9 Février 2026
Avec Les Lionnes, Netflix propose une nouvelle série française inspirée d’un fait divers déjà bien connu (le fameux Gang des Amazones dont l’histoire a d’ailleurs été adaptée au cinéma l’an dernier). L’histoire est transposée à notre époque, dans le sud de la France, et suit cinq femmes issues d’un même quartier, confrontées à des difficultés financières, personnelles et sociales. Coincées dans des situations qu’elles ne maîtrisent plus, elles finissent par envisager un braquage comme seule porte de sortie. La saison 1 compte huit épisodes, et dès les premières minutes, le ton est donné. Très rapidement, Les Lionnes fait comprendre qu’il ne s’agit pas d’un récit réaliste au sens strict.
Cinq femmes s’unissent pour sortir de la galère et braquent une banque, déguisées en hommes. Un shot d’adrénaline et 36 280 euros plus tard, ces braqueuses amatrices sont obligées de recommencer. Très vite, les politiques, la police et les voyous se lancent à leurs trousses, bien loin d’imaginer que derrière ce groupe de mercenaires se cachent des femmes ordinaires… Les Lionnes sont nées.
La série préfère une approche décalée, presque caricaturale par moments, avec des situations volontairement exagérées. Ce choix peut séduire ou rebuter, selon l’attente de départ. Personnellement, j’ai essayé d’accepter ce parti pris dès le début, en me disant qu’il fallait suspendre toute logique pour entrer dans le jeu. Le point de départ fonctionne plutôt bien. Le projet de braquage naît d’un mélange de colère, de fatigue et de désespoir. L’une des héroïnes travaille dans une banque, ce qui rend l’idée possible sans trop s’attarder sur les détails techniques. L’intrigue avance vite, parfois trop, mais elle évite au moins de s’enliser dans une exposition interminable. Les premiers épisodes misent clairement sur le rythme et l’effet de surprise.
Là où la série trouve un certain équilibre, c’est lorsqu’elle assume pleinement son côté absurde. Certaines scènes flirtent avec la farce, d’autres avec un humour presque maladroit, mais sincère. Quand Les Lionnes cesse de vouloir délivrer un message appuyé et se contente de raconter son chaos, le visionnage devient plus léger. Les personnages gagnent alors en spontanéité, et les situations, même improbables, passent mieux. En revanche, dès que la série tente de revenir à un discours plus sérieux sur les injustices sociales, les limites du scénario apparaissent. Les incohérences s’accumulent, notamment dans la représentation des institutions. Police, mairie, banque ou services sociaux semblent fonctionner selon des règles très éloignées de la réalité.
Ce décalage peut faire sourire au début, mais finit par sortir du récit. L’impression laissée est celle d’un univers écrit sans réelle volonté de crédibilité, même minimale. Les personnages féminins restent le cœur de la série. Rebecca Marder incarne une héroïne plus discrète, presque en retrait, ce qui crée un contraste intéressant avec l’agitation permanente qui l’entoure. Zoé Marchal, à l’inverse, déborde d’énergie, parfois jusqu’à l’excès. Ce déséquilibre fait partie de l’identité de la série, même s’il fatigue sur la durée. Les autres membres du groupe remplissent leur rôle, sans bénéficier d’un véritable approfondissement. L’attachement aux personnages se construit surtout par habitude.
Après plusieurs épisodes, une forme de proximité s’installe, non pas grâce à une écriture fine, mais parce que la série impose leur présence. Certaines scènes laissent entrevoir ce que Les Lionnes aurait pu être avec des dialogues plus travaillés et des situations moins expéditives. Du côté des seconds rôles, la série continue dans la même logique. Jonathan Cohen incarne un personnage volontairement naïf, presque hors du monde réel. Son intrigue parallèle emprunte les codes de la comédie romantique, sans jamais aller au bout de l’idée. D’autres figures masculines basculent clairement dans la caricature, notamment du côté du pouvoir politique ou du milieu criminel.
Là encore, l’exagération est assumée, mais elle finit par affaiblir l’ensemble. Sur la durée, la saison souffre d’un rythme inégal. Les huit épisodes défilent assez vite, mais certains passages donnent une impression de remplissage. Des intrigues secondaires apparaissent puis disparaissent sans réel impact. La fin de saison, en particulier, semble hésiter entre plusieurs directions, sans offrir de conclusion réellement satisfaisante. Visuellement, Les Lionnes adopte une esthétique colorée, presque pop, qui tranche avec le sujet. Ce choix donne une identité immédiate à la série, mais accentue aussi la distance avec toute tentative de réalisme. L’image est souvent plus travaillée que l’écriture, ce qui renforce le sentiment de déséquilibre.
Personnellement, l’humour outrancier ne m’a pas suffi. Accepter des situations irréalistes ne pose pas de problème en soi, à condition qu’elles soient réellement divertissantes ou bien écrites. Ici, malgré quelques moments efficaces, le scénario donne souvent l’impression d’être bâclé. Certaines situations paraissent tellement improbables qu’elles cessent d’être amusantes. Au final, la saison 1 de Les Lionnes ressemble à une série qui hésite constamment sur son identité. Entre comédie d’action et drame social, le ton oscille sans jamais se fixer. L’énergie est là, les actrices sont investies, mais l’ensemble manque de finesse et de cohérence. Une série qui se regarde sans déplaisir immédiat, mais qui laisse surtout un sentiment de frustration une fois les huit épisodes terminés.
Note : 5/10. En bref, la saison 1 de Les Lionnes ressemble à une série qui hésite constamment sur son identité. Entre comédie d’action et drame social, le ton oscille sans jamais se fixer. L’énergie est là, les actrices sont investies, mais l’ensemble manque de finesse et de cohérence.
Disponible sur Netflix
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