5 Février 2026
Will Trent // Saison 4. Episode 5. Nice to Meet You, Malcolm.
Dès les premières minutes de l’épisode 5 de la saison 4 de Will Trent, j’ai eu le sentiment que la série cherchait à faire quelque chose d’un peu différent. Pas forcément plus spectaculaire, mais plus dense, plus centré sur les personnages, tout en conservant cette mécanique policière très méthodique qui fait partie de son ADN. Cet épisode, intitulé « Nice to Meet You, Malcolm », m’a donné l’impression d’un point d’équilibre intéressant entre enquête, évolution des relations et prise de risques narratives, même si tout n’est pas parfaitement maîtrisé. L’intrigue autour du braquage de banque pose immédiatement une ambiance étrange, presque dérangeante.
Les masques d’animaux, le meurtre pour une somme dérisoire, cette violence absurde pour quarante dollars, tout cela installe un malaise assez efficace. J’ai apprécié que l’enquête menée par Angie et Ormewood prenne le temps de montrer le travail de terrain, les erreurs, les hésitations, et surtout l’importance du détail. La série rappelle ici ce qu’elle fait souvent bien : montrer que résoudre une affaire ne tient pas à une révélation soudaine, mais à une accumulation de petites observations. Le retour d’Ormewood sur le terrain, après son cancer, ajoute une couche supplémentaire.
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Son regard plus affûté n’est pas traité comme un gadget, mais comme une conséquence étrange de ce qu’il a traversé, presque inconfortable pour lui. En parallèle, l’enquête du GBI sur le meurtre du fondateur d’une agence de matchmaking de luxe m’a paru plus classique sur le fond, mais intéressante dans ce qu’elle raconte sur le pouvoir, l’image et l’hypocrisie sociale. L’idée que des services censés “créer du bonheur” dissimulent en réalité des rapports de domination et des arrangements financiers douteux fonctionne plutôt bien. Je n’ai pas été particulièrement surpris par la révélation finale autour de la partenaire de la victime, mais le chemin pour y arriver reste crédible, notamment grâce au duo Will–Faith, qui continue d’être l’un des piliers de la série.
Ce qui distingue vraiment cet épisode des précédents, et même de certains moments de la saison 3, c’est la place accordée à Faith. Jusqu’ici, son personnage était souvent défini par son travail ou sa famille. La voir confrontée à ses désillusions amoureuses apporte quelque chose de plus intime, presque fragile. Son ras-le-bol face aux rendez-vous ratés, aux hommes qui cherchent des passe-droits plutôt qu’une vraie relation, m’a semblé très juste. Ce n’est pas surjoué, ni traité comme une simple parenthèse romantique. La rencontre avec Malcolm fonctionne précisément parce qu’elle est imparfaite. Faith ment, elle se protège, elle n’est pas totalement à l’aise avec ce qu’elle vit, et c’est ce qui rend leur relation crédible.
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J’ai trouvé intéressant que la série n’idéalise pas cette romance, même si elle la filme avec une certaine légèreté. Il y a une vraie respiration dans ces scènes, notamment dans leurs échanges spontanés, qui contrastent avec la lourdeur des enquêtes. Là où l’épisode devient plus ambitieux, c’est dans la manière dont il relie toutes ces intrigues. Le cliffhanger final, qui révèle l’identité de Malcolm, n’est pas seulement un twist choc. Il remet en question tout ce que l’épisode a construit autour de Faith. Ce que j’ai apprécié, c’est que cette révélation n’arrive pas comme un simple coup de théâtre, mais comme la conséquence logique d’une enquête menée en parallèle.
Cela rappelle certains épisodes de la saison 3, où les choix de Will, guidés par son sens très rigide du bien et du mal, finissaient par affecter ses relations personnelles. Ici, ce n’est pas Will qui provoque la fracture, mais le système même dans lequel tous évoluent. Les scènes plus légères, comme celles dans l’ascenseur ou autour de la poussette d’Angie, apportent un contrepoint bienvenu. Elles renforcent cette idée que l’équipe fonctionne presque comme une famille dysfonctionnelle. Les piques, les silences gênés, les regards en disent parfois plus que de longs dialogues. J’ai particulièrement aimé la façon dont Will réagit face à la grossesse d’Angie : son malaise est palpable, jamais expliqué frontalement, mais toujours présent.
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Cela rejoint ce que la série explore depuis plusieurs saisons sur sa difficulté à gérer l’intime. En comparant cet épisode à certains moments plus bancals de la saison 3, notamment ceux où l’intrigue semblait sacrifiée au profit de mises en place futures, j’ai trouvé ici un meilleur équilibre. Tout n’est pas parfait, et certaines pistes auraient mérité un peu plus de temps, mais l’ensemble tient. L’épisode ne donne pas l’impression de remplir une case, ni de simplement préparer la suite sans exister par lui-même. Au final, cet épisode 5 de la saison 4 m’a semblé révélateur de ce que Will Trent cherche à devenir.
Une série policière qui ne se contente plus de résoudre des crimes, mais qui s’intéresse de plus en plus aux failles de ses personnages, à leurs contradictions et à leurs désirs. La trajectoire de Faith, en particulier, pourrait bien devenir l’un des axes les plus intéressants de la saison, surtout si la série ose aller au bout des conséquences émotionnelles de ce cliffhanger. J’attends la suite avec une curiosité mêlée d’appréhension, ce qui, pour moi, est souvent le signe que la série a touché juste.
Note : 8.5/10. En bref, cet épisode 5 de la saison 4 m’a semblé révélateur de ce que Will Trent cherche à devenir. Une série policière qui ne se contente plus de résoudre des crimes, mais qui s’intéresse de plus en plus aux failles de ses personnages, à leurs contradictions et à leurs désirs.
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