Deli Boys (Saison 2, 6 épisodes) : une comédie criminelle qui assume pleinement son chaos

Deli Boys (Saison 2, 6 épisodes) : une comédie criminelle qui assume pleinement son chaos

On va être clairs tout de suite : avec ses six épisodes, la saison 2 de Deli Boys ne cherche pas à réinventer la roue. Si tu as aimé la première salve, tu seras en terrain connu. Les frères Dar, Mir et Raj, reviennent exactement là où on les avait laissés, avec la même formule qui marche : un gros shot de comédie absurde, des plans criminels foireux et des embrouilles de famille impossibles. Mais ce qui est cool avec cette suite, c’est que les personnages grandissent un peu, même s'ils restent de sacrés bras cassés. Souviens-toi de la fin de la saison dernière. 

 

Les deux frères s'en étaient sortis par miracle après avoir hérité d'un véritable empire du crime sans rien y capter. Ils ont dû apprendre sur le tas, en faisant n'importe quoi, conscients que la moindre boulette pouvait leur coûter cher. Dans cette deuxième saison, le point de départ est identique, mais le curseur a bougé. Mir et Raj ne sont plus de parfaits débutants, ils commencent à piger comment ça marche. Ne t'attends pas non plus à voir les nouveaux Corleone. L'humour de la série repose toujours sur leur incapacité totale à gérer les bases du business. Ils paniquent vite, en font trop et prennent des décisions complètement absurdes. 

 

C'est ça qui donne tout le charme à la série. Malgré le contexte de trafic et de criminalité qui pourrait vite devenir lourd ou sombre, le ton reste super léger et fun. C'est vraiment le point fort de cette saison : faire progresser les personnages sans flinguer ce qui les rend attachants. Mir et Raj ont pris de l'assurance, mais ils foirent encore la moitié de ce qu'ils entreprennent. Ils avancent au talent et au coup de bol plutôt que par pure stratégie. C'est une vraie bonne idée des scénaristes. Souvent, dans ce genre de show, les héros deviennent des boss du crime hyper froids au bout de dix épisodes. Ici, on garde ce côté humain et maladroit qui fait du bien.

 

Le gros morceau de cette année, c'est l'oseille. Gagner de l'argent sale, c'est une chose, mais réussir à le blanchir et à l'injecter dans l'économie légale, c'est une autre paire de manches. C'est ce problème de riches qui lance l'intrigue et qui amène un petit nouveau dans l'équation : Max Sugar. Ce personnage change complètement la donne. Max possède un casino, il est super difficile à cerner et il représente autant un plan en or qu'un énorme danger pour les frères Dar. Son arrivée permet de sortir un peu du cercle fermé du restau familial et des potes du quartier. On passe aux choses sérieuses avec des enjeux financiers beaucoup plus grands, et ça fait bouger les lignes.

 

Le truc qui marche à fond, c'est qu'on ne sait jamais sur quel pied danser avec lui. À chacune de ses scènes, on se demande s'il va aider les frangins ou les planter dans le dos. Ce flou artistique apporte pas mal de rebondissements et te pousse à enchaîner les épisodes pour savoir le fin mot de l'histoire. Mais le vrai patron de la série, ça reste Lucky. Depuis le premier jour, c'est elle qui porte l'organisation sur ses épaules. Quand Mir et Raj font de l'improvisation totale, Lucky calcule tout. Quand ils crient au loup, elle garde la tête froide. Cette saison lui donne un peu plus de place pour montrer sa vie perso, sans jamais affaiblir son rôle de boss du business.

 

Les interactions autour d'elle donnent lieu à des scènes super drôles. La série gère bien cet équilibre : Lucky n'est pas juste la meuf sérieuse de service qui passe son temps à réparer les bêtises des deux autres. Elle a une vraie profondeur, et son duo ou plutôt son trio avec les frères fonctionne à merveille. Au milieu de tout ce bazar, Deli Boys continue de mettre en avant son identité culturelle avec beaucoup de justesse. Rien ne sonne comme du marketing ou du cliché pour faire bien sur les écrans américains. Les repas de famille, les vannes, la culture, tout s'intègre naturellement à l'histoire. Ça donne une vraie âme à la série, loin des stéréotypes habituels.

 

Le format est aussi une vraie réussite. Avec seulement six épisodes plutôt courts, le rythme est ultra rapide. Pas le temps de s'ennuyer, les intrigues avancent à toute allure et la série ne s'encombre pas de sous-intrigues inutiles. On sent une vraie énergie qui te tient du début à la fin. Chaque épisode va droit au but, et même quand le scénario part en vrille complète, l'histoire globale continue de progresser. On évite le piège de la suite de sketchs sans queue ni tête. Si je devais chipoter, je dirais qu'il manque parfois un peu de temps pour creuser certaines bonnes idées. 

 

Quelques personnages secondaires débarquent avec un super potentiel mais repartent aussi vite faute de temps. Avec deux épisodes de plus, la saison aurait pu donner un peu plus de coffre à certains arcs narratifs. Heureusement, ça ne gâche pas le plaisir. On ne ressent pas de précipitation, juste une petite frustration de devoir déjà quitter cet univers si riche. Quand le générique de fin tombe, tu n'as pas l'impression d'avoir une histoire bâclée, tu as juste envie de passer plus de temps avec cette bande. 

 

Note : 7/10. En bref, cette saison 2 confirme tout le bien que je pensais de Deli Boys. La série assume son ton décalé, ses dialogues percutants et son amour pour les situations improbables. Le trio principal porte le show avec une efficacité redoutable, le rythme est parfait pour un binge-watching du week-end et les nouveautés relancent bien la machine. Si tu cherches une comédie criminelle qui privilégie le fun et les bons personnages plutôt que le réalisme pur et dur, fonce. La fin laisse la porte grande ouverte pour la suite, et j'ai déjà hâte de voir dans quelle galère Mir, Raj et Lucky vont encore se foutre.

Disponible sur Disney+

 

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