Critique Ciné : Relationship Goals (2026, Amazon Prime Video)

Critique Ciné : Relationship Goals (2026, Amazon Prime Video)

Relationship Goals // De Linda Mendoza. Avec Kelly Rowland, Method Man et Matt Walsh.

 

Relationship Goals ressemble à ces comédies romantiques clinquantes et bien coiffées de la fin des années 2000, celles qui passaient durant les vacances scolaires l'après-midi à la télévision et qu’on oubliait avant même le générique de fin. Sauf qu’ici, le problème ne se limite pas à un manque d’originalité ou à une intrigue trop sage. Le film de Linda Mendoza donne surtout l’impression d’être autre chose qu’un film. Une sorte de vitrine promotionnelle très appliquée, emballée dans les codes de la rom-com, mais rarement habitée par un véritable désir de cinéma. L’histoire suit Leah, productrice ambitieuse dans une émission matinale à succès, persuadée que sa carrière est sur le point de franchir un cap. 

 

La productrice Leah Caldwell veut devenir la première femme à diriger la principale émission matinale de New York, mais son ex Jarrett Roy est en concurrence pour le même poste. Il dit être changé par le livre « La relation idéale », qui devient un thème récurrent quand ses amis s'en inspirent aussi. Leah se concentre sur sa carrière, mais l'alchimie avec son ex remet en question ses priorités.

 

Mauvaise surprise : la chaîne lui impose un concurrent pour le poste convoité. Ce concurrent n’est autre que Jarrett, son ex, celui qui l’a trompée avant de disparaître de sa vie. Forcément, le duo se retrouve contraint de travailler ensemble sur un sujet de Saint-Valentin consacré à… un livre de développement personnel intitulé Relationship Goals. Le décor est planté, les ficelles sont visibles, et la trajectoire ne réserve aucune surprise. Le concept du film repose entièrement sur ce livre, écrit par un pasteur à la tête d’une mégachurch américaine, omniprésent à l’écran. Il intervient, il explique, il répète, il prêche. Le long métrage insiste tellement sur ses idées, ses phrases-clés et son message que la frontière entre fiction et placement de produit finit par disparaître. 

 

À force de voir des personnages lire, citer ou recommander l’ouvrage, Relationship Goals cesse d’être une comédie romantique pour devenir un spot publicitaire un peu trop long. Ce qui gêne le plus n’est pas tant l’aspect religieux assumé du projet que le discours qu’il véhicule sur les relations amoureuses. Le film défend une vision très normative du couple, où les compromis semblent toujours aller dans le même sens. Certaines idées sur le pardon, la patience ou le fait de « baisser ses attentes » passent mal, surtout quand elles sont présentées comme des vérités universelles plutôt que comme des pistes de réflexion. 

 

Comparer les personnes qui enchaînent les relations à des nuggets qu’on ne voudrait plus toucher relève d’un symbolisme douteux, à la fois infantilisant et maladroit. Pourtant, Relationship Goals n’est pas dénué de qualités. Linda Mendoza connaît les mécanismes de la comédie romantique et sait créer des moments légers quand elle s’en donne la peine. Une scène de danse entre amies, un montage de road trip, quelques échanges piquants : le film fonctionne brièvement quand il se concentre sur l’énergie de ses personnages plutôt que sur son message. Ces instants rappellent un cinéma plus simple, plus direct, presque nostalgique. Le casting fait aussi partie des éléments qui rendent le visionnage supportable. 

 

Kelly Rowland et Cliff “Method Man” Smith ont une vraie présence à l’écran. Leur duo fonctionne par sympathie plus que par profondeur, mais cela suffit parfois dans ce type de production. Les deux acteurs suivent consciencieusement le parcours « ennemis puis amants », sans jamais vraiment y croire, mais sans non plus saboter l’ensemble. Leur alchimie tient surtout à leur charisme naturel, pas à l’écriture. Les personnages secondaires apportent un peu de relief. Les deux meilleures amies de Leah, incarnées par Robin Thede et Annie Gonzalez, permettent au film d’aborder d’autres facettes de la vie sentimentale féminine : la difficulté de s’engager pour l’un, l’usure d’une relation sans perspective pour l’autre. 

 

Ces intrigues parallèles existent surtout pour démontrer que le livre Relationship Goals aurait réponse à tout. Elles restent donc superficielles, mais offrent quelques répliques plus vives et un rythme un peu plus enlevé. Le principal souci reste la structure. Relationship Goals accumule les situations typiques de la rom-com sans jamais les exploiter pleinement. Une panne d’avion, un trajet en voiture forcé, un dîner inconfortable : autant d’occasions de créer du lien, du conflit ou de l’humour, rapidement évacuées. Le film pose des idées, puis les abandonne presque aussitôt, comme s’il craignait de s’éloigner trop longtemps de son objectif principal : promouvoir le livre.

 

Cette impression est renforcée par un ton souvent moralisateur. Le récit préfère expliquer plutôt que montrer, asséner des leçons plutôt que laisser les personnages évoluer par eux-mêmes. À force de vouloir guider le spectateur vers une conclusion bien précise, le film oublie de laisser respirer ses émotions. L’amour devient un concept à valider, une méthode à appliquer, plus qu’une expérience imprévisible et fragile. Visuellement, Relationship Goals reste très classique. Une mise en scène propre, sans aspérité, qui fait le travail sans jamais chercher à surprendre. Le film pourrait se dérouler dans n’importe quelle autre production du même genre sans que cela ne change grand-chose. 

 

Rien ne dépasse, rien ne dérape, rien ne marque vraiment. Au final, Relationship Goals donne surtout l’impression d’avoir renoncé à être une œuvre de cinéma. Là où d’autres films tirés de livres de développement personnel tentaient au moins de jouer le jeu de la fiction, celui-ci se contente d’illustrer un discours. Il coche les cases, déroule ses arguments et s’arrête là. Comme divertissement de fond pour un public déjà convaincu, le film peut faire illusion. Mais pour qui attend une comédie romantique sincère, drôle ou un minimum inspirée, la déception est difficile à éviter. 

 

Note : 2.5/10. En bref, Relationship Goals promet une réflexion sur l’amour moderne et livre surtout un mode d’emploi figé, emballé dans un film qui semble avoir oublié, en chemin, pourquoi raconter une histoire peut encore avoir du sens.

Sorti le 4 février 2026 directement sur Amazon Prime Video

 

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