Critique Ciné : Scream 7 (2026)

Critique Ciné : Scream 7 (2026)

Scream 7 // De Kevin Williamson. Avec Neve Campbell, Courteney Cox, Isabel May et Jasmin Savoy Brown.

 

Trente ans après le premier coup de fil glaçant lancé par Ghostface, la saga revient avec Scream 7. Derrière la caméra, le nom de Kevin Williamson refait surface. Forcément, l’attente était là. Son retour laissait espérer un vrai regain d’énergie, une nouvelle couche de méta-horreur bien sentie. Au final, le résultat ressemble davantage à un feu d’artifice qui crépite sans jamais exploser. Il faut le dire d’emblée : Scream 7 reste au-dessus du sixième volet, qui avait laissé un souvenir franchement laborieux. Ici, il y a au moins une volonté de revenir aux bases. Le film replonge dans l’esprit du premier opus réalisé par Wes Craven en 1996. 

 

Lorsqu’un nouveau Ghostface surgit dans la paisible ville où Sidney Prescott a reconstruit sa vie, ses pires cauchemars refont surface. Quand sa fille devient la prochaine cible, Sidney n’a d’autre choix que de reprendre le combat. Déterminée à protéger les siens, elle devra affronter les démons de son passé pour tenter de mettre fin une bonne fois pour toutes au bain de sang.

 

La bande-son assume des accents très années 90, les cadres rappellent parfois les débuts de la franchise, et plusieurs clins d’œil viennent flatter la mémoire des fans. Le vrai argument marketing, c’est évidemment le retour de Neve Campbell dans le rôle de Sidney Prescott. Sa présence apporte une dimension affective que les derniers épisodes avaient du mal à retrouver. Le film prend le temps de montrer son évolution, ses cicatrices, sa fatigue face à un mal qui semble éternel. Ces moments plus posés créent quelques longueurs, mais ils donnent aussi un peu d’épaisseur au personnage. Là où Scream 7 fonctionne le mieux, c’est dans ses scènes de meurtre. Les attaques sont brutales, parfois inventives. 

 

Certaines mises à mort figurent parmi les plus graphiques de la saga. Le travail sur l’esthétique est soigné : jeux d’ombres, silences prolongés, surgissements secs. Ghostface redevient menaçant, moins gadget que dans l’épisode précédent. Sur ce point, le film retrouve une efficacité qui faisait défaut récemment. Malheureusement, tout repose presque uniquement sur ces séquences choc et sur le capital nostalgie. Le scénario, lui, paraît étonnamment fragile. Le film promet un retour aux origines du tueur, mais le motif final laisse un goût d’inachevé. Le mobile manque de poids. Le twist, élément clé de la franchise depuis le début, ne surprend pas vraiment. Dans une saga bâtie sur le retournement final, c’est un problème.

 

L’introduction, autre marqueur fort des films Scream, reste correcte sans être marquante. Les premières minutes installent une tension honorable, mais l’effet “waouh” attendu n’est pas au rendez-vous. Pour un septième volet, l’ouverture aurait dû marquer les esprits. Au lieu de ça, elle fait le travail sans plus. Le film multiplie aussi les incohérences. Certaines décisions de personnages semblent dictées par le besoin de faire avancer l’intrigue plutôt que par une logique interne. Ces failles finissent par décrédibiliser l’ensemble. Dans un slasher, la suspension d’incrédulité fait partie du jeu. Mais encore faut-il que le récit reste cohérent. 

 

Un autre point soulève des réserves : l’utilisation de l’intelligence artificielle pour faire revenir un visage familier de la saga, notamment celui de Matthew Lillard. L’idée pouvait intriguer. Elle interroge surtout sur le respect des acteurs et sur la pertinence d’un tel choix artistique. Ce procédé détourne l’attention plus qu’il ne sert l’histoire. Au lieu d’enrichir la mythologie, il donne l’impression d’un gadget technologique un peu maladroit. Le fan service est omniprésent. Répliques cultes recyclées, références appuyées, retours attendus : tout est là pour flatter les nostalgiques comme moi des quatre premiers volets de la saga. Mais sans une intrigue solide, ces clins d’œil ressemblent à des béquilles. 

 

Scream 7 semble avancer en terrain sécurisé, sans vraie prise de risque. Pour les 30 ans de la franchise, il était possible d’espérer une proposition plus audacieuse. Cela ne veut pas dire que le film est un désastre. Il y a un vrai plaisir à retrouver Sidney, à revoir le masque blanc surgir dans l’ombre, à sentir la tension monter dans certaines scènes. Les meurtres sont efficaces, la mise en scène tient la route, et l’ensemble reste divertissant. Mais l’impression dominante est celle d’une occasion manquée. Le choix des tueurs, notamment, déçoit. Dans une saga qui a bâti sa réputation sur des révélations marquantes, il fallait frapper fort. Ici, la révélation tombe à plat. Le plot-twist, censé ajouter une couche supplémentaire, n’apporte pas grand-chose. 

 

Le final paraît précipité, comme si le film cherchait à conclure rapidement après avoir épuisé ses idées. En termes de positionnement dans la franchise, Scream 7 respecte l’ADN de la saga sans vraiment la faire évoluer. Le mélange d’horreur et de commentaire méta sur le genre est toujours présent, mais il manque une étincelle. La saga semble tourner en rond, prisonnière de ses propres codes. Au final, Scream 7 reste un divertissement correct pour les amateurs de slasher et les fans de longue date. Les scènes gore sont réussies, le retour de Neve Campbell fait plaisir, et l’ambiance rappelle par moments les débuts. Mais le scénario manque d’audace, le twist ne marque pas, et certaines décisions créatives interrogent.

 

Note : 5/10. En bref, après sept films, la franchise porte encore le masque, mais elle peine à surprendre. L’envie de retrouver un Ghostface vraiment imprévisible reste intacte. Reste à savoir si la saga saura un jour se réinventer au lieu de simplement regarder dans le rétroviseur.

Sorti le 25 février 2026 au cinéma

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