3 Juin 2026
Quand j'ai vu débarquer New Zealand Spy et ses six épisodes sur mon écran, j'avoue que le projet m'a tout de suite intrigué. Le pitch avait de quoi plaire : une comédie absurde en plein cœur des années 1970, des agents secrets complètement à l'ouest, et surtout une rivalité bien appuyée avec les voisins australiens. L'idée de détourner les codes des vieux James Bond avec cette touche d'humour néo-zélandais si particulière, c'était prometteur. Malheureusement, après avoir enchaîné toute cette première saison, le soufflé est vite retombé.
La série a de vraies qualités visuelles, mais elle passe à côté de son sujet. Pourtant, le démarrage de la série se passe plutôt bien. On plonge directement dans les coulisses d’une agence de renseignement totalement fauchée qui galère à recruter. Suivre trois nouvelles recrues pas du tout formées pour devenir des espions top secrets, c’est un excellent moteur pour la comédie. Pendant les vingt premières minutes, l'univers s'installe efficacement sans jamais se prendre au sérieux. Les clins d'œil aux classiques du film d'espionnage s'enchaînent bien et les situations ridicules font mouche. On sent une vraie fraîcheur, un ton décalé qui donne envie de croire à la suite.
On se dit que les personnages ont une belle marge de progression et que la saison va monter en puissance. Le problème, c'est que cette bonne impression s'évapore presque dès le deuxième épisode. Le gros point noir de New Zealand Spy saute aux yeux très rapidement. Les scénaristes ont misé absolument tout leur humour sur un seul élément : l’incompétence totale des personnages. Chaque nouvelle mission devient un prétexte pour enchaîner les gaffes, les quiproquos et les moments de gêne. Si on prend ces sketchs de manière isolée, certains fonctionnent très bien et font décrocher un sourire. Mais mis bout à bout sur six épisodes, cette formule devient lourde et ultra-répétitive.
On a constamment l’impression de regarder la même blague qui tourne en boucle. Les décors changent, les objectifs des missions varient un peu, mais les ressorts comiques ne bougent pas d'un poil. Les agents ratent ce qu'ils entreprennent, improvisent n'importe comment, et déclenchent une catastrophe encore plus grande. À la longue, le rythme en prend un coup et on commence à s'ennuyer ferme devant des scènes qui s'étirent sans raison. Cette répétition se ressent aussi dans l'écriture du trio principal, et c'est une vraie déception. La dynamique de groupe est hyper classique : deux agents complètement largués et une collègue plus douée qui passe son temps à réparer leurs bêtises.
Au début, ce contraste crée des situations sympas. Sauf qu'en six épisodes, cette relation ne bouge pas d'un millimètre. Chaque personnage reste bloqué dans sa case. Leurs défauts ne servent pas à nourrir leur personnalité, ils résument tout ce qu'ils sont. Même quand la série tente d'intégrer des petites intrigues amoureuses ou personnelles, on sent que c'est juste pour meubler le scénario. On termine la saison sans en savoir plus sur eux qu'au premier épisode. Forcement, sans attachement pour l'équipe, difficile de s'intéresser à ce qui leur arrive. Pour réussir une bonne parodie, il faut respecter un minimum le genre que l'on moque. C'est là que la série montre ses limites de scénario.
Les intrigues de fond, les complots internationaux et les opérations secrètes ne sont jamais pris au sérieux, même un tout petit peu. Tout cela ne sert que de décor lointain pour placer des vannes. L'aspect espionnage devient tellement secondaire que l'histoire globale perd toute cohérence. Les épisodes s'enchaînent sans véritable fil conducteur et le fil rouge avance à deux à l'heure. Même le grand final de la saison manque cruellement d'impact. Tout se résout de manière un peu artificielle, sans aucune tension dramatique ni montée en puissance. Puisqu'on parle d'une comédie, la question centrale reste de savoir si on rit devant New Zealand Spy. La réponse est malheureusement très mitigée.
Par moments, le côté pince-sans-rire et l'humour absurde fonctionnent vraiment bien. Il y a des lignes de dialogue bien senties qui égratignent intelligemment les clichés des films d'action. Mais ces éclairs de génie restent trop rares. La majorité des gags repose sur le malaise, les silences pesants et la lourdeur des situations. C'est un style d'humour qui demande un dosage parfait. Ici, on frôle l'indigestion. Quand une scène s'éternise pour essayer d'arracher un rire de gêne qui ne vient pas, le visionnage devient long. Heureusement, tout n'est pas à jeter, et le point fort de la série se situe clairement au niveau de sa réalisation. Visuellement, la série a de la gueule.
La reconstitution des années 70 est soignée et apporte un vrai charme rétro. Les costumes colorés, les décors vintage et la bande-son nous plongent bien dans l'ambiance de l'époque. De plus, la série profite à fond des superbes paysages de la Nouvelle-Zélande pour aérer ses plans et proposer de belles images. C'est ce look soigné qui permet de rester devant l'écran quand le scénario commence à patiner. Mais une belle esthétique ne suffit pas à sauver une écriture trop fragile. Au bout du compte, cette première saison laisse un arrière-goût de rendez-vous manqué. L'intention de départ était excellente et on sent que l'équipe aime sincèrement le genre de l'espionnage. Mais les bonnes intentions ne font pas une bonne série.
Le manque de renouvellement des gags, des personnages figés et une intrigue trop transparente empêchent la série de décoller. Le format court de six épisodes évite la catastrophe industrielle, mais la lassitude s'installe quand même avant la fin. Si vous cherchez une petite comédie légère pour poser votre cerveau un soir de semaine, l'esthétique rétro et l'ambiance décalée peuvent suffire à vous divertir. Mais si vous espériez une parodie fine et mémorable, vous risquez de rester sur votre faim.
Note : 4/10. En bref, malgré une esthétique rétro soignée et un premier épisode prometteur, cette parodie d'espionnage s'essouffle très vite à cause de gags ultra-répétitifs. Faute d'enjeux et d'évolution pour ses personnages, la série tourne en rond et passe à côté de son potentiel comique.
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