Critique Ciné : Very Bad Job (2026, direct to SVOD)

Critique Ciné : Very Bad Job (2026, direct to SVOD)

Very Bad Job // De Allan Ungar. Avec Josh Duhamel, Aidan Gillen et Jeremy Ray Taylor.

 

Avec Very Bad Job, le réalisateur Allan Ungar s'attaque à un mélange des genres périlleux : la comédie noire façon British et le buddy movie à l'américaine. Le pitch donne d'emblée le sourire car il repose sur une base classique mais efficace. Imaginez un tueur à gages pro, mais complètement au bout du rouleau, obligé de servir de mentor à un gamin accro aux jeux vidéo et aux jeux de rôle médiévaux. Sur le papier, c'est le genre de série B qui promet un bon moment de détente sans prise de tête. Dans les faits, le film navigue entre de franches réussites et quelques sérieux coups de mou. L'histoire démarre sur une boulette monumentale. 

 

Tommy Ward, un tueur à gages médiocre, tue accidentellement un parent du plus grand patron du crime de Londres, l'obligeant à prendre la fuite pour Los Angeles. Pour revenir dans la capitale auprès de son fils, Tommy passe un marché avec son nouvel employeur qui souhaiterait que Tommy aide son fils, Julian, à devenir un homme.

 

Tommy Ward, un assassin londonien pourtant expérimenté, flingue la mauvaise personne lors d’un contrat dans une boîte de nuit. La faute à une vue qui baisse et à un éclairage néon un peu trop agressif. Ce n'est pas juste une erreur pro, c'est une condamnation à mort, puisque la victime est un proche d'un mafieux local très rancunier. Pour sauver ses fesses, Tommy s'exile à Los Angeles. Là-bas, il finit par bosser pour Benson, un criminel local au tempérament explosif. Mais Benson a un souci de taille avec son fils, Julian. Le gamin préfère les combats d'épées en mousse et les manettes de console aux affaires familiales. Pour le père, c’est une humiliation. 

 

Il confie donc une mission un peu spéciale à Tommy : transformer ce geek inoffensif en véritable tueur de sang-froid. C'est là que le film trouve son rythme de croisière. La dynamique entre Josh Duhamel et Jeremy Ray Taylor porte clairement le projet sur ses épaules. On a d'un côté le pro blasé et de l'autre un adolescent qui panique à la moindre goutte de sang, créant un décalage souvent savoureux. Le film brille particulièrement quand il accepte d'être totalement absurde. Je pense notamment à cette scène où Tommy débarque, batte de baseball en main, prêt à en découdre, avant de réaliser qu'il vient de s'incruster dans une partie de Grandeur Nature. Ce genre de situation absurde fonctionne bien car elle joue sur les codes du genre sans trop se forcer. 

 

Malheureusement, l'humour n'est pas toujours aussi fin. On sent qu'Allan Ungar a beaucoup regardé les films de Guy Ritchie ou de Tarantino, mais n'est pas Snatch qui veut. Certaines vannes tombent un peu à plat et le film s'épuise parfois à vouloir être cool ou branché à tout prix à travers des dialogues qui traînent en longueur. Visuellement, le réalisateur ne fait pas dans la dentelle. Couleurs saturées, ralentis stylisés et musique omniprésente : on est dans le pur style des films de gangsters des années 2000. C’est efficace pour l'œil, mais cela ne suffit pas à masquer une intrigue un peu téléphonée. On devine assez vite où le scénario veut nous emmener. 

 

Le plus dommageable reste le traitement de l'antagoniste principal, Freddy Darby, joué par Aidan Gillen. Alors qu'il devrait incarner une menace constante et flippante, il disparaît de l'écran pendant de longues minutes, ce qui casse un peu la tension dramatique. Malgré ces quelques fausses notes, on finit par s'attacher à ce duo improbable. Jeremy Ray Taylor évite de tomber dans le cliché insupportable du geek de service et apporte une vraie touche d'humanité au personnage de Julian. Josh Duhamel, quant à lui, assure le job en tueur fatigué, même si on aurait aimé le voir un peu plus menaçant par moments. Au final, les deux compères finissent par ressembler à deux types un peu paumés qui naviguent à vue dans un monde trop violent pour eux.

 

Note : 5/10. En bref, Very Bad Job ne révolutionne pas le genre de la comédie criminelle. C'est un film qui a parfois les yeux plus gros que le ventre en voulant trop imiter ses glorieux aînés. Mais si on cherche un divertissement léger pour une soirée canapé, le contrat est rempli. C'est imparfait, un peu bancal, mais le capital sympathie des acteurs sauve les meubles. Une petite série B honnête qui se laisse regarder sans déplaisir.

Sorti le 8 mai 2026 directement en SVOD

 

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