Critiques Séries : NCIS: Origins. Saison 2. Episode 15.

Critiques Séries : NCIS: Origins. Saison 2. Episode 15.

NCIS: Origins // Saison 2. Episode 15. Johnny B. Goode.

 

Avec l’épisode 15 de la saison 2 de NCIS: Origins, intitulé « Johnny B. Goode », la série continue de creuser ce qui fait sa force depuis le début : des personnages imparfaits, souvent tiraillés entre leurs émotions et leur devoir. Après un épisode 14 centré sur Gary Callahan et sur l’évolution de Mike Franks, on revient ici à quelque chose de plus humainement fragile, presque inconfortable par moments. Ce quinzième épisode ne cherche pas à en mettre plein la vue. Il s’inscrit plutôt dans la continuité des intrigues précédentes, notamment celles autour de Lala et de Gibbs, tout en ajoutant une nouvelle couche à leur dynamique déjà compliquée.

 

Depuis plusieurs épisodes, la série prend le temps d’explorer Lala autrement qu’à travers son rôle d’agent. Après ce qu’on a vu dans les épisodes précédents, notamment son implication émotionnelle dans certaines affaires, il était logique que cela finisse par la rattraper. Sa relation avec Manny n’avait rien d’anodin. On sentait déjà que cela ne mènerait pas à une issue simple, mais l’épisode ne tombe pas dans la facilité dramatique. Il choisit plutôt de montrer les conséquences, plus que l’événement en lui-même. Ce que j’ai trouvé intéressant, c’est la manière dont Lala interprète ce qui lui arrive. Elle en tire une conclusion assez dure : s’attacher, c’est prendre le risque de souffrir. 

Et même si c’est une réaction compréhensible, elle sonne aussi comme une forme de protection. On sent qu’elle se referme, sans pour autant être totalement convaincue par ce qu’elle affirme. C’est là que la série reste fidèle à elle-même : elle ne tranche pas. Elle laisse ses personnages dans des zones grises. De son côté, Gibbs n’est pas forcément à son avantage dans cet épisode. Et c’est sans doute volontaire. Depuis le début de la saison, on voit bien que ses sentiments pour Lala n’ont jamais vraiment disparu, même s’il essaie de les enfouir. Son attitude face à Manny en dit long. Il agit moins comme un agent rationnel que comme quelqu’un de personnellement impliqué. 

 

Et c’est là que le personnage devient intéressant : il n’est pas toujours juste dans ses décisions, et ses émotions viennent parfois brouiller son jugement. Cela crée une tension assez crédible avec Lala. Elle n’a pas besoin qu’on la protège de cette manière, et encore moins qu’on remette en question ses choix sans chercher à les comprendre. Leur relation avance donc, mais de façon désordonnée, ce qui correspond finalement assez bien à ce que la série construit depuis le début. On retrouve ici une continuité avec les épisodes précédents, notamment le 13 et le 14, où la notion de “famille choisie” était centrale. Sauf qu’ici, cette famille montre aussi ses limites.

Manny est probablement l’un des éléments les plus nuancés de cet épisode. La série ne cherche pas à en faire un cliché. Elle montre plutôt un homme coincé dans une situation qu’il n’a pas vraiment choisie. On comprend assez vite qu’il aurait pu avoir une autre vie. Son attachement à Lala semble sincère, et c’est justement ce qui rend leur histoire un peu triste sans en faire trop. Il n’y a pas de grande tragédie spectaculaire, mais plutôt un sentiment de “ce qui aurait pu être”. C’est un angle que NCIS: Origins utilise régulièrement : montrer que certaines trajectoires ne tiennent pas à grand-chose. Et que parfois, les choix ne sont pas vraiment des choix.

 

Après l’épisode précédent qui mettait en avant une facette plus intime de Mike Franks, celui-ci apparaît ici sous un jour un peu différent. Plus léger, parfois même un peu maladroit dans ses interactions. Sa dynamique avec Swanson apporte une respiration bienvenue. Ce n’est pas central dans l’épisode, mais cela permet de rappeler que ces personnages existent aussi en dehors des enquêtes et des drames. Ce contraste fonctionne plutôt bien, surtout après un épisode 14 plus chargé émotionnellement. Cela participe à l’équilibre global de la saison. Ce que confirme cet épisode 15, c’est que NCIS: Origins ne cherche pas forcément à accélérer son récit. 

Elle préfère installer ses personnages sur la durée, quitte à proposer des épisodes plus calmes ou moins spectaculaires. Ce n’est pas toujours parfait. Certaines décisions de personnages peuvent frustrer, et certaines intrigues semblent parfois étirées. Mais dans l’ensemble, il y a une cohérence dans la manière dont la série évolue. On retrouve des thèmes déjà présents dans les épisodes précédents : l’attachement, la loyauté, les conséquences des choix personnels dans un cadre professionnel. Sauf qu’ici, ils sont traités de manière plus directe, notamment à travers Lala. Je ne dirais pas que cet épisode est un tournant majeur, mais il a le mérite de faire avancer les relations entre les personnages. 

 

Il met en lumière des tensions déjà présentes, sans chercher à les résoudre immédiatement. C’est aussi un épisode qui laisse une impression un peu mélancolique. Pas forcément à cause de ce qui se passe, mais à cause de ce que les personnages en retirent. En reliant cet épisode aux précédents — notamment le 12 sur Mary Jo, le 13 avec Ducky et le 14 autour de Gary — on voit bien que la saison 2 construit quelque chose de progressif. Chaque épisode ajoute une pièce, sans forcément chercher à impressionner. Et c’est peut-être ça qui fonctionne le mieux ici : une série qui accepte de prendre son temps, même quand ses personnages font des erreurs.

 

Note : 6/10. En bref, en reliant cet épisode aux précédents on voit bien que la saison 2 construit quelque chose de progressif. Chaque épisode ajoute une pièce, sans forcément chercher à impressionner. Et c’est peut-être ça qui fonctionne le mieux ici : une série qui accepte de prendre son temps, même quand ses personnages font des erreurs.

Prochainement en France

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
delromainzika

Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog

Commenter cet article