Critique Ciné : Mexicali (2026, direct to SVOD)

Critique Ciné : Mexicali (2026, direct to SVOD)

Mexicali // De Luke LaFontaine. Avec Bren Foster, Plutarco Haza et Tania Raymonde.

 

Trouver un bon film d'action, c'est parfois un parcours du combattant. On espère toujours tomber sur une pépite nerveuse avec des personnages qui tiennent la route, même si le scénario tient sur un ticket de métro. Malheureusement, Mexicali ne fait pas partie de cette catégorie. Ce long-métrage ressemble plutôt à ces vieux films d'action oubliés qui prenaient la poussière dans les bacs de supermarché à l'époque des DVD (même si le DVD existe encore, il n’y a plus trop de sorties de ce genre là). Le genre de production qui promet du grand spectacle sur l'affiche, mais qui teste surtout l'endurance du spectateur une fois lancé.

 

L'ancien combattant Joe aide à gérer la ferme mexicaine de sa partenaire Estrella. En participant à des combats clandestins pour payer les travailleurs, il doit se défendre avec Marco contre l'attaque du gang de Chávez.

 

Pourtant, il faut reconnaître que le début du film s'en sort plutôt bien. Bren Foster enchaîne les combats clandestins avec une vraie fluidité. On comprend tout de suite que le gars sait y faire et qu'il a le physique idéal pour porter ce genre de projet. Le vrai problème commence quand les combats s'arrêtent. Il reste alors une heure et demie à combler, et c'est là que les choses se gâtent sérieusement. L'histoire nous présente Joe, un ancien mercenaire qui a décidé de se ranger pour devenir agriculteur dans un coin paumé du Mexique. Manque de bol, les récoltes ne donnent rien et les dettes s'accumulent. 

 

Pour réussir à payer ses employés, Joe décide de remettre les gants et de replonger dans les combats illégaux. Ce n'est pas l'idée du siècle, mais au moins, le récit avance et on comprend les motivations du héros. Les ennuis sérieux commencent quand le cartel débarque. C'est presque un passage obligé dans ce genre de film. Joe se fritte avec le fils d'un boss local, ce qui déclenche une guerre ouverte. Notre agriculteur doit alors ressortir ses vieux réflexes de machine à tuer pour s'en sortir. Si vous avez une impression de déjà-vu en lisant ces lignes, c'est tout à fait normal. Ce canevas a été usé jusqu'à la corde par des dizaines d'autres productions, souvent bien plus inspirées.

 

Le défaut majeur de Mexicali est son manque total de personnalité. On a constamment l'impression de regarder un patchwork de scènes piquées à droite et à gauche. Le coup du soldat qui veut une vie tranquille, la ferme menacée par des voyous, le héros solitaire qui distribue des mandales pour protéger ses proches, tout cela a déjà été fait mille fois. Le scénario se contente de suivre une ligne droite sans jamais chercher à surprendre. Les personnages prennent parfois des décisions complètement absurdes, simplement parce que le script a besoin de déclencher la prochaine scène de bagarre. On se surprend à lever les yeux au ciel devant des choix illogiques, dont le seul but est de meubler le quart d'heure suivant.

 

Heureusement, le film sauve un peu les meubles grâce à la qualité de ses affrontements. Bren Foster est clairement le point fort du projet. Les combats sont lisibles, brutaux et plutôt bien chorégraphiés. C'est agréable de voir que la production n'a pas abusé des coupures de montage frénétiques pour masquer les faiblesses des acteurs, comme c'est trop souvent le cas aujourd'hui. Ici, on prend le temps de voir les coups partir et atterrir. Mais ces bons points sont vite gâchés par une réalisation globale très faiblarde. Le réalisateur Luke LaFontaine gère plutôt bien les cascades, mais sa mise en scène générale manque cruellement de punch et d'idées. 

 

Visuellement, Mexicali ressemble à un téléfilm bas de gamme diffusé en fin de soirée. Les décors manquent de relief, les plans sont ultra-classiques et l'ensemble souffre d'une absence totale d'identité visuelle. Au bout du compte, on a l'impression d'assister à une démo technique plutôt qu'à un vrai film de cinéma. Les combats font le job, mais tout ce qui meuble les temps morts est d'un ennui mortel. Les personnages secondaires sont totalement transparents. Les grands méchants n'impressionnent personne et les tentatives d'apporter un peu de drame tombent complètement à plat. 

 

La relation entre Joe et Estrella sert uniquement de moteur à l'histoire, sans qu'on s'attache une seule seconde à leur duo. C'est d'autant plus frustrant que Mexicali avait quelques cartes en main. Bren Foster a une vraie présence à l'écran, certaines scènes d'action sont vraiment solides et le cadre de la campagne mexicaine change un peu des décors urbains habituels. Malheureusement, l'équipe semble s'être contentée du strict minimum syndical. Mexicali reste un produit calibré pour occuper un fond d'écran un soir de semaine sans trop réfléchir. Ce n'est pas un navet absolu, mais ce n'est clairement pas un film qui marque les esprits. 

 

Le scénario est vide, la réalisation est plate et le film s'oublie aussitôt le générique de fin commencé. On retient juste quelques bonnes scènes de baston qui évitent le désastre complet. C'est bien trop maigre pour un film de cette durée, mais c'est toujours ça de pris. Une série B correcte quand les poings s'activent, mais qui perd tout son intérêt dès que les personnages essaient de parler.

 

Note : 3/10. En bref, Mexicali reste un produit calibré pour occuper un fond d'écran un soir de semaine sans trop réfléchir. Ce n'est pas un navet absolu, mais ce n'est clairement pas un film qui marque les esprits. Le scénario est vide, la réalisation est plate et le film s'oublie aussitôt le générique de fin commencé. 

Sorti le 2 juin 2026 directement sur Amazon Prime Video

 

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