24 Mars 2026
Goat - rêver plus haut // De Tyree Dillihay et Adam Rosette. Avec la voix de Caleb McLaughlin, Gabrielle Union et Jenifer Lewis.
Avec GOAT – Rêver plus haut, l’animation continue d’explorer le terrain du sport comme miroir de la société. Ici, le basket devient du “roarball”, une version plus nerveuse, plus physique, presque brutale. Au centre du terrain, un petit bouc, Will, qui n’a clairement pas le gabarit attendu pour briller dans cet univers. Le point de départ est simple, presque classique, mais il reste efficace : un outsider qui veut prouver qu’il mérite sa place. Dès les premières minutes, le film affiche son identité visuelle. L’animation mélange les styles, joue avec les textures et donne un vrai rythme aux scènes d’action.
Will est un petit bouc avec de grands rêves. Lorsqu'il décroche une chance inespérée de rejoindre la ligue professionnelle de "roarball" - un sport mixte, ultra-intense, réservé aux bêtes les plus rapides et féroces du règne animal - il entend bien saisir sa chance. Problème : ses nouveaux coéquipiers ne sont pas franchement ravis d'avoir un "petit" dans l'équipe. Mais Will est prêt à tout pour bousculer les règles du jeu et prouver, une bonne fois pour toutes, que les petits aussi peuvent jouer dans la cour des grands.
Il y a une énergie constante, une volonté de dynamiser chaque mouvement, chaque match. Ce choix rappelle une certaine tendance récente dans le cinéma d’animation, avec des images qui semblent parfois vibrer, se déformer, accélérer. Le résultat est souvent agréable à regarder, même si cette richesse visuelle peut parfois sembler un peu trop chargée. Le film raconte donc l’histoire de Will, un jeune bouc qui rêve de devenir une star du roarball, un sport dominé par des animaux plus grands, plus rapides, plus impressionnants physiquement. Son arrivée dans une équipe professionnelle ne passe pas inaperçue.
Il dérange, il ne correspond pas aux attentes, et il doit faire ses preuves dans un environnement où la hiérarchie est bien installée. Sur le papier, le parcours du personnage ressemble à beaucoup d’autres récits sportifs. Une montée progressive, des obstacles, des remises en question, puis une forme d’accomplissement. Rien de vraiment surprenant dans la structure. Pourtant, le film trouve un certain équilibre grâce à son message. Il insiste sur l’idée que la valeur d’un individu ne se limite pas à son apparence ou à sa force brute. Une idée simple, mais qui fonctionne toujours, surtout auprès d’un jeune public. L’univers du film est peuplé d’animaux très marqués visuellement.
Certains choix sont volontairement exagérés, presque caricaturaux. Il y a des personnages assez drôles, comme cette souris débordée par une famille trop nombreuse, ou encore des figures plus étranges, parfois même un peu dérangeantes dans leur design. Ce mélange donne au film une identité, même si tout n’est pas toujours équilibré. Côté humour, le film s’en sort plutôt bien. Les gags sont nombreux, parfois simples, mais efficaces. L’ambiance reste accessible, sans chercher à compliquer inutilement les choses. L’objectif est clair : divertir tout en glissant quelques idées sur l’acceptation et le travail d’équipe. Là où GOAT – Rêver plus haut montre ses limites, c’est dans sa narration.
Le récit a tendance à s’éparpiller. Certaines idées sont lancées puis rapidement mises de côté. Le personnage principal lui-même semble parfois perdre de l’importance au profit d’autres figures, ce qui peut créer une sensation de déséquilibre. Le film donne l’impression d’avoir beaucoup de choses à raconter sans toujours prendre le temps de les développer. Les matchs, qui devraient être au cœur du film, passent parfois au second plan. Il manque un peu de tension dans ces moments-là. Les enjeux sont présents, mais ils ne sont pas toujours ressentis. Le suspense reste limité, et certaines séquences donnent l’impression d’être jouées d’avance.
C’est dommage, car le sport est justement un excellent terrain pour créer du stress, de l’émotion, du rythme. Le film aborde aussi le monde du sport professionnel avec ses codes, ses règles, et même certains termes spécifiques. Mais tout n’est pas toujours expliqué, ce qui peut perdre une partie du public. Ceux qui connaissent déjà cet univers s’y retrouveront plus facilement, tandis que les autres devront parfois suivre sans vraiment comprendre tous les détails. Malgré ces défauts, il y a une vraie sincérité dans le projet. Le film veut parler de dépassement de soi, de confiance, et de la place de chacun dans un groupe. Il ne cherche pas à être compliqué.
Il avance avec ses idées, parfois de manière un peu brouillonne, mais toujours avec une certaine énergie. Visuellement, le travail reste solide. Les décors sont variés, les ambiances changent régulièrement, et l’ensemble garde une cohérence. Même si tout n’est pas parfaitement maîtrisé, il y a une volonté de proposer quelque chose de différent, de ne pas rester dans un style trop classique. Au final, GOAT – Rêver plus haut est un film d’animation qui fonctionne surtout par son énergie et son message. Il ne révolutionne rien, mais il propose un moment agréable, surtout pour un public jeune. Les adultes y trouveront aussi quelques éléments intéressants, même si l’ensemble manque parfois de profondeur.
Note : 6.5/10. En bref, ce film remplit son rôle : divertir, faire sourire, et rappeler qu’il est toujours possible de viser plus haut, même quand tout semble jouer contre soi.
Sorti le 11 février 2026 au cinéma
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