20 Avril 2026
La guerre des mafias // De Scott Windhauser. Avec Tom Welling, Cam Gigandet et Desiree Hall.
La guerre des mafias n'est pas juste un mauvais film de gangsters, c'est presque un cas d’école sur tout ce qu’il ne faut pas faire quand on veut filmer des types en costard qui se tirent dessus. Si vous cherchez un polar nerveux, passez votre chemin. L'histoire nous présente Terry Jacobs. Le gars sort de prison et se retrouve tout de suite embarqué dans une infiltration périlleuse au cœur de la mafia italienne. Dit comme ça, ça sent le classique efficace. Mais dès les premières minutes, on sent que le moteur broute. Le scénario donne l’impression d’avoir été écrit un dimanche soir après une longue journée, sans aucune relecture. En même temps, c’est une sorte de tradition chez Saban Films.
Terry est libéré plus tôt que prévu de prisonn. Il doit infiltrer la Cosa Nostra en Italie pour démanteler le réseau. Le premier jour, les six membres de son unité sont éliminés. Terry va passer toute une journée avec un tueur psychopathe qui sait peut-être qu'il travaille pour la police.
Les motivations des personnages sont totalement floues. On ne comprend jamais vraiment pourquoi ils font ce qu’ils font, et le pire, c’est que le film n'a pas l'air de s'en soucier. Les scènes s'enchaînent sans logique, comme si on avait mélangé les pages du script avant de lancer la caméra. En parlant de logique, le film fait des choix qui laissent perplexe. On assiste à des situations lunaires où le réalisme est aux abonnés absents. Imaginez un type qui sort un flingue en plein milieu d'une foule et personne ne bronche. Ou mieux, notre héros qui devient un sniper d'élite pour une scène avant de devenir incapable de viser une cible à deux mètres la minute suivante. Ces incohérences tuent le suspense dans l’œuf.
Difficile de trembler pour un personnage quand les règles du monde dans lequel il évolue changent toutes les cinq minutes selon les besoins d'une mise en scène paresseuse. Le constat est tout aussi triste du côté des personnages. Terry Jacobs, censé être notre ancrage émotionnel, est une coquille vide. On ne sait rien de lui, on ne ressent rien pour lui. Il traverse le film avec une expression constante d'ennui, et on finit par partager son sentiment. En face, le grand méchant nommé Griff est le cliché sur pattes du mafieux de série Z. Il fronce les sourcils, balance des menaces génériques et s'arrête là. Il n'est jamais effrayant, juste un peu fatigant. Quant aux rôles secondaires, ils font office de mobilier.
Ils entrent, sortent, disparaissent, et on oublie leur existence avant même que le générique ne commence. Visuellement, le gâchis continue. Le film se passe en Italie, un pays qui offre normalement des décors incroyables. Pourtant, à l’écran, tout semble terne et plat. On pourrait être n’importe où ailleurs que ça ne changerait rien. La réalisation est plate, sans aucune idée de génie ou même un simple effort de composition. Le montage est haché, avec des transitions tellement abruptes qu’on se demande s’il ne manque pas des bouts de pellicule. Même l'action, qui devrait être le cœur du spectacle, tombe à plat. Les bagarres sont mal chorégraphiées et les poursuites n’ont aucune nervosité. On regarde ça d'un œil distrait, en attendant que ça se termine.
Le casting aurait pu sauver les meubles, car Tom Welling et Cam Gigandet ne sont pas des débutants. Mais là, on sent qu’ils ont baissé les bras. Tom Welling a l'air de se demander ce qu'il fait là, livrant une performance totalement monocorde. Cam Gigandet essaie de mettre un peu d'énergie, mais avec des dialogues aussi pauvres, il ne peut pas faire de miracles. On sent que les acteurs font le job pour le chèque, sans aucune conviction. Les dialogues sont d'ailleurs un vrai problème : c'est lourd, pas naturel pour un sou, et ça enfonce des portes ouvertes en permanence. Le film se termine finalement comme il a commencé : sans éclat. La fin arrive d'un coup, sans que la tension soit montée d'un cran.
On n'a pas de résolution satisfaisante, juste l'impression que l'équipe technique était pressée de rentrer à la maison. C’est sans doute le sentiment le plus fort que laisse La guerre des mafias : un profond désintérêt. Pour résumer, ce film est une accumulation d'erreurs assez fascinante. Il ne réussit ni à être un bon divertissement, ni à être un polar sérieux, ni même à être un nanar sympa à regarder entre amis. C'est juste un long métrage vide de sens et d'émotion qui nous rappelle que pour faire un bon film de gangsters, il ne suffit pas d'avoir des flingues et des accents italiens de pacotille. Il faut une âme, une vision et au moins un peu de respect pour le spectateur. Ici, on n'a rien de tout ça. Si vous avez deux heures à perdre, regardez plutôt un vieux classique du genre, votre temps sera bien mieux investi.
Note : 0/10. En bref, ce film est une accumulation d'erreurs assez fascinante. Il ne réussit ni à être un bon divertissement, ni à être un polar sérieux, ni même à être un nanar sympa à regarder entre amis. C'est juste un long métrage vide de sens et d'émotion qui nous rappelle que pour faire un bon film de gangsters, il ne suffit pas d'avoir des flingues et des accents italiens de pacotille.
Sorti le 26 février 2025 directement sur Amazon Prime Video
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