9 Février 2026
Twisted // De Darren Lynn Bousman. Avec Neal McDonough, Alicia Witt et Dimon Hounsou.
Je dois l’avouer, voir le nom de Darren Lynn Bousman sur une affiche me provoque toujours un petit ricanement nerveux. C’est bête, mais son patronyme colle tellement à son cinéma que ça en devient presque un gimmick. Darren Lynn Bousman livre ici un thriller horrifique qui donne l’impression d’avoir été fabriqué avec un budget hard-discount, tout en se prenant très au sérieux. Le résultat est un film maladroit, fauché, et surtout incapable de cacher son obsession maladive pour Saw, comme si le réalisateur refusait d’admettre que cette époque est terminée depuis longtemps.
2 jeunes gens gagnent de l'argent en louant des appartements new-yorkais qui ne leur appartiennent pas. L'escroquerie fonctionne jusqu'à ce qu'ils tombent sur un propriétaire qui a un sombre secret et qui retourne la situation contre eux.
Dès les premières minutes, Twisted annonce la couleur. Le film s’ouvre sur une arnaque immobilière à New York menée par deux jeunes femmes, Paloma et Smith. Le principe est simple : louer des appartements de luxe qui ne leur appartiennent pas à des clients naïfs. Sur le papier, l’idée pouvait donner un thriller urbain tendu, ancré dans une réalité sociale bien connue. À l’écran, tout sonne faux. Les dialogues sont plats, les situations peu crédibles, et la mise en place donne l’impression d’un téléfilm mal dégrossi plutôt que d’un long métrage de cinéma. Très vite, le récit bascule quand Paloma choisit la mauvaise cible : un neurochirurgien brillant, visiblement instable, qui va transformer l’arnaque en piège.
C’est là que Twisted abandonne toute tentative de réalisme pour s’enfermer dans un huis clos pseudo-horrifique. Le problème, c’est que cette transition est brutale et mal amenée. Le film passe d’un faux thriller d’escroquerie à un ersatz de Saw sans jamais réussir à relier correctement les deux univers. La sensation de bricolage est permanente. Les décors sont pauvres, souvent limités à quelques pièces filmées sous tous les angles pour masquer le manque d’espace. La maison censée devenir une prison psychologique ressemble surtout à un plateau recyclé, éclairé à grands coups de néons colorés pour donner l’illusion d’un style. Ce choix visuel, typique de Bousman, tourne ici à la caricature.
Les rouges et les bleus saturés envahissent l’écran sans jamais créer une vraie atmosphère, servant surtout à cacher une direction artistique inexistante. La mise en scène recycle sans vergogne les tics du réalisateur. Les coupes rapides, les angles forcés, les effets de caméra agressifs sont là, mais sans énergie. Tout semble automatique, comme si Twisted avait été réalisé en pilotage automatique. À plusieurs reprises, l’envie de lever les yeux au ciel est réelle tant le film semble persuadé d’être plus malin qu’il ne l’est. Le scénario n’aide absolument pas. L’intrigue se complique inutilement, empilant des idées mal exploitées et des retournements sans impact.
Paloma est censée être intelligente et expérimentée, mais accumule des erreurs grossières qui servent uniquement à faire avancer le récit. Rien ne paraît organique. Tout est forcé, téléphoné, prévisible. Même la fameuse théorie médicale censée donner de la profondeur au film ressemble à un gadget pseudo-scientifique balancé pour faire sérieux. La relation entre Paloma et Smith mérite aussi qu’on s’y attarde, tant elle pose problème. Présentée comme une romance, elle n’a aucun poids narratif. Leur couple n’existe que pour être montré, jamais pour être exploré. Le regard posé sur elles est maladroit, parfois franchement gênant, donnant l’impression que leur relation sert surtout de vitrine racoleuse.
Elles auraient pu être amies, collègues ou sœurs, cela n’aurait strictement rien changé à l’histoire. Cette superficialité renforce le sentiment d’un film écrit sans réel point de vue. Du côté des acteurs, difficile de jeter la pierre. Lauren LaVera fait ce qu’elle peut avec un personnage mal écrit et peu cohérent. Djimon Hounsou apporte un minimum de gravité au rôle du chirurgien, mais se retrouve coincé dans un antagoniste mal développé, dont la folie semble surtout dictée par les besoins du scénario. Les personnages secondaires passent comme des ombres, inutiles et oubliables, renforçant l’impression d’un univers creux. Les scènes de chirurgie, pourtant centrales, ne sauvent rien.
Leur prétendu réalisme sert surtout à provoquer un malaise facile, sans réflexion derrière. Twisted confond inconfort et tension, cruauté et profondeur. Le film aligne des situations violentes sans jamais créer d’attachement, ni même de véritable peur. À force de vouloir choquer, il finit par ennuyer. Ce qui frappe le plus, c’est l’absence totale d’émotion. Aucun personnage n’est attachant, aucune situation n’est prenante, et le film semble s’en satisfaire. Cette froideur pourrait être un choix artistique assumé, mais ici elle ressemble surtout à un aveu d’échec. Twisted ne raconte rien d’autre qu’un enchaînement de mauvaises décisions, à l’écran comme derrière la caméra.
Note : 2/10. En bref, Twisted donne l’impression d’un projet monté à la va-vite, avec peu de moyens et encore moins d’idées neuves. Darren Lynn Bousman livre un film daté, fauché, et incapable de justifier son existence autrement que par son nom au générique. Pour un thriller horrifique, l’expérience est surtout pénible, et laisse un sentiment clair : il existe de bien meilleures façons de perdre 90 minutes.
Prochainement en France en SVOD
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