26 Mai 2026
Not Without Hope // De Joe Carnahan. Avec Zachary Levi, Josh Duhamel et Quentin Plair.
Not Without Hope fait partie de ces projets qui partent avec un ticket gagnant en poche : une histoire vraie tellement dingue qu’on imagine mal comment le film pourrait se rater. On repart en 2009, lors d'une sortie de pêche entre quatre potes qui vire au cauchemar absolu. C’est le pitch parfait pour un survival qui vous prend aux tripes. Pourtant, une fois devant l'écran, l’enthousiasme redescend assez vite. On se retrouve face à un résultat qui souffle le chaud et le froid, sans jamais vraiment nous embarquer pour de bon. Le début du film suit le manuel du genre à la lettre.
L'histoire vraie de Nick Schuyler et trois de ses amis, victimes d'un naufrage en pleine tempête lors d'une partie de pêche dans le Golfe du Mexique le 1er mars 2009. Durant plusieurs heures, ils affronteront ensemble la peur, l'hypothermie, la faim, la soif et les vagues.
L’ambiance est plutôt classique : la bande de potes, l’océan à perte de vue, une météo qui commence à faire la tête et ces petits signaux d'alerte que tout le monde ignore royalement. Forcément, l'accident arrive. Le bateau se retourne et, d'un coup, on est plongés dans le vide. Le film fait alors le pari de nous enfermer dans ce décor unique : l’eau, partout. C’est un choix qui aurait pu être ultra oppressant. Par moments, ça marche, on ressent ce vertige face à l'immensité bleue. Mais le problème, c'est que ça ne dure pas. Le vrai caillou dans la chaussure, c'est le rythme. Le film dure plus de deux heures, et franchement, ça se sent. On tourne vite en rond.
Comme le scénario ne propose pas de rebondissements majeurs (après tout, ils dérivent, ils attendent, ils s'épuisent), on finit par avoir une impression de répétition assez lassante. On regarde sa montre en se disant qu'avec trente minutes de moins, l'impact aurait été multiplié par dix. En étirant son récit, le réalisateur finit par diluer la tension qu'il essayait de construire. Alors attention, tout n'est pas noir. Visuellement, il y a de jolies choses. La mise en scène s'efforce de nous mettre la tête sous l'eau. Le travail sur le son est plutôt réussi : on entend le craquement des structures, le sifflement du vent, et on finit par ressentir un peu de ce froid qui paralyse les personnages.
La mer est filmée comme un prédateur silencieux, imprévisible, et c’est sans doute là que le film est le plus honnête. On capte cette fragilité humaine face à des éléments qui se fichent pas mal de votre survie. Malheureusement, dès que les personnages ouvrent la bouche, le charme est rompu. L’écriture est sans doute le point le plus faible ici. Les dialogues tombent souvent à plat, quand ils ne sont pas carrément à côté de la plaque. Dans des scènes censées nous arracher une larme ou nous faire trembler, on se surprend à décrocher parce que les répliques sonnent faux. C’est frustrant, parce qu’un sujet aussi grave demandait de la sobriété et de la justesse, pas des phrases toutes faites qui semblent sortir d'un mauvais téléfilm.
Le film tente aussi de jongler entre trois décors : les naufragés, les secours qui s'organisent et les familles qui attendent sur la terre ferme. L'intention est bonne, ça permet de casser la monotonie, mais le montage manque de fluidité. On se perd parfois dans la chronologie. À cause d'une gestion de la lumière un peu hasardeuse, on ne sait plus trop si c'est le matin, le soir ou le troisième jour. Ça crée une confusion qui nous sort encore un peu plus de l'histoire. Du côté des acteurs, le bilan est correct, mais personne ne crève l'écran. Ils font ce qu'ils peuvent avec ce qu'on leur a donné. On voit bien qu'ils sont fatigués, qu'ils ont faim et qu'ils ont peur, mais comme leurs personnages manquent cruellement de profondeur, on a du mal à s'attacher à eux.
On regarde leur calvaire avec une certaine distance, là où on aurait dû être avec eux sur la coque du bateau. On pourrait aussi chipoter sur le réalisme de certains effets. Quand le film nous annonce une tempête apocalyptique mais que le bateau semble flotter sur un lac un peu agité, la crédibilité en prend un coup. Ce sont des petits détails techniques, certes, mais mis bout à bout, ils empêchent l'immersion totale. Pourtant, malgré tous ces défauts, on sent une certaine sincérité dans le projet. Perdus en mer n'essaie pas de transformer ce drame en une épopée de super-héros. Il appuie là où ça fait mal : les erreurs de jugement, l'impréparation, les petites décisions banales qui mènent au désastre.
C’est ce côté humain et faillible qui sauve les meubles. La dernière partie relève d'ailleurs un peu le niveau. En se recentrant sur l'essentiel — la résistance pure, le mental qui lâche — le film retrouve une intensité bienvenue. Le final est plus sobre, plus respectueux de la réalité, et nous laisse sur une note un peu plus convaincante.
Note : 4.5/10. En bref, Not Without Hope est le genre de film qui avait toutes les cartes en main pour être un joli film de survival, mais qui se prend les pieds dans le tapis à cause d'un script trop léger. C’est un visionnage correct pour les amateurs du genre, mais on ne peut pas s'empêcher de penser que ce fait divers méritait un traitement plus percutant. Ça se regarde, mais ça s'oublie aussi vite, comme une vague qui finit sa course sur le sable.
Sorti le 26 mai 2026 directement en VOD et DVD
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