Scarpetta (Saison 1, épisodes 7 et 8) : fin de saison

Scarpetta (Saison 1, épisodes 7 et 8) : fin de saison

On arrive au bout de cette première saison de Scarpetta avec les épisodes 7 et 8, et je dois avouer que je reste un peu sur ma faim. Après des semaines à grimper une montagne de mystères, la redescente est un peu brutale. On sent que la production a voulu boucler les boucles, mais les fils s'emmêlent un peu trop pour offrir une fin vraiment satisfaisante. Le gros morceau de l'épisode 7, c'est évidemment la révélation du fameux secret qui lie Kay Scarpetta et Marino. Depuis le pilote, on nous vend ce mystère comme un truc énorme, presque insoutenable. 

 

Résultat ? C’est un peu le soufflé qui retombe. Apprendre que Kay a tué un homme en légitime défense, c'est certes un traumatisme, mais la série en a fait des tonnes pour pas grand-chose. On s’attendait à un truc moralement plus complexe, à une zone grise qui nous ferait douter de l’héroïne. Là, le décalage entre la tension accumulée et la réalité des faits rend la mise en scène presque artificielle. C'est un souci récurrent cette saison : on gonfle les enjeux pour créer du suspense, mais le scénario ne suit pas toujours derrière. Heureusement, les flashbacks sauvent encore une fois la mise. L’enquête sur le tueur qui cible les gens via les appels d’urgence fonctionne vraiment bien. 

Cette idée d’un prédateur attiré par les voix plutôt que par le physique apporte une noirceur originale. La confrontation chez le suspect est d'ailleurs l'un des moments les plus prenants de ces deux derniers épisodes. C’est nerveux, violent, et on sent enfin un vrai danger. Par contre, le choix de Marino de maquiller la scène de crime en tirant sur le corps après coup semble surtout là pour forcer le côté "drama". On comprend l'idée de créer un pacte de sang entre lui et Kay, mais c’est une pirouette narrative qui manque de naturel. Pendant que le passé nous tient en haleine, le présent patine. Les histoires de Gwen et Cammie s’étirent en longueur sans jamais vraiment nous passionner. 

 

Idem pour les galères pro de Kay. À vouloir traiter de front l'enquête, la politique institutionnelle et les drames familiaux, la série finit par se disperser. Le lien entre Kay et Lucy, qui devrait être le cœur émotionnel du show, manque encore de racines solides. On sent que les scénaristes essaient d'approfondir leur relation, mais comme les bases n'ont pas été assez bossées au début, on regarde ça d'un œil un peu lointain. L'épisode 8, qui conclut le tout, souffre d'un syndrome bien connu des séries modernes : la précipitation. On nous balance l’identité du coupable actuel dans les dernières minutes. 

Certes, l'effet de surprise est là, mais il n'y a aucun poids émotionnel parce que le personnage en question était quasi invisible jusque-là. C’est un peu facile de sortir un suspect du chapeau sans avoir semé de vrais indices au préalable. Côté cœur, c’est pas non plus la joie. La rupture ou en tout cas la tension extrême entre Kay et Benton arrive comme un cheveu sur la soupe. Leur confrontation est censée être un tournant majeur, mais le spectateur est un peu largué car leur relation n'a jamais été assez développée pour qu'on se sente investi par ce clash. On a l'impression de rater des épisodes ou des morceaux de conversations indispensables pour comprendre pourquoi tout explose maintenant.

 

Marino reste peut-être le personnage le plus cohérent dans ce final. On comprend enfin mieux son attachement à Kay. Son choix de la couvrir dans le passé prend tout son sens ici, même si la série évite de trop creuser les conséquences psychologiques de ce mensonge sur trente ans. C'est dommage, il y avait là une mine d'or pour explorer la culpabilité et la loyauté. Ce qui m'agace le plus, c'est le côté inachevé de certaines pistes. On nous a balancé des histoires d’expériences scientifiques et de manipulations louches en arrière-plan, mais tout ça reste en suspens. On sent trop l'envie de préparer une saison 2 plutôt que de finir correctement la première. 

Un premier arc narratif devrait se suffire à lui-même, même s'il laisse des portes ouvertes. Ici, on a juste l'impression que le travail n'est pas fini. Au final, cette première saison de Scarpetta souffle le chaud et le froid. Il y a de superbes moments de tension, une esthétique soignée et des passages dans le passé vraiment réussis. Mais l'équilibre entre le polar pur, le mélo familial et le complot global est trop fragile. La série se cherche encore et finit par rendre une copie un peu brouillonne. C’est dommage, car le potentiel est là, mais l'exécution manque de la précision chirurgicale qu'on attend d'une héroïne comme Kay Scarpetta. Une saison intéressante, mais qui reste trop irrégulière pour vraiment marquer les esprits.

 

Note : 6/10. En bref, ce final de saison souffle le chaud et le froid avec une enquête dans le passé très réussie, mais une timeline contemporaine qui s'éparpille et manque de poids émotionnel. Entre révélations un peu décevantes et résolution précipitée, la série livre une conclusion mitigée qui semble plus occupée à préparer la suite qu'à boucler efficacement ses intrigues.

Disponible sur Amazon Prime Video

Amazon a déjà renouvelé Scarpetta pour une saison 2. 

 

  • Titre SEO : Scarpetta Saison 1 : Un final entre révélations décevantes et tension inégale
  • Slug : critique-scarpetta-saison-1-final-episodes-7-8
  • Meta-description : La saison 1 de Scarpetta s'achève sur Prime Video. Entre le secret de Kay et Marino et une conclusion précipitée, découvrez mon avis sur ce final mitigé.

 

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