The Miniature Wife (Saison 1, 10 épisodes) : entre satire conjugale et dérive narrative

The Miniature Wife (Saison 1, 10 épisodes) : entre satire conjugale et dérive narrative

Le pitch de The Miniature Wife ressemble à une blague de science-fiction un peu datée mais qui semble avoir le vent en poupe ces derniers temps (on a bien eu L’homme qui rétrécit avec Jean Dujardin au cinéma l’an dernier) : un mari scientifique, Les, finit par rétrécir sa femme, Lindy, à la taille d'une petite figurine. Mais dès qu’on dépasse l'effet de surprise, la série nous plonge dans une analyse assez brute de la vie à deux. On n'est pas dans une comédie légère, mais plutôt dans le portrait d'un mariage qui part en morceaux, là où le fantastique sert juste de microscope pour observer les dégâts. 

 

Les et Lindy tentent désespérément de sauver leur mariage… mais un imprévu vient tout compliquer : Les a accidentellement rétréci Lindy à quinze centimètres. Une situation absurde et vertigineuse qui donne une dimension inattendue à ce drame intime.

 

Lindy est une auteure qui ne parvient plus à écrire, tandis que Les est persuadé d'être un génie que personne ne comprend. Avant même que l'accident n'arrive, leur relation était déjà bien mal en point. Ce changement de taille ne crée pas vraiment de nouveaux problèmes, il ne fait que rendre visible ce qui clochait déjà. Lindy devient physiquement minuscule, illustrant parfaitement la place qu'elle occupait déjà dans l'ego de son mari. Au début, la série s'amuse un peu avec les galères du quotidien. Traverser un tapis devient une expédition dans une jungle et un simple chat se transforme en prédateur terrifiant. C'est bien fait visuellement et ça donne un côté étrange au récit. 

 

Mais très vite, l'ambiance devient plus étouffante. On se retrouve coincés dans cette maison avec une femme qui perd toute son autonomie et un homme qui, en essayant de réparer sa gaffe, se transforme en gardien de prison malgré lui. C'est là que l'histoire devient intéressante : elle montre comment l'équilibre du pouvoir peut basculer totalement entre deux personnes. L'un des bons points de la série, c'est qu'elle évite de tomber dans le piège des personnages tout noirs ou tout blancs. Les n'est pas un méchant de film, c'est juste un type terriblement égocentrique qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez. Lindy n'est pas non plus une victime parfaite ; on découvre ses propres rancœurs et ses petites mesquineries. 

 

Ce côté très humain rend leurs disputes crédibles, même si l'un des deux tient dans la paume de la main de l'autre. Le problème, c'est que la saison traîne un peu en longueur. Dix épisodes, c'est long pour une idée comme celle-là. Pour combler le vide, la narration part parfois dans tous les sens. On nous montre des scènes sur la carrière de Lindy ou les collègues de Les qui n'apportent pas grand-chose à l'intrigue principale. Ces moments-là cassent le rythme et on a souvent hâte de revenir dans le salon pour voir comment le duo s'en sort. Même le personnage de leur fille, Lulu, semble un peu survolé, comme si les scénaristes ne savaient pas trop quoi faire d'elle sur la durée.

 

Pourtant, malgré ces passages à vide, on reste accroché grâce aux acteurs. Celle qui joue Lindy réussit à faire passer une colère et une fatigue incroyables, même quand elle doit jouer face à des objets géants en plastique. De son côté, Les est agaçant à souhait, ce qui prouve que l'acteur fait bien son boulot. Leur face-à-face est le vrai moteur de la série, et c'est ce qui sauve les épisodes un peu plus mous du milieu de saison. Esthétiquement, le résultat est convaincant. On sent bien le contraste entre la maison qui semble normale et le monde dangereux dans lequel vit Lindy. Chaque objet de tous les jours devient une menace potentielle, ce qui renforce cette impression d'insécurité permanente.

 

Note : 6/10. En bref, The Miniature Wife est une série qui utilise un concept un peu fou pour parler de choses très banales : l'ambition, la jalousie et la difficulté de rester soi-même quand on vit avec quelqu'un d'autre. Même si le récit s'éparpille par moments, il pose une question qui reste en tête : une fois qu'on a été réduit à presque rien par la personne qu'on aime, est-ce qu'on peut vraiment redevenir la même personne ? La fin de saison ne donne pas de réponse facile et c'est sans doute ce qu'il y a de plus réussi dans cette histoire.

Prochainement en France

 

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