Critique Ciné : The Arborist (2026, direct to SVOD)

Critique Ciné : The Arborist (2026, direct to SVOD)

The Arborist // De Andrew Mudge. Avec Lucy Walters, Will Lyman et Hudson West.

 

The Arborist débarque avec une check-list qui a tout pour plaire aux fans de frissons : un vieux domaine paumé, des bois qui ne disent rien de bon, quelques spectres qui traînent et un bon gros drame familial pour lier le tout. Sur le papier, c’est la recette parfaite du folk horror moderne. Un genre que j’affectionne tout particulièrement si vous me suivez depuis un moment. Pourtant, une fois devant l’écran, on reste sur notre faim. C’est le genre de film qui a de superbes idées mais qui semble avoir peur de les pousser jusqu'au bout. Tout commence pourtant assez bien. On suit Ellie, une élagueuse pro qui porte clairement tout le malheur du monde sur ses épaules. 

 

Une arboriste accablée de chagrin et son fils réveillent une présence surnaturelle quand ils commencent à abattre des arbres dans le domaine d'un homme solitaire mystérieux.

 

Elle débarque dans une propriété immense avec son fils, Wyatt, pour un contrat un peu spécial : abattre des arbres pour un proprio, Arthur Randolph, qui n’inspire pas vraiment confiance dès le premier regard. Ce qui frappe au début, c’est l’ambiance. Le réalisateur ne nous balance pas des bruits assourdissants toutes les deux minutes pour nous faire sursauter. Il filme la forêt comme un personnage à part entière. Les arbres ne sont pas juste des décors, ils ont l'air de surveiller la petite famille. C’est calme, c’est lourd, et on sent que le deuil récent d’Ellie et Wyatt est le véritable moteur de l’histoire. L’horreur ici n’est qu’un miroir de leur douleur.

 

 C’est un classique du genre aujourd’hui, mais pour que ça marche vraiment, il faut un petit truc en plus qui manque ici. Le souci, c’est que le film finit par se perdre en chemin. La première partie installe une tension solide, on voit Wyatt changer de comportement, la forêt commence à réagir  et on se dit qu’on tient quelque chose de sérieux. Mais ensuite, le scénario s'éparpille. Il veut nous raconter le passé du domaine, les secrets de Randolph, les traumas d'Ellie et ajouter des couches de surnaturel par-dessus. À vouloir trop en dire, le récit s'alourdit. Au lieu de renforcer le mystère, cette accumulation de pistes finit par casser la dynamique. Les moments les plus réussis sont paradoxalement ceux où l’on n'explique rien.

 

Le rythme est aussi un vrai point noir. Pour un film d'un peu plus d'une heure trente, on a parfois l'impression d'en passer trois sur son canapé. La lenteur n'est pas le problème en soi, beaucoup de chefs-d'œuvre de l'horreur atmosphérique prennent leur temps. Le hic, c’est quand le film fait du surplace. On a droit à plusieurs séquences qui se ressemblent, qui répètent les mêmes émotions sans faire avancer le schmilblick. On finit par décrocher un peu, ce qui est dommage parce que visuellement, il y a de très belles choses. Heureusement, le casting sauve les meubles. Lucy Walters est impeccable dans le rôle d’Ellie.

 

 Elle joue tout en retenue, dans les regards et la fatigue, loin des clichés de l’héroïne qui hurle à la moindre ombre. Son fils à l’écran, Hudson West, est tout aussi convaincant. Il arrive à être inquiétant de manière très subtile, ce qui est bien plus efficace que s’il s'était transformé en gamin possédé de série B. Will Lyman, le propriétaire, apporte cette touche de mystère nécessaire pour nous garder intrigués un minimum. Côté horreur pure, The Arborist joue la carte de la discrétion. On est sur des bruits de branches qui craquent, des silhouettes au loin et des regards fuyants. C’est plutôt bien géré et ça évite de tomber dans le grand guignol numérique qu’on voit partout. 

 

Quelques scènes de nuit dans les bois parviennent vraiment à foutre les jetons grâce à une image soignée et des effets pratiques bien dosés. Mais quand arrive le final, le soufflé retombe. Le film essaie de boucler toutes ses boucles (le deuil, la forêt, les secrets) mais l’impact émotionnel n'est pas là. On sent que le cœur du réalisateur balance entre le drame pur, le conte folk et le fantastique gothique, sans jamais vraiment choisir son camp. Alors, est-ce que ça vaut le coup de le voir ? Si vous êtes un mordu d’ambiance forestière, de films qui prennent leur temps et que vous n'avez pas besoin d'une explosion d'action toutes les dix minutes, vous pourriez y trouver votre compte. 

 

Par contre, si vous cherchez du frisson nerveux ou une histoire qui avance à cent à l’heure, vous allez trouver le temps long. The Arborist reste un film correct, mais il manque de ce petit grain de folie ou d'une écriture plus tranchante pour vraiment marquer les esprits. Ça se regarde, mais ça s'oublie aussi vite que le générique de fin s'arrête.

 

Note : 4.5/10. En bref, The Arborist séduit par son atmosphère forestière poisseuse et son trio d'acteurs impeccables, mais il finit par s'égarer dans un scénario trop bavard et un rythme qui fait du surplace. C'est une proposition de folk horror soignée visuellement, qui manque malheureusement de punch et de clarté pour vraiment marquer les esprits au-delà de son ambiance.

Prochainement en France en SVOD

 

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