New Zealand Spy (Saison 1, épisode 1) : bons baisers de nulle part

New Zealand Spy (Saison 1, épisode 1) : bons baisers de nulle part

Je fais partie de ceux qui adorent le concept des espions bras cassés. Le décalage entre le sérieux d’une mission et l’incompétence totale des agents, c’est normalement une recette gagnante pour une bonne comédie. Slow Horses est devenue une sorte de référence du genre pour moi depuis plusieurs années sur Apple TV. La France aussi a su nous offrir quelque chose de réjouissant dans le genre avec Au service de la France. Alors, quand j’ai lancé le premier épisode de New Zealand Spy, j’étais vraiment prêt à passer un bon moment, surtout avec ce cadre rétro qui change un peu de l’ordinaire. Mais la réalité est tombée assez vite : je me suis ennuyé ferme.

 

Les débuts des nouvelles recrues à l’Agence du renseignement de Nouvelle-Zélande dans la seconde moitié du XXᵉ siècle.

Dès le départ, la série essaie de nous en mettre plein la vue avec une scène d'action dans les montagnes. Ça bouge, ça court, on se dit que ça va être nerveux et fun. Sauf que c’est un pur écran de fumée. Une fois cette intro passée, le soufflé retombe tellement vite qu’on entend presque le bruit du dégonflement. L’épisode s’installe dans un faux rythme qui ne décolle jamais, et on passe le reste du temps à attendre que quelque chose d'intéressant se passe. Le gros point noir, c’est Michael Brown. Le personnage est censé être ce fan d’espionnage un peu maladroit qui rêve de grandeur. Sur le papier, on a envie de l’aimer. À l’écran, c’est une autre histoire. Il ne fait pas juste des erreurs, il est épuisant. 

 

Ses gaffes ne sont pas vraiment drôles, elles sont juste prévisibles. Pour qu’un anti-héros fonctionne, il faut qu’on ait envie de le soutenir malgré ses bêtises. Ici, on finit juste par avoir envie qu’il se taise et qu’il laisse la place à quelqu’un d’autre. C’est difficile de s’investir dans une série quand le personnage principal nous tape sur le système dès la vingtième minute. Autour de lui, ce n’est pas beaucoup plus brillant. On nous présente Sue comme l’élément efficace du groupe, mais elle est tellement mise de côté qu’elle finit par ressembler à un simple décor de fond. Et le gag du deuxième Michael qui porte le même nom que le premier ? 

C’est peut-être drôle en réunion de scénaristes après trois cafés, mais à l’image, ça ne mène strictement nulle part. Entre les personnages, le courant ne passe pas. On ne sent aucune alchimie, aucun répondant, juste des gens qui attendent la fin de la scène. Côté écriture, c’est le flou artistique. Le recrutement de cette équipe de choc est expédié sans aucune conviction. On ne comprend pas bien pourquoi ils sont là, ni quel est le véritable enjeu. Même la partie entraînement, qui est normalement le passage obligé pour s’amuser un peu avec les clichés du genre, est totalement ratée. C’est mou, c’est sans imagination, et la mission finale manque tellement de tension qu’on finit par décrocher complètement.

 

J’ai eu l’impression de regarder une histoire qui n’avait pas de direction, qui avançait simplement parce qu’il fallait bien remplir le créneau horaire. Et l’humour dans tout ça ? C’est quand même le cœur du projet. Eh bien, c’est la plus grosse déception. J’ai dû sourire deux ou trois fois devant des dialogues un peu mieux sentis, mais le reste du temps, les situations s’étirent jusqu’au malaise. La série semble croire que si on fait durer une scène gênante assez longtemps, elle finira par devenir comique. Spoiler : non. On se retrouve avec de longues minutes de vide qui auraient pu être utilisées pour développer un peu mieux l’intrigue ou les personnages.

Visuellement, par contre, la série a du cachet. Les paysages de Nouvelle-Zélande sont superbes (en même temps, c’est dur de les rater) et l’esthétique d’époque est plutôt soignée. Mais voilà, une belle photo ne fait pas une bonne série. C’est un peu comme une jolie voiture qui n’aurait pas de moteur : c’est sympa à regarder au garage, mais ça ne vous emmènera nulle part. Le casting, pourtant composé de gens qui savent faire de la comédie, semble totalement bridé par une mise en scène trop plate et un texte qui manque de punch. Au final, ce premier épisode de New Zealand Spy est un rendez-vous manqué. On nous vend un truc décalé et original, et on se retrouve avec un pilote sans âme qui ne sait pas sur quel pied danser.

 

Il n'y a pas assez d'action pour nous tenir en haleine, pas assez d'humour pour nous faire rire, et pas assez de coeur pour qu'on s'attache à cette bande de loosers. Pour ma part, je ne pense pas que je pousserai l'expérience plus loin. Il y a trop de bonnes séries à voir pour perdre son temps avec un projet qui semble lui-même se demander ce qu'il fait là. Si vous cherchez de la finesse ou de la franche rigolade, vous pouvez passer votre tour sans regret.

 

Note : 3/10. En bref, derrière une esthétique rétro plutôt soignée, ce premier épisode de New Zealand Spy se prend les pieds dans le tapis avec une intrigue poussive et un humour qui brille par son absence. On se retrouve face à une galerie de personnages plus exaspérants que drôles, rendant cette mission d'espionnage totalement anecdotique.

Prochainement en France

 

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