19 Avril 2026
Vengeance // De Rodrigo Valdés. Avec Omar Chaparro, Alejandro Speitzer, Paola Nuñez et Natalia Solián.
Le cinéma mexicain tente une percée dans l’action pure avec Vengeance, un thriller qui débarque sur nos écrans avec une promesse simple : du sang, des larmes et beaucoup de douilles percutées. Si vous cherchez un film pour débrancher le cerveau après une journée de boulot, ça fait le job. Mais si vous espériez un renouveau du genre, repassez plus tard. Le pitch ? C’est du classique de chez classique. Carlos Estrada, un ancien des forces spéciales, voit sa vie basculer quand sa femme est butée de sang-froid. Pas besoin de vous faire un dessin : le type n'est pas du genre à remplir des formulaires administratifs.
Quand sa femme est brutalement assassinée, Carlos Estrada, héros décoré des forces spéciales, n'a plus qu'un seul but : la vengeance. Après qu'un coup du sort inattendu le rend millionnaire, Carlos transforme sa fortune en arsenal et, entouré de ses soldats les plus fidèles, lance une traque impitoyable contre les responsables.
Il prend ses flingues et part faire le ménage. Omar Chaparro campe un héros monolithique, dévoré par une rage qu’on a déjà croisée mille fois chez John Wick ou Frank Castle. Là où le film essaie de se démarquer, c’est par un twist financier : Carlos hérite d'un pactole monumental. On aurait pu imaginer une traque high-tech ou une réflexion sur le prix de la justice, mais non. Cet argent sert juste à acheter du matos plus lourd et à payer ses potes militaires pour venir l'aider. C’est un peu dommage, l’idée aurait pu donner un vrai relief au récit au lieu de servir de simple carte bancaire illimitée pour le scénario. Côté baston, par contre, on en a pour notre argent. Les combats sont secs, nerveux et surtout lisibles.
On évite la caméra tremblotante qui donne la nausée, et ça, ça fait du bien. Il y a une séquence dans un hôtel qui sort vraiment du lot, où les objets du quotidien deviennent des armes improvisées. C’est inventif, brutal et ça donne un peu de piment à un ensemble qui reste sinon très scolaire. La photo est sombre, parfois un peu trop (on plisse les yeux dans certaines scènes de nuit), mais elle colle bien à l’ambiance poisseuse du cartel. Le vrai point noir, c’est le manque total d’humour ou de recul. Le film se prend au sérieux comme s’il réinventait la roue. Pas un sourire, pas une réplique qui claque, rien. À force de vouloir jouer la carte du drame sombre et pesant, le film devient monotone.
On ne s’attache pas vraiment à Carlos parce qu’il ressemble plus à un robot programmé pour tuer qu’à un homme brisé. Ses acolytes ? Des fantômes. Les méchants ? Des cibles en carton-pâte sans charisme. L’intrigue avance sur des rails, sans jamais dévier. On sent venir chaque trahison et chaque fusillade à des kilomètres. Le film effleure des sujets intéressants comme la corruption au sein de l’armée mexicaine, mais il préfère vite retourner aux explosions plutôt que de creuser le sujet. C’est un choix, mais ça rend l’univers très artificiel, presque déconnecté du monde réel. Au final, Vengeance est un produit de consommation immédiate.
C’est bien foutu techniquement, ça bouge bien, mais ça ne laisse absolument aucune trace une fois le générique terminé. C’est le genre de film qu’on lance sur une plateforme un dimanche soir parce que l’affiche est sympa, qu’on regarde jusqu'au bout sans déplaisir, mais qu’on oublie avant même d’avoir éteint la télé.
Note : 4.5/10. En bref, un thriller efficace qui coche toutes les cases du cahier des charges, mais qui manque cruellement d’âme et de personnalité. C’est propre, c’est carré, mais c’est terriblement générique.
Sorti le 17 avril 2026 directement sur Amazon Prime Video
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