24 Avril 2026
J’avais pas mal d'attentes concernant Mint. Sur le papier, le projet tenait la route : des familles qui se détestent, une histoire d’amour impossible et une réalisation qui se voulait moderne. Tous les codes du drame criminel contemporain étaient là. Pourtant, après avoir enchaîné les huit épisodes de cette première saison, le résultat est malheureusement assez décevant. Globalement, la série souffre d’un gros problème de rythme et ne parvient jamais vraiment à nous accrocher. Le point de départ est pourtant classique mais efficace. On suit deux clans rivaux plongés dans le crime organisé. Au milieu de ce chaos, Shannon et Arran tombent amoureux.
Naïve et farouchement romantique, Shannon est la fille de la famille mafieuse qui règne sur le quartier. Elle cherche désespérément l'amour dans l'ombre de son père gangster, Dylan, de sa mère dévouée, Cat, de son frère aîné Luke et de l'indomptable matriarche de la famille, sa grand-mère Ollie. Jusqu'ici protégée de la violence de "l'entreprise familiale", la jeune femme voit les choses bouleversées avec l'arrivée d'Arran...
Évidemment, leur relation devient vite compliquée à cause de leur entourage respectif. Le souci, ce n’est pas cette base de scénario, c’est la manière dont elle est racontée. On a une impression de déjà-vu permanente. La série reprend des mécaniques qu’on a vues mille fois ailleurs, sans jamais essayer d’y apporter un souffle nouveau ou une petite touche d’originalité qui ferait la différence. Le plus gros défaut de Mint, c’est sans doute sa narration. Les épisodes défilent, mais la tension ne monte jamais. Dans ce genre de fiction, on attend du suspense, des enjeux qui nous tiennent en haleine ou des rebondissements qui nous poussent à lancer l'épisode suivant.
Ici, on se retrouve face à des scènes interminables et des silences qui n’en finissent plus. Cette lenteur aurait pu être un choix artistique intéressant si elle servait à construire une ambiance pesante ou à approfondir la psychologie des personnages, mais ce n'est pas le cas. On finit juste par s’ennuyer devant son écran. Le duo principal ne rattrape pas vraiment le coup. Leur relation est censée être le cœur de l’intrigue, le moteur de tout ce qui se passe, mais elle manque cruellement de profondeur. Les dialogues entre Shannon et Arran restent très basiques, presque superficiels.
On a du mal à croire à leur passion ou à s'attacher à eux. Leur histoire avance de façon linéaire, sans vraies étapes marquantes, comme si les scénaristes avaient posé le décor sans jamais oser entrer dans le vif du sujet. À côté de ça, l’aspect polar est tout aussi flou. On ne comprend pas vraiment ce que font ces familles criminelles au quotidien. Leurs motivations sont vagues, leurs rivalités manquent de concret. On a l'impression que le crime n'est qu'un simple prétexte, un décor joli mais vide, plutôt qu'un véritable moteur pour l'histoire. C’est dommage, car cela enlève tout le poids dramatique aux actions des personnages. La série essaie pourtant de compenser ses faiblesses par une esthétique très travaillée.
La mise en scène mise tout sur le visuel : des ralentis à n'en plus finir, des cadrages originaux et une ambiance qui frôle parfois le rêve. C’est beau, c’est indéniable. Mais le problème, c’est que ce style devient vite fatigant. On a parfois l'impression que la forme prend le pas sur le fond. Certaines séquences semblent être là uniquement pour faire joli sur l'image, sans rien apporter au récit. À force de vouloir faire du grand art visuel, la série oublie de raconter une histoire solide. Ce déséquilibre entre l’image et le scénario se ressent partout. Les moments clés, ceux qui devraient nous scotcher à notre siège, passent presque inaperçus. Ils sont noyés dans une mise en scène trop chargée qui semble vouloir cacher un manque de substance.
Même les personnages secondaires, qui auraient pu apporter un peu de relief, restent au second plan. On ne sait pas trop qui ils sont ni ce qu'ils veulent vraiment. Ils gravitent autour du couple principal sans jamais avoir l'occasion d'exister par eux-mêmes. Pourtant, Mint aborde des thèmes qui auraient pu être passionnants. Le poids de l’héritage familial, la soif de pouvoir ou le prix de la loyauté sont des sujets forts. Mais là encore, la série ne fait que les effleurer. On reste en surface, sans jamais creuser ce qui fait mal ou ce qui dérange. Au fur et à mesure que la saison avance, une certaine lassitude s'installe. Le rythme est tellement irrégulier qu'on finit par perdre le fil.
Huit épisodes pour une telle intrigue, c’est long, surtout quand on a l’impression que chaque scène est étirée au maximum pour remplir le temps. Même le final, qui devrait théoriquement nous laisser sur un gros suspense pour la suite, tombe un peu à plat. Les événements se concluent sans faire d’étincelles, et je termine le visionnage sans avoir de réelles réponses ni une envie folle de voir une éventuelle saison 2.
Note : 3/10. En bref, cette première saison de Mint montre surtout les limites d’un projet qui a privilégié l’apparence au détriment de l'écriture. Vouloir proposer une œuvre visuellement marquante est une bonne intention, mais cela ne remplace pas une intrigue rythmée et des personnages bien écrits. On finit par rester à distance de cette histoire, avec le sentiment persistant d’avoir vu un beau catalogue d’images qui ne raconte finalement pas grand-chose. C'est une expérience qui tourne un peu à vide et qui laisse un sentiment de potentiel gâché.
Prochainement en France
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