fantômes. Ou pas. Kate voit des choses. Un petit garçon, Nidal, rencontré en Irak, qui ne devrait clairement pas être là. Un autre enfant dans le jardin. Des souvenirs qui collent comme du sable humide dans les chaussures. Le film joue longtemps sur cette ambiguïté : drame pur ? thriller psychologique ? histoire de fantôme un peu feutrée ? On ne sait pas trop, et le film non plus, j’ai l’impression. Le souci, c’est le rythme. Mon dieu, le rythme. Tout est lent. 

 

Pas lent comme un slow burn maîtrisé, non. Lent comme ces pensées qui te traversent juste avant de t’endormir, quand tu ne dors pas encore mais que ton corps commence à discuter les conditions. Les scènes arrivent, repartent, sans urgence. Les silences s’étirent, mais sans vraiment révéler quelque chose. Ce n’est pas contemplatif. C’est… inerte. Oui voilà, inerte. Comme une voiture au point mort sur une légère pente. La mise en scène mise tout sur un minimalisme très sérieux, très propre. La caméra observe, mais n’enquête jamais vraiment. Les personnages souffrent, mais de façon tellement opaque que parfois, tu te demandes pourquoi exactement. Pas par mystère intelligent, plutôt par désorientation. 

 

Le film donne souvent l’impression d’un puzzle dont personne n’aurait vraiment regardé l’image finale sur la boîte. Techniquement, pourtant, c’est irréprochable. La photo est discrète, les acteurs font le job. Jenny Seagrove campe une Kate raide, stoïque, pleine de doutes rentrés. Anna Friel joue une Sally à fleur de nerfs, toujours sur le point d’exploser, mais sans jamais aller jusqu’au bout. Ben Miles, en mari tampon émotionnel, est presque trop crédible. Même Olga Kurylenko passe faire coucou en psy compatissante… pendant quoi, cinq minutes ? Frustrant, un peu, surtout quand l’affiche laisse croire autre chose. Mais bon. Il y a aussi ce voisin bizarre, évidemment. 

 

Le type louche, avec quelqu’un enfermé dedans, parce qu’on est quand même dans un thriller, enfin supposément. Cette partie-là arrive tard, très tard, et bascule enfin vers quelque chose qui ressemble vaguement à de la tension. Trop tard pour certains. Moi, à ce moment-là, je regardais surtout l’heure. Le film est vendu comme un thriller. Sauf qu’il n’est jamais vraiment palpitant. La première moitié se traîne comme un drame brumeux, presque une ghost story endormie, puis le dernier acte se rappelle soudain qu’il faudrait peut-être conclure. On obtient des réponses, oui. Tout s’aligne. Le bateau finit par atteindre le port. Mais sans vagues, sans tempête, sans même un mal de mer.

 

Et c’est ça qui est dommage. My Sister’s Bones n’est pas un mauvais film. C’est juste un film qui confond profondeur et lenteur, silence et sens. Un film très poli, très respectueux… trop. Il ne dérange pas, n’agace pas, n’enthousiasme pas. Il passe lentement. Comme un excellent somnifère artistique. Tu veux rester éveillé, tu insistes, mais ton cerveau, lui, a déjà négocié autre chose. 

 

Note : 4/10. En bref, ça ressemble un peu à ces téléfilms britanniques tristounets du dimanche soir, avec de belles maisons à étages et des non-dits qui traînent dans les coins.

Prochainement en France en SVOD

 

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