17 Avril 2026
Biscuit le chien fantastique // De Shea Wageman. Avec la voix de Artus, Owen Wilson et Dawson Littman.
Quand on lance un film comme Biscuit le chien fantastique, on s’attend à passer un moment sympa en famille, avec ce qu’il faut de rires et de bons sentiments. Le concept de base tient la route. Un petit chien ordinaire qui se retrouve propulsé dans une épopée de super-héros, ça parle aux gamins et ça permet de glisser deux ou trois leçons de vie au passage. Sauf qu’une fois devant l’écran, l’enthousiasme retombe assez vite. Le film essaie de courir plusieurs lièvres à la fois et finit par se prendre les pieds dans le tapis. Le gros point noir, c’est l’écriture.
Danny et son petit chien Biscuit sont les meilleurs amis du monde. Un jour, une magie mystérieuse donne à Biscuit des pouvoirs incroyables : il peut désormais parler et voler. Dès que quelqu’un a besoin de lui, il met son masque, enfile sa cape et s’élance dans le ciel pour aider : il est devenu un chien fantastique ! Biscuit a désormais deux passions : manger des tacos et sauver le monde. Mais Pudding, le chat du voisin, lui aussi doté de super-pouvoirs, rêve de faire régner les chats sur l’univers. Danny et Biscuit devront prouver qu’ensemble, rien ne peut les arrêter !
On a l’impression que les scénaristes ont jeté des idées dans un mixeur sans vraiment se demander si le mélange aurait du goût. L’histoire avance par à-coups, comme si on avait collé des sketchs les uns après les autres sans lien logique. On nous présente une situation, puis elle disparaît pour laisser place à une autre péripétie qui n’a rien à voir. Forcément, c’est compliqué de se sentir investi. On finit par regarder sa montre en se demandant où tout cela va mener, et la réponse est souvent : nulle part. Ce manque de direction se ressent aussi sur les personnages. Biscuit est mignon, certes, mais il n’a pas vraiment d’épaisseur. On aurait aimé vibrer avec lui, sentir son évolution, mais tout reste en surface.
Sa relation avec son jeune maître, qui aurait dû être le cœur émotionnel du film, est traitée par-dessus la jambe. Les moments de complicité sont trop brefs et arrivent souvent au milieu d’un chaos narratif qui gâche tout. Quant au méchant, un chat dont on ne comprend pas trop les motivations, il manque cruellement de charisme pour faire peur ou même pour être drôle. Pourtant, le film a un message à faire passer, et il est plutôt noble. Il veut nous expliquer qu’on n’a pas besoin de super-pouvoirs pour accomplir de grandes choses. C’est le genre de thématique qui fonctionne toujours bien avec les enfants. Mais là encore, le film se tire une balle dans le pied.
On nous répète que le courage suffit, mais les problèmes sont systématiquement résolus par des capacités hors du commun. Le message devient flou, voire carrément contradictoire, ce qui risque de laisser le jeune public un peu perplexe. Parlons de l’humour, parce que c’est souvent ce qui sauve les meubles dans ce genre de production. Ici, c’est le grand écart. On passe de blagues un peu lourdes qui ne font rire personne à des moments de "malaise" assez étranges. Certains gags tombent à plat de façon spectaculaire, et d’autres semblent carrément décalés par rapport à la cible. On sent que le film cherche son ton, hésitant entre la farce pour les tout-petits et un humour un peu plus corrosif qui ne colle pas du tout avec l’univers visuel.
Le rythme n’aide pas non plus à rester accroché. Le montage est assez chaotique. Certaines scènes s’étirent en longueur sans raison, nous faisant perdre le fil, tandis que des moments clés de l’intrigue sont expédiés en trente secondes. C’est fatigant. On finit par sortir du film mentalement avant même la moitié, malgré une durée qui reste pourtant standard. L’animation, sans être vilaine, ne vient pas relever le niveau. C’est propre, mais c’est plat. Il n’y a pas cette petite étincelle créative ou ces détails visuels qui font qu’on s’immerge dans un monde. On est dans du très classique, pour ne pas dire du générique. Il y a aussi ce choix étrange d’aborder des thèmes assez sombres sans prévenir.
On nous parle de perte ou de peur de vieillir de manière très frontale, puis on repasse à une blague de prout deux minutes après. Ce manque d’équilibre est déstabilisant. La profondeur, c’est bien, mais elle doit être amenée avec un minimum de finesse. Ici, on a l’impression de passer d’une douche froide à un bain bouillant sans transition. Tout n’est pas à jeter pour autant. On sent parfois une pointe de sincérité, surtout dans les quelques séquences calmes entre le chien et le petit garçon. On devine ce que le film aurait pu être s’il avait été plus simple et mieux structuré. Mais à force de vouloir copier les blockbusters de super-héros tout en essayant d’être un film d’auteur pour enfants, il finit par n’être ni l’un ni l’autre.
Dans un paysage cinématographique où l’animation n’a jamais été aussi riche et inventive, cette production fait un peu pâle figure. On en ressort avec l’impression tenace d’un immense gâchis de potentiel. Dommage, car Biscuit méritait sans doute mieux qu’une aventure aussi décousue et superficielle.
Note : 3/10. En bref, Biscuit le chien fantastique est une expérience assez tiède. Ce n’est pas un naufrage total, les enfants les moins exigeants y trouveront peut-être leur compte le temps d’un après-midi pluvieux, mais on est loin de la pépite. C’est un film qui s’oublie sitôt le générique terminé.
Sorti le 4 février 2026 au cinéma
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