21 Mai 2026
Après deux premiers épisodes un peu poussifs, on commençait presque à s'inquiéter pour Legends. La série installait ses pions, mais sans trop savoir où elle allait, la faute à un rythme en dents de scie et des intrigues un peu floues. Heureusement, les épisodes 3 et 4 redressent la barre. Tout n'est pas parfait, loin de là, mais on sent enfin de la vraie tension et, surtout, de vraies conséquences pour les personnages. Jusqu'ici, le show nous montrait l'univers du trafic de drogue de manière un peu théorique, presque scolaire.
Là, on plonge enfin dans le vif du sujet : les dégâts humains et le stress permanent des flics infiltrés. La série devient tout de suite plus accrocheuse quand elle arrête de nous expliquer la géopolitique du crime pour nous montrer ce que cette guerre contre l'héroïne fait aux gens. L'épisode 3 braque les projecteurs sur Eddie McKee. On le prenait pour un simple homme de main du réseau de Liverpool, mais Legends prend le temps de creuser son histoire. Quand on découvre que son propre fils est accro à la came, le récit prend une tout autre dimension. C’est tragique, c'est simple, et ça fonctionne super bien parce que la série ne cherche pas à en faire une victime ou à excuser ce qu'il fait.
On voit juste un mec qui se prend en pleine figure les retours de ce qu'il aide à vendre tous les jours. C'est ce genre de poids émotionnel qui manquait cruellement au début de la saison. Du côté de Guy, l'infiltration chez les Turcs reste le gros point fort de la série. Sa relation tendue avec Hakan et les manigances autour de Zeki apportent ce sentiment de danger constant qui nous manquait. La scène du faux transfert de came à Birmingham est un modèle du genre : Guy doit improviser sous pression, sa couverture ne tient qu'à un fil, et la réalisation réussit à nous faire stresser sans en faire des tonnes ni abuser d'effets de manche. Ce qui est cool avec ces épisodes, c'est qu'on sent que personne ne gère vraiment la situation.
Même Don est complètement dépassé par le bordel ambiant. La série montre bien le décalage entre cette cellule de douaniers un peu bricolée et des cartels criminels ultra-professionnels qui ont dix coups d'avance. Kate et Bailey sortent aussi de leur routine à Liverpool. L’incendie qui vise Shaun et sa famille, c’est le premier vrai coup de poing de la saison. D’un coup, les risques deviennent concrets. Le duo marche d'ailleurs de mieux en mieux : Bailey est ultra-prudent, Kate fonce dans le tas, et leurs erreurs commencent enfin à se payer cash. L'épisode 4 pousse Kate à se rapprocher un peu trop intimement de Carter.
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L'idée est bonne, même si le scénario passe la cinquième un peu trop vite sur ce coup-là, sans prendre le temps d’installer leur complicité de manière crédible. C'est d'ailleurs le gros point noir de Legends depuis le départ : la série balance trop de personnages secondaires sans les présenter, et on s'y perd un peu entre les gangs, les trahisons et les alliances. À vouloir ouvrir trop de pistes en même temps, le récit devient parfois lourd et confus. Ces épisodes 3 et 4 sont beaucoup plus intenses, mais ils manquent encore un peu d'air. On aimerait parfois que le scénario se pose cinq minutes pour laisser respirer les scènes. Pourtant, l'ambiance générale s'améliore nettement.
Le show abandonne son côté un peu froid pour filmer la fatigue, la paranoïa et la solitude. Guy ne dort plus, Bailey craque, et Don porte le poids de ses vieux démons sur le visage. C'est dans ces moments-là, quand elle parle d'humains et de santé mentale, que la série touche juste. Quand elle essaie d'être un pur thriller d'action, elle reste assez banale. Dès qu'elle filme la double vie et la trouille de se faire démasquer, elle devient excellente. La vie de famille de Guy commence elle aussi à voler en éclats. Sa couverture bouscule son quotidien, et même si certains de ses choix paraissent complètement inconscients pour un flic infiltré, cela rajoute du piment à l'histoire.
Visuellement, on reste sur du pur polar britannique, sobre et gris. La mise en scène sait se faire discrète et privilégie les silences, les regards en biais et les planques nocturnes aux grosses explosions. Et c'est tant mieux : un simple dialogue tendu dans une bagnole a souvent mille fois plus d'impact qu'une fusillade. Avec ces deux épisodes, Legends commence enfin à comprendre ses propres forces. Tout n'est pas encore carré, le scénario s'emmêle parfois les pinceaux, mais la tension est là et les personnages s'épaississent. Reste à voir si la suite saura tenir ce rythme sans retomber dans les longueurs du début. Le potentiel est bien présent, surtout si la série continue de creuser ce sentiment d'usure psychologique qui rend ce job si destructeur.
Note : 6.5/10. En bref, après un début un peu poussif, Legends trouve enfin le bon rythme en misant sur la tension psychologique et les failles de ses personnages face aux cartels. Malgré un scénario parfois un peu trop chargé, ces deux épisodes font monter l'intensité d'un cran et donnent enfin envie de voir la suite.
Disponible sur Netflix
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