Critiques Séries : Proud. Saison 1. Episode 2.

Critiques Séries : Proud. Saison 1. Episode 2.

Proud // Saison 1. Episode 2. #1.2.

 

Après un premier épisode mené à cent à l'heure centré sur Filip et son quotidien complètement chaotique, Proud change de braquet pour ce deuxième chapitre. Les débuts de la série insistaient pas mal sur les excès, les bêtises et l'immaturité du personnage. Cette fois, l'histoire l'oblige enfin à regarder les conséquences de ses actes en face. Il se retrouve coincé devant une situation qu'il ne peut plus esquiver, et ce virage fait un bien fou au récit. Ce changement de cap donne immédiatement une autre dimension à la série. Dès les premières minutes, on sent que le ton devient plus lourd, plus posé, un peu plus introspectif. La disparition de sa sœur change absolument tout. 

 

Elle devient le point de départ d'une intrigue qui parle de deuil, de responsabilités et de cette transition difficile vers l'âge adulte, surtout quand la vie vous balance des épreuves sur le coin de la figure sans prévenir. Ce qui me plaît beaucoup dans cet épisode, c'est que les scénaristes n'ont pas transformé Filip en mec parfait du jour au lendemain. Il reste maladroit, prend encore des décisions sur un coup de tête et s'avère parfois franchement agaçant. Mais la différence avec le pilote saute aux yeux : ses erreurs ne servent plus juste à montrer que c'est un glandeur ou un fêtard irresponsable. Elles mettent en lumière un jeune homme complètement paumé, qui essaie de surnager dans une situation qui le dépasse totalement.

 

La série prend son temps et c'est une excellente idée. Filip ne devient pas mûr par magie sous le coup du drame. Il se débat avec ses vieilles habitudes, ses blocages et cette liberté personnelle à laquelle il tient comme à la prunelle de ses yeux. Ce choix rend sa trajectoire hyper crédible. Là où d'autres productions auraient accéléré le mouvement pour nous forcer à l'aimer tout de suite, Proud choisit de nous montrer un type qui galère et qui ne sait pas du tout comment gérer ce qui lui tombe dessus. L'arrivée de la petite Tosia au centre du jeu vient bousculer toute la dynamique. Dans le premier épisode, on la voyait à peine, elle faisait juste partie du décor familial. Ici, elle devient le véritable moteur de l'intrigue. 

 

À travers elle, Filip est obligé d'imaginer un avenir qu'il n'avait jamais vu venir. La série a le bon goût de ne pas en faire trop. Pas de violons, pas de grands discours larmoyants. Les scènes entre l'oncle et sa nièce restent simples, toutes bêtes, et c'est justement ça qui permet de capter le changement qui s'opère chez lui. On sent le dilemme permanent : est-ce qu'il continue sa vie de grand gamin sans attaches, ou est-ce qu'il accepte cette responsabilité qui va retourner son quotidien ? Ce conflit entre liberté individuelle et devoir familial, c'est clairement le cœur émotionnel de l'épisode. Le rythme ralentit franchement, et ça pourra en déstabiliser certains. 

 

L'énergie électrique et un peu folle du début s'efface pour laisser place à quelque chose de plus posé. Les scènes de fête existent toujours, mais l'ambiance n'est plus du tout la même. On comprend que Filip fait la fête pour fuir la réalité et masquer sa douleur, pas pour s'amuser. Ce coup de frein fait beaucoup de bien à la série. Ça laisse respirer les personnages et ça donne de la place aux émotions. Beaucoup de passages reposent sur des silences, des regards ou des non-dits plutôt que sur de longs dialogues explicatifs. Cette retenue évite de tomber dans le mélodrame gratuit. Côté casting, Ignacy Liss commence vraiment à montrer ce qu'il a dans le ventre. Dans le pilote, sa prestation reposait surtout sur son énergie et son côté solaire. 

 

Ici, il doit jouer sur une palette beaucoup plus large. La tristesse, la culpabilité et le doute passent par de petits détails, des expressions discrètes. On comprend mieux pourquoi Filip agit de façon si contradictoire : il veut bien faire, mais il est encore dans le déni. Cette vulnérabilité le rend attachant sans effacer ses gros défauts. Proud commence aussi à ouvrir ses horizons. Au-delà du cas personnel de Filip, l'épisode aborde des sujets plus larges et ancrés dans le réel. On parle évidemment de parentalité improvisée, mais aussi du regard des autres, des préjugés des gens et des galères administratives qui se dressent face à ce genre de situation familiale. Ces thèmes s'intègrent super bien à l'histoire, sans qu'on ait l'impression de subir une leçon de morale.

 

Au final, si le premier épisode posait le décor et présentait les visages, ce deuxième chapitre donne enfin une vraie direction à la saison. Les enjeux deviennent concrets, les relations s'épaississent et la trajectoire de Filip se dessine pour de bon. Tout n'est pas parfait, le rythme pourra sembler un peu mou par moments et certains regretteront le côté fun du départ. Mais ce changement était indispensable pour que Proud devienne autre chose que le simple portrait d'un fêtard qui enchaîne les mauvais choix. La série a trouvé sa voix : une histoire d'apprentissage forcé face à l'imprévu, et ça me donne carrément envie de voir la suite.

 

Note : 7.5/10. En bref, si le premier épisode posait le décor et présentait les visages, ce deuxième chapitre donne enfin une vraie direction à la saison. Les enjeux deviennent concrets, les relations s'épaississent et la trajectoire de Filip se dessine pour de bon. 

Disponible sur HBO max

 

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