14 Mars 2026
Dead By Dawn // De Dawid Torrone. Avec Sylwia Boron, Monika Frajczyk et Adam Machalica.
Avec Dead by Dawn, le réalisateur et scénariste Dawid Torrone tente de proposer un hommage au cinéma d’horreur italien, et plus précisément au giallo popularisé dans les années 70 et 80. Sur le papier, l’idée peut séduire les amateurs du genre : un théâtre isolé, une troupe d’acteurs enfermée dans un lieu mystérieux, un tueur masqué qui élimine les protagonistes un à un. Tous les ingrédients du slasher semblent réunis. Le film suit un groupe de jeunes comédiens invités à participer à un projet théâtral censé lancer leur carrière. Le rendez-vous est fixé dans un lieu étrange : le théâtre Heissenhoff, un bâtiment abandonné perdu au milieu de nulle part.
Alors qu'ils répètent dans l'énigmatique théâtre Heissenhoff, les acteurs voient leur travail se transformer en cauchemar avec l'apparition d'un tueur masqué. Peu à peu, ils découvrent que le théâtre, la pièce et les meurtres font partie d'un sombre rituel occulte.
Les acteurs arrivent sur place avec l’espoir de décrocher un rôle dans une pièce présentée comme prestigieuse. Mais très vite, l’atmosphère devient inquiétante. Pendant les répétitions, une présence étrange semble hanter les lieux. Un tueur mystérieux commence à traquer les membres de la troupe. Son apparence attire immédiatement l’attention : il porte des gants noirs en cuir et un masque composé d’yeux. Ce détail visuel donne au film une identité assez marquée, même si le scénario prend ensuite beaucoup moins de risques. La situation rappelle rapidement certains classiques du slasher européen. L’idée d’un groupe d’acteurs coincés dans un théâtre évoque d’ailleurs plusieurs films du genre.
Dead by Dawn joue clairement avec ces références et tente de construire un hommage au cinéma de Dario Argento ou de Mario Bava. Le problème, c’est que ces influences restent souvent superficielles. Les couleurs néon, les éclairages contrastés et certaines compositions d’images rappellent effectivement l’esthétique du giallo. Mais ces éléments semblent parfois ajoutés comme une simple décoration visuelle plutôt que comme une véritable proposition de mise en scène. Le film multiplie également les clins d’œil à des œuvres célèbres du genre. Certaines idées semblent directement inspirées de scènes déjà vues ailleurs.
Pour les amateurs de cinéma d’horreur italien, ces références deviennent rapidement reconnaissables. Malheureusement, elles ressemblent plus à des copies qu’à de véritables réinterprétations. Le scénario, de son côté, reste assez flou pendant une grande partie du film. Dead by Dawn est structuré en six chapitres, un choix narratif qui aurait pu apporter un rythme particulier. Mais cette structure coupe régulièrement l’élan du récit et donne parfois l’impression que l’histoire n’avance pas vraiment. Entre deux scènes de meurtre, le film multiplie les séquences de répétition théâtrale ou de performances artistiques. Certaines de ces scènes cherchent visiblement à créer une atmosphère étrange ou expérimentale.
Mais leur durée finit par ralentir le rythme général. Les personnages, eux, restent assez difficiles à apprécier. La troupe de comédiens est composée de profils assez typiques du genre : jeunes artistes ambitieux, personnalités un peu excentriques, rivalités plus ou moins ouvertes. Pourtant, le film ne prend jamais vraiment le temps de développer ces figures. Résultat : lorsque le tueur frappe, l’impact émotionnel reste limité. Malgré ces défauts, Dead by Dawn possède quelques éléments qui peuvent attirer les amateurs de films d’horreur. Les scènes de meurtre sont parfois assez graphiques. Certaines attaques sont mises en scène avec un sens du gore assumé, notamment lorsqu’un grand couteau ou un hachoir entre en jeu.
Le montage participe aussi à l’identité du film. Certaines séquences sont montées de manière très rapide, presque chaotique, ce qui crée un contraste avec les longues scènes de répétition. Ce style donne parfois au film une énergie particulière, même si l’ensemble reste inégal. Le lieu de tournage constitue également l’un des atouts du film. Le théâtre abandonné offre un décor assez impressionnant. Ses grandes salles vides, ses couloirs sombres et son architecture monumentale renforcent le sentiment d’isolement des personnages. Malheureusement, ce décor n’est pas toujours exploité à son plein potentiel. L’espace aurait pu devenir un véritable terrain de jeu pour un slasher créatif.
Dans la pratique, plusieurs scènes donnent l’impression que les personnages pourraient facilement fuir les lieux, ce qui affaiblit un peu la tension. La tonalité du film reste également hésitante. Dead by Dawn oscille entre le slasher brutal, l’hommage nostalgique et une forme de cinéma d’horreur plus expérimental. Cette hésitation empêche parfois le film de trouver une direction claire. Le dernier acte pousse encore plus loin cette approche étrange. Le film introduit des éléments presque mystiques ou occultes liés à la création artistique et à la possession. L’idée aurait pu apporter une dimension supplémentaire au récit. Mais la scène finale, très longue et assez abstraite, laisse plutôt une impression de confusion.
Certains dialogues cherchent également à donner une dimension plus philosophique au film, évoquant une génération désillusionnée ou un monde artistique en crise. Ces thèmes apparaissent surtout dans l’épilogue, mais leur traitement reste assez maladroit. Au final, Dead by Dawn ressemble à un film qui possède beaucoup d’idées mais qui peine à les assembler. Le réalisateur semble vouloir mélanger hommage au giallo, slasher classique et expérimentation visuelle. Cette ambition se ressent à l’écran, mais elle rend aussi l’ensemble assez désordonné. Pour les amateurs comme moi de cinéma d’horreur, le film peut rester une curiosité, notamment grâce à ses scènes de meurtres assez violentes et à son esthétique marquée.
Mais ceux qui espéraient retrouver la magie du giallo risquent de rester sur leur faim. Dead by Dawn n’est donc pas un désastre complet, mais plutôt un projet qui donne l’impression d’avoir été construit avec beaucoup d’enthousiasme… et un peu moins de maîtrise. Un slasher qui tente d’être stylé, mais qui se perd souvent dans ses propres ambitions.
Note : 4.5/10. En bref, Dead by Dawn ressemble à un film qui possède beaucoup d’idées mais qui peine à les assembler. Le réalisateur semble vouloir mélanger hommage au giallo, slasher classique et expérimentation visuelle. Cette ambition se ressent à l’écran, mais elle rend aussi l’ensemble assez désordonné.
Sorti le 27 février 2026 directement sur Shadowz
Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog