Missed Call (Mini-series, 5 épisodes) : un thriller franco-britannique qui finit par tourner en rond

Missed Call (Mini-series, 5 épisodes) : un thriller franco-britannique qui finit par tourner en rond

La France a la cote auprès des productions anglophones en ce moment, c’est indéniable. Entre Vanished qui a posé ses caméras à Marseille ou The Last Thing He Told Me qui y a fait un détour remarqué, le décor français séduit. Même la prestigieuse série The White Lotus a prévu d’aller explorer la Côte d’Azur prochainement et le tournage vient de débuter. C’est dans cette tendance que débarque Missed Call, mais avec un choix plus intimiste : un village paumé et isolé. Pour ancrer le tout, on retrouve des visages bien connus chez nous, comme Claire Keim et François-Xavier Demaison, ce qui crée un pont solide entre les deux cultures.

 

Après la disparition de sa fille lors d'un échange scolaire, une mère anglaise se rend dans une belle ville française pour la retrouver, découvrant de sombres secrets que les habitants préféreraient garder enterrés.

 

L’intrigue démarre fort avec une situation qui parle à tout le monde. Une ado britannique disparaît pendant un voyage scolaire en France. Sa mère, Sarah, jouée par Joanna Scanlan, se réveille avec un appel manqué en pleine nuit. C’est le début d’une angoisse qui ne va plus lâcher le récit. Ce point de départ est hyper efficace car il repose sur une peur viscérale et très concrète. Au début, on peut être surpris par l'intensité de Sarah. Elle semble presque trop à cran dès les premières minutes. Mais l’impression change vite quand on voit l'accumulation de signaux d’alarme : personne ne répond, les infos sont contradictoires, et les adultes sur place ont l'air de s'en foutre royalement. 

 

Très vite, son comportement devient compréhensible, même si la série décide de la pousser dans ses derniers retranchements. Le cœur du sujet, c’est cette mère qui refuse de rester les bras croisés. Elle débarque en France et se cogne à un environnement qu’elle ne capte pas. Entre la barrière de la langue, les différences culturelles et la froideur des locaux, elle est totalement isolée. La série joue énormément sur cette sensation que la disparition de sa fille n’intéresse finalement pas grand monde. Pendant les cinq épisodes, les pistes se multiplient. Les copains de classe, la famille d’accueil, les profs ou les gens du village : tout le monde a l’air d’avoir un truc à cacher. 

 

Le récit entretient le doute avec pas mal de zones d’ombre, et ça marche plutôt bien quand certaines révélations viennent briser l’image qu’on avait des personnages au départ. Un aspect vraiment intéressant, c’est la manière dont la perception de la jeune fille évolue. À travers les témoignages, on découvre une gamine bien différente de celle que sa mère imaginait. Ce n'est plus juste une enquête classique, ça devient une vraie remise en question de la relation parent-enfant et des secrets qu'on garde. Malgré ces bonnes idées, la série a du mal à garder le rythme. L’intrigue avance lentement, parfois trop. Certaines scènes donnent l’impression de bégayer et de répéter les mêmes dialogues sans que ça ne fasse bouger les lignes. 

 

Pour une mini-série de cinq épisodes, ce manque de punch peut finir par lasser. Le personnage de Sarah finit aussi par poser problème. Elle est partout, tout le temps. Son côté ultra-intrusif la place au centre de chaque scène, ce qui rend certaines situations peu crédibles. À force de vouloir tout gérer elle-même, elle devient parfois difficile à suivre pour le spectateur. Niveau casting, c’est un peu inégal. Claire Keim est très juste en enquêtrice, avec un côté posé qui calme le jeu face à l’énergie nerveuse de Sarah. D'autres rôles, par contre, restent trop en surface et ne sont pas assez exploités, ce qui crée un déséquilibre sur l’ensemble. L’ambiance mise sur une tension diffuse, mais ça ne suffit pas toujours à masquer les longueurs. 

 

La réalisation reste classique, sans chercher à nous mettre une claque visuelle, même si les décors naturels sont bien utilisés. Plus on avance, plus l’intérêt s’émousse un peu. L’idée de base est top, mais le développement donne l’impression d’avoir été étiré au maximum. Les rebondissements arrivent parfois un peu tard, ce qui gâche leur effet. On aurait aimé quelque chose de plus resserré pour garder la tension intacte jusqu’au bout. La fin tente de boucler la boucle. Sans spoiler, elle propose une résolution qui peut surprendre, mais qui ne rattrape pas totalement les moments de mou. Le voyage reste en dents de scie.

 

Note : 4.5/10. En bref, Missed Call a un concept solide, un cadre sympa et un casting mixte intéressant. Mais l’exécution laisse un goût d’inachevé. Le rythme trop lent et le côté envahissant de l’héroïne font que l’intérêt du début s’évapore petit à petit. On a du mal à rester à fond dedans jusqu’à la dernière minute, et c’est dommage car le potentiel était là.

Prochainement sur France Télévisions

 

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