24 Mars 2026
One Mile: Chapter Two // De Adam Davidson. Avec Ryan Phillippe, Amélie Hoeferle et C. Thomas Howell.
Avec One Mile: Chapter Two, la promesse était simple : prolonger un thriller de survie correct en lui donnant plus d’ampleur. Si l’idée pouvait tenir, ce deuxième volet donne surtout l’impression de répéter ce qui a déjà été fait, sans vraiment aller plus loin. L’histoire reprend presque là où tout aurait dû s’arrêter. Danny, ancien militaire, tente de reconstruire un lien avec sa fille Alex après les événements du premier film. Mais très vite, le scénario remet les compteurs à zéro : nouvel enlèvement, même menace, même objectif. Le père repart à la poursuite d’un groupe isolé dans la nature, dirigé par un chef obsédé par la vengeance.
Danny, un ancien agent des forces spéciales est forcé de regagner une île reculée quand la secte violente, recluse qu'il a affrontée jadis enlève sa fille pour se venger.
Une structure qui rappelle fortement le premier chapitre, sans chercher à la transformer. Dès les premières minutes, le ton est donné. Le film abandonne rapidement ce qui faisait un peu d’intérêt auparavant, à savoir la relation père-fille, pour se concentrer presque uniquement sur l’action. Une action qui, paradoxalement, manque souvent de tension. Les scènes s’enchaînent, mais l’impression de danger reste assez limitée. Le sentiment d’urgence, pourtant essentiel dans ce type de thriller, peine à s’installer. Le principal problème vient du scénario. L’écriture semble fonctionner en boucle : capture, fuite, confrontation, puis retour au point de départ.
Cette mécanique se répète plusieurs fois, au point de donner une impression de remplissage. Certaines séquences paraissent étirées sans réelle justification, comme si le film cherchait surtout à atteindre sa durée plutôt qu’à raconter quelque chose de nouveau. Ce manque de progression impacte directement l’intérêt. Les enjeux sont censés être plus élevés que dans le premier film, mais ils sont moins ressentis. L’histoire n’apporte pas de véritable évolution, ni pour les personnages, ni pour l’univers. Au contraire, elle donne parfois l’impression d’effacer les conséquences du précédent chapitre. Des événements pourtant importants semblent ne laisser aucune trace, ce qui fragilise la crédibilité de l’ensemble.
Le personnage de Danny, incarné par Ryan Phillippe, reste l’un des points forts du film. Il conserve une certaine présence, notamment dans les scènes de traque où il prépare ses pièges ou tente de survivre en terrain hostile. Mais même là, quelque chose manque. Le personnage est moins central qu’avant, comme s’il passait au second plan au profit d’une galerie de personnages secondaires peu développés. Du côté d’Alex, le traitement est encore plus frustrant. Là où le premier film tentait de construire une relation conflictuelle mais humaine, cette suite réduit son rôle. Elle devient davantage un enjeu qu’un personnage, ce qui affaiblit l’émotion globale.
Difficile de s’attacher quand le film ne prend pas le temps de développer ses figures principales. Le méchant, quant à lui, souffre d’un autre problème : il parle beaucoup, agit peu. Ses motivations sont répétées à plusieurs reprises, mais sans réelle évolution. Le film tente d’explorer la communauté dans laquelle il évolue, avec quelques idées sur les conséquences de la violence et la vie en groupe fermé. Mais ces pistes restent superficielles, à peine esquissées avant de revenir à des scènes déjà vues. Visuellement, One Mile: Chapter Two reste dans la continuité du premier. Les décors naturels, notamment les forêts et les paysages isolés, apportent une certaine atmosphère.
Il y a un vrai effort dans l’utilisation des lieux, même si le film tourne souvent dans les mêmes environnements. Cette répétition visuelle renforce d’ailleurs le sentiment de déjà-vu. L’action, pourtant au cœur du film, déçoit régulièrement. En dehors d’une séquence plus marquante située vers le milieu du récit, les affrontements manquent d’impact. Le choix de privilégier des pièges et des confrontations rapprochées aurait pu fonctionner, mais l’exécution reste trop simple. Certaines scènes rappellent presque un jeu du chat et de la souris qui s’étire sans réel enjeu. Le rythme constitue un autre point faible. Avec une durée relativement courte, le film parvient malgré tout à sembler long.
La faute à ces répétitions, mais aussi à des moments qui ralentissent inutilement l’histoire. L’absence de variation dans la narration finit par créer une forme de fatigue. Un autre élément difficile à ignorer concerne la logique globale. Le film demande de faire abstraction de l’incrédulité assez importante du récit, notamment sur la gestion des événements passés. Des crimes majeurs semblent ne pas avoir de conséquences, aucune autorité ne semble intervenir, et les personnages prennent parfois des décisions qui vont à l’encontre du bon sens. Ce genre de détail peut passer dans un film efficace, mais ici, il devient trop visible. Au final, One Mile: Chapter Two ressemble à une suite conçue davantage par obligation que par nécessité.
L’idée d’un diptyque tourné en même temps pouvait être intéressante, mais le résultat donne le sentiment d’un récit étiré artificiellement. Là où un seul film plus resserré aurait pu suffire, cette seconde partie dilue encore un peu plus l’intérêt. Reste un film plus que médiocre et jamais marquant. Quelques éléments fonctionnent, notamment l’engagement de l’acteur principal et certains décors. Mais l’ensemble manque de direction, d’ambition et surtout de renouvellement.
Note : 3.5/10. En bref, One Mile: Chapter Two ressemble à une suite conçue davantage par obligation que par nécessité. L’idée d’un diptyque tourné en même temps pouvait être intéressante, mais le résultat donne le sentiment d’un récit étiré artificiellement.
Prochainement en France en SVOD
Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog