24 Avril 2026
The Rule of Jenny Pen // De James Ashcroft. Avec John Lithgow, Geoffrey Rush et Nathaniel Lees.
On va être direct : regarder The Rule of Jenny Pen, c'est s'infliger une heure et demie d'inconfort pur. Le film nous parachute dans une maison de retraite néo-zélandaise, un endroit censé être paisible qui devient ici une véritable souricière. L’idée de base est géniale parce qu’elle touche à une peur universelle : finir enfermé dans un corps qui lâche, à la merci de gens qui ne vous veulent pas du bien. Le personnage principal, un ancien juge incarné par Geoffrey Rush, se retrouve coincé là-bas après un AVC. Le type était une figure d’autorité, il finit en pyjama, incapable de bouger correctement. Et c’est là que le cauchemar commence vraiment.
Confiné dans une maison de retraite isolée après avoir été frappé par un AVC, un juge doit faire face à un pensionnaire tortionnaire. Celui-ci ne se sépare jamais de Jenny Pen, une poupée avec laquelle il instaure un règne de terreur sadique et absolu.
Un autre résident, joué par un John Lithgow absolument flippant, s’amuse à torturer les vieux du service avec une marionnette nommée Jenny Pen. C’est absurde, c’est malsain, et ça marche d’autant mieux que personne ne semble s'en rendre compte à part le juge. Le film ne fait aucun cadeau sur la réalité de la vieillesse. On se mange des scènes de dépendance et d'humiliation assez rudes. On n'est pas dans le pathos gratuit, mais dans une mise en avant brutale de ce que signifie perdre sa dignité. Le décor de la maison de retraite est utilisé comme une double cellule : les murs de l’institut et les limites physiques des persos.
Quand le danger approche et que tu ne peux même pas te lever de ton fauteuil pour fuir, la tension devient vite insoutenable. Niveau jeu d'acteur, c'est le haut du panier. Geoffrey Rush fait passer énormément de choses par le regard et la frustration d'un homme qui veut agir mais ne peut pas. En face, John Lithgow est génial en prédateur silencieux. Il n'en fait pas des caisses, il n'a pas besoin de hurler. Sa simple présence dans un couloir sombre avec sa poupée suffit à foutre les boules. C'est ce duel psychologique qui tient le film sur ses rails. Par contre, tout n'est pas parfait. Le film a un gros problème de rythme dans sa deuxième moitié. On comprend vite le topo, et ensuite le scénario a tendance à piétiner.
On revoit un peu les mêmes situations de harcèlement, et l'intrigue finit par stagner un peu trop longtemps. En gros, il y a des longueurs qui cassent l'impact de la première partie. On aurait aimé que le film soit un peu plus nerveux ou qu'il s'arrête vingt minutes plus tôt. Il y a aussi ce côté frustrant avec le personnage de Lithgow. On ne sait jamais vraiment pourquoi il fait ça, ni quel est son délire profond avec sa marionnette. Le mystère, c'est bien, mais là on reste un peu trop sur le bord de la route. On finit par se demander si le réalisateur savait vraiment où il voulait aller avec ce concept de Jenny Pen, ou s'il s'est juste dit que c'était une image forte pour l'affiche. Visuellement, c'est très sobre, peut-être même trop.
On est sur une réalisation classique, sans vraies prises de risque. C’est propre, mais ça manque d’une patte visuelle qui aurait pu rendre l'ambiance encore plus cauchemardesque. On reste sur un thriller efficace mais qui ne révolutionne pas la mise en scène.
Note : 6/10. En bref, The Rule of Jenny Pen est un film singulier qui vaut le coup d'œil, surtout pour son duo d'acteurs et son cadre hyper original. C’est sombre, ça parle d’isolement et de maltraitance d’une manière qu’on ne voit jamais au cinéma. C’est loin d’être un chef-d’œuvre à cause de ses chutes de rythme et de ses zones d'ombre un peu floues, mais ça reste une proposition couillue qui change des thrillers formatés qu’on se bouffe à longueur d'année.
Sorti le 24 avril 2026 directement sur Shadowz
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