23 Mai 2026
Rivals // Saison 2. Episode 4. #2.4.
Après trois épisodes menés à cent à l’heure entre scandales médiatiques, coups bas professionnels et hormones en ébullition, la saison 2 de Rivals s'offre une petite pause respiratoire. Ce quatrième chapitre lève un peu le pied sur les rebondissements pour faire ce que la série réussit finalement le mieux : disséquer les névroses de ses personnages. Derrière le vernis des trahisons et du champagne tiède, Rutshire balance ses masques. On n’est plus seulement dans la manipulation pure, on plonge dans des histoires de solitude, de manque de reconnaissance et de ce besoin viscéral, presque pathétique, de se sentir choisi.
Pour mettre tout ce beau monde à nu, le scénario utilise un prétexte parfait : les répétitions d’une pièce de théâtre, Le Songe d’une nuit d’été, organisée par Corinium. Le décor des coulisses permet de faire passer énormément de choses sans passer par de grands monologues explicatifs. Un regard volé derrière un rideau, un silence pesant entre deux répliques ou une discussion coupée net en disent bien plus longs que les habituels clashs de salon. Depuis la reprise, la série cherche clairement à explorer le contrecoup émotionnel des bêtises des personnages plutôt que d’enchaîner les twists pour le plaisir de choquer, et cette approche plus fine fonctionne à merveille.
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Celle qui crève l'écran ici, c’est Maud. Jusqu'à présent, on la voyait surtout comme une femme instable, un peu excessive et frustrée. Cet épisode change la donne et montre une tout autre facette : celle d'une femme qui étouffe sous l'étiquette de « femme de Declan ». Le drame, c'est que Declan est totalement aveugle à sa détresse, complètement bouffé par ses ambitions avec Venturer. C'est là que Tony s'engouffre dans la brèche, avec son flair habituel pour repérer les failles. Il ne cherche pas juste à la séduire pour le trophée ou pour coincer Declan. Il lui donne précisément ce dont elle manque cruellement : de l’attention, une vraie écoute et le sentiment d'exister enfin.
Le comportement du duo n'est pas excusable, mais on comprend parfaitement comment ils en arrivent là. C'est la force de ce triangle amoureux où personne n'est tout à fait innocent. Declan a beau être le « gentil » de l'histoire, son absence affective pousse son couple dans le ravin. David Tennant excelle toujours autant à rendre Tony fascinant, alternant froideur et magnétisme avec un naturel déconcertant. Du côté de Rupert, l'heure est au bilan après les derniers scandales. Sa confrontation avec Helen évite heureusement le piège du règlement de comptes hystérique. Helen ne cherche pas à l’enfoncer pour le plaisir, elle lui met simplement le nez dans ses propres poubelles en lui montrant les dégâts collatéraux de ses actes.
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Pour une fois, le dandy semble percuter que ses choix n'impactent pas que sa petite personne. Cette prise de conscience explique aussi pourquoi il reste sur la réserve avec Taggie. La série étire intelligemment leur rapprochement à coup de non-dits et d'occasions manquées, ce qui évite de tomber dans la romance niaise. Taggie reste la boussole morale de cet univers de requins, mais on sent que le costume de la fille toujours gentille et disponible commence à lui peser. Elle passe son temps à ramasser les morceaux pour les autres sans que personne ne se demande jamais comment elle va. Heureusement, sa dynamique avec Bas apporte une vraie bouffée d'oxygène et un peu de légèreté au milieu de toute cette noirceur.
De leur côté, Freddie et Lizzie continuent leur danse du « fuis-moi je te suis », basée sur une vraie connexion intellectuelle plutôt que sur une simple tension physique, ce qui dénote agréablement avec le reste du show. Même les histoires secondaires, comme celle de Caitlin et Archie, surprennent par leur douceur en traitant la question du consentement avec une délicatesse inattendue pour une série d'ordinaire si provocatrice. En fin de compte, ce quatrième épisode prouve que Rivals gagne en épaisseur quand elle accepte de ralentir.
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La construction de cette saison 2 reste parfois un peu brouillonne, avec des intrigues qui apparaissent et disparaissent au gré des scènes, mais dès qu'on s'attarde sur les fêlures de ces couples toxiques, la série devient totalement addictive. Derrière les paillettes et les guerres d'ego, elle raconte surtout l'histoire de gens tragiquement incapables de formuler leurs besoins avant que tout n'explose.
Note : 6.5/10. En bref, en ralentissant le rythme au milieu des scandales, ce quatrième épisode troque l'enchaînement de twists contre une analyse psychologique fine et particulièrement corrosive des couples de Rutshire. Derrière le glamour et les guerres d'ego, la série dévoile enfin les fêlures et la profonde solitude de ses personnages, rendant l'ensemble beaucoup plus nuancé et addictif.
Disponible sur Disney+
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