Citadel (Saison 2, épisodes 1 et 2) : plus d'action, mais où est passé le scénario ?

Citadel (Saison 2, épisodes 1 et 2) : plus d'action, mais où est passé le scénario ?

On va être clairs : la première saison de Citadel, c’était un peu comme acheter une Ferrari pour aller chercher le pain à 200 mètres. Un budget colossal, des effets dans tous les sens, mais un moteur qui calait à chaque feu rouge à cause d’un scénario écrit sur un coin de table basse. Trois ans plus tard, Amazon remet une pièce dans la machine. Après m'être cogné les deux premiers épisodes de cette saison 2, le constat est là : ils ont enfin compris qu’on n'était pas là pour réfléchir, mais pour voir des trucs exploser proprement. Le pitch repart sans trop de fioritures. 

 

Mason Kane (Richard Madden) et Nadia Sinh (Priyanka Chopra Jonas) jouent toujours à cache-cache en Europe après que leur agence de super-espions a implosé. Mason galère avec ses souvenirs en miettes (le grand classique de l'amnésique qui sait quand même casser des bras) tandis que Nadia joue les mamans louves tout en évitant les balles. Au milieu de ce joyeux bazar, Bernard Orlick (le toujours impeccable Stanley Tucci) se retrouve flanqué d'un certain Hutch, un ancien de la CIA qui n'a visiblement pas eu la même formation de politesse que ses collègues. Ce qui saute aux yeux dès l’ouverture sur un yacht, c’est que le rythme a pris un sérieux coup de fouet. 

 

Là où la saison 1 se regardait le nombril en essayant de nous expliquer son univers complexe (spoiler : il ne l’était pas), la saison 2 fonce dans le tas. C’est propre, c’est fluide, et on sent que les dollars coulent à flot dans chaque plan. On ne peut pas enlever ça à Amazon : visuellement, ça claque. Les chorégraphies de combat sont lisibles, ce qui change agréablement du montage épileptique de la première salve. Priyanka Chopra Jonas semble d'ailleurs beaucoup plus à l'aise dans ses pompes. Son personnage de Nadia gagne une petite couche d'humanité supplémentaire, même si on reste sur une écriture qui effleure les émotions avec la subtilité d'un bulldozer. 

 

Mais bon, on ne regarde pas Citadel pour du Tchekhov. On est là pour l'action, et sur ce point, le contrat est à moitié rempli. Pourquoi à moitié ? Parce que malgré l'accélération du rythme, la série souffre toujours de son syndrome de "déjà-vu permanent". Chaque rebondissement se voit venir à des kilomètres, comme un train de marchandises au milieu du Larzac. Les méchants de service, Paulo Braga et Joana, nous sortent une histoire d'arme technologique capable de manipuler les cerveaux. Très original. On n'avait pas vu ça depuis, quoi, les trois derniers Mission Impossible et la moitié des James Bond ? Le deuxième épisode confirme cette tendance : ça court, ça s'évade, ça traverse l'Europe en un claquement de doigts. 

 

C’est dynamique, certes, mais c’est terriblement mécanique. La série ne prend jamais le temps de laisser ses personnages respirer. Dès qu'un début d'émotion pointe le bout de son nez chez Mason, pouf, une explosion ou une course-poursuite vient nous rappeler qu'on a payé pour de la pyrotechnie, pas pour de la psychologie de comptoir. Richard Madden fait le job, mais son disque rayé sur "qui suis-je vraiment ?" commence à fatiguer. Heureusement qu'il y a les nouveaux. Jack Reynor (Hutch) apporte une dose d'imprévisibilité salvatrice. Il débloque un peu le côté rigide et trop sérieux de la franchise. 

 

Ses échanges avec Bernard permettent de décrocher un sourire entre deux fusillades, et c’est franchement ce qui manquait à ce bloc de béton armé qu'était la saison 1. Au final, Citadel saison 2 ressemble à une opération de sauvetage. Après des spin-offs qui n'ont pas franchement cassé la baraque, cette suite tente de simplifier la recette : moins de prétention, plus de spectacle. C'est une série "fast-food" de luxe. On sait exactement ce qu'on va manger, c'est un peu trop gras, on connaît le goût par cœur, mais ça se laisse avaler sans déplaisir un dimanche soir de flemme.

 

Si vous aviez détesté la saison 1, ces deux épisodes ne vont pas vous convertir. Si vous cherchiez juste une version plus efficace et moins pompeuse de ce divertissement calibré pour le streaming, alors vous devriez y trouver votre compte. On attendra quand même de voir si la suite parvient à nous surprendre, ou si la série va continuer de copier ses voisins de palier jusqu'au générique final.

 

Note : 4/10. En bref, malgré un budget qui crève l’écran et un rythme enfin dopé à l’adrénaline, cette saison 2 peine toujours à se dépêtrer d’un scénario cousu de fil blanc et de clichés d’espionnage déjà vus mille fois. C’est un divertissement efficace et moins prétentieux que le premier volet, mais qui ressemble plus à un produit de luxe calibré par algorithme qu’à une série dotée d’une véritable âme.

Disponible sur Amazon Prime Video

 

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