Critique Ciné : Border Hunters (2025, direct to SVOD)

Critique Ciné : Border Hunters (2025, direct to SVOD)

Border Hunters // De Ruben Islas. Avec Dean Norris, Julio Macias et Danforth Comins.

 

Border Hunters est arrivé avec l’assurance d’un film qui pense avoir trouvé la recette magique du bon vieux thriller frontalier : un ancien espion barbu, un ex-soldat traumatisé, des cartels mexicains, des balles qui sifflent et des slogans marketing qui feraient presque croire que quelque chose d’un peu neuf se cache là-dessous. Spoiler : non. Dès les premières minutes, la promesse s’effondre comme un cartel basé sur un tableur Excel. Le film aligne ses intentions avec sérieux, mais à force de s’appliquer, il finit surtout par montrer à quel point il n’a pas grand-chose à raconter. 

 

Un ancien espion et un agent emprisonné coopèrent pour anéantir plusieurs cartels de la drogue.

 

L’overdose initiale, les enjeux politiques, la vengeance personnelle… tout est là, bien rangé, comme une liste de courses griffonnée par quelqu’un qui a oublié de prendre ses lunettes. Le scénario, pourtant co-écrit par Islas lui-même, ressemble à un puzzle dont les pièces auraient été copiées sur tous les autres puzzles de la même étagère. C’est téléphoné du début à la fin. Par moments, l’intrigue devient même tarabiscotée, comme si elle tentait d’avoir l’air intelligente. Mauvaise idée. On sent l’effort, un peu comme lorsqu’un film veut absolument faire croire que son méchant est profond parce qu’il parle lentement en regardant l’horizon. Mais derrière, rien. Du vent. De belles intentions qui tournent en rond.

 

Et l’originalité ? Elle a dû prendre une navette vers un autre film, parce qu’ici, elle n’a pas laissé de trace. L’action est là, c’est vrai. Parfois même efficace, au point de faire oublier (l’espace de dix secondes) le reste qui s’écroule autour. Les fusillades dans la jungle mexicaine ont un côté sale et brut qui fait plaisir. Le rythme, grâce à elles, évite au film de sombrer totalement dans l’ennui. Mais l’action n’arrive jamais à compenser le manque de souffle narratif. Elle ressemble à un sprint ponctuel dans un marathon mal préparé : une montée d’énergie vite étouffée par le manque d’air autour. Le vrai point fort de Border Hunters, c’est son apparence. 

 

Oui, c’est cruel, mais si le film était une personne, il serait le genre à avoir un beau profil Insta mais rien d’intéressant à raconter une fois assis à table. La photographie est soignée, beaucoup plus léchée que ce qu’on voit d’habitude dans les DTV qui sortent en se cachant derrière des affiches photoshopées. Les décors mexicains sont utilisés avec une certaine élégance, presque comme si l’équipe technique avait tourné un film bien plus ambitieux que celui que le scénario impose. Et on ne va pas enlever ça à Ruben Islas : visuellement, Border Hunters tient debout. Ce qui rend encore plus frustrant de voir tout ce soin au service d’une histoire aussi quelconque. Dean Norris assure, évidemment. 

 

Il pourrait jouer un diplomate ronchon les yeux fermés, et il le fait ici avec le sérieux qu’on lui connaît. Son personnage porte le film par moments, comme un prof qui reprend la classe en main après une heure de chaos. Mais même lui ne peut pas sauver ce scénario qui s’obstine à s’empêtrer dans ses propres ficelles. Jake Byrne, alias “White Devil”, est censé être l’atout badass du film. Sauf qu’entre les clichés qui lui collent aux bottes et les motivations rabâchées, difficile d’y voir autre chose qu’une silhouette d’anti-héros déjà vue trop souvent. Il frappe, il grogne, il souffre… et ce n’est pas la faute de l’acteur. C’est juste le rôle qui a été conçu en pilote automatique.

 

Border Hunters tente de parler fentanyl, relations internationales, corruption, famille brisée, vengeance et tensions frontalières. Beaucoup d’ingrédients, mais mélangés avec la subtilité d’un blender surpuissant. Résultat : un brouet narratif qui n’a pas mauvais goût, mais qui n’a aucun parfum identifiable. À force de survoler ses thèmes, le film finit par n’être qu’une caricature de ce qu’il voudrait être. Et le ton sérieux qu’il essaie de maintenir n’aide pas : impossible de prendre pleinement au sérieux un récit qui semble avoir été assemblé à partir de fragments de meilleurs films. Border Hunters n’est pas un naufrage total. Ses images valent le détour, la photographie est plutôt réussie, les décors apportent une belle texture à l’ensemble et l’action offre quelques moments plaisants. 

 

Mais tout ça reste des miettes sur un gâteau qui a mal cuit. Le scénario manque d’âme, les personnages manquent de chair et l’intrigue manque surtout d’envie d’exister autrement que comme une redite. Un film qui aurait pu être solide, mais qui s’éparpille et s’enferme dans des choix faciles. Une belle coquille, avec peu de choses à l’intérieur. Un DTV un peu plus beau que la moyenne, mais raté quand même.

 

Note : 4/10. En bref, une histoire tellement prévisible qu’elle pourrait être livrée par Amazon Prime. Border Hunters n’est pas un naufrage total. Ses images valent le détour, la photographie est plutôt réussie, les décors apportent une belle texture à l’ensemble et l’action offre quelques moments plaisants. 

Prochainement en France en SVOD

 

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