Falling (2026) (Mini-series, 6 épisodes) : une romance ratée mais sauvée par ses acteurs ?

Falling (2026) (Mini-series, 6 épisodes) : une romance ratée mais sauvée par ses acteurs ?

Quand j’ai vu le pitch de Falling, j’avoue que j’étais plutôt curieux. L'histoire d'amour impossible entre un prêtre et une religieuse dont les convictions volent en éclats, ça a un vrai potentiel dramatique. Sur le papier, on s'attendait à une grande réflexion sur la foi, le renoncement et les tiraillements du cœur. Dans la réalité, le résultat est beaucoup plus mitigé. Pour tout dire, on frôle parfois le naufrage scénaristique, et si la série tient debout, c’est presque uniquement grâce à l’immense talent de ses deux interprètes principaux. Commençons par ce qui fonctionne, parce qu'il faut être juste. Le duo star porte littéralement le projet sur ses épaules. 

 

Une religieuse et un prêtre, tous deux dévoués à leur vocation, tombent amoureux l'un de l'autre de manière inattendue et doivent affronter les conséquences de cet amour sur leurs vœux et leur foi.

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Keeley Hawes et Paapa Essiedu font un travail formidable pour donner de la consistance à des personnages que l'écriture sabote régulièrement. Dès le départ, on s'attache à David. C'est un prêtre moderne, ancré dans son époque, ultra investi auprès des galériens de son quartier et sincèrement désireux de faire le bien autour de lui. En face, Anna est une bonne sœur qui a passé sa vie entière derrière les murs d'un couvent. Elle aime sa vocation, elle y croit dur comme fer, et cela se sent dans les premières scènes. Le problème majeur, c'est que cette super base s’effondre dès que la romance commence à s'installer. Les scénaristes ont visiblement décidé de presser le pas, et la relation bascule dans le passionnel après seulement trois poignées de main. 

 

On nous demande d'avaler un bouleversement émotionnel gigantesque sans nous donner le temps de le voir venir. L'idée d'un amour interdit ne me dérange pas du tout, c’est même un excellent moteur de fiction, mais encore faut-il que le spectateur puisse y croire. Ici, tout s'enchaîne de façon tellement abrupte que ça en devient artificiel. C'est surtout le traitement d'Anna qui pose problème. À de nombreuses reprises, on a la désagréable impression que ses décisions ne viennent pas d'elle, mais simplement des besoins d'un scénario écrit avec les pieds pour passer vite à la scène suivante. Son évolution manque cruellement de finesse. Pire encore, la série bascule souvent de la candeur à l'infantilisation pure et simple. 

 

Anna passe pour une oie blanche totalement déconnectée de la réalité, ce qui est assez agaçant et empêche de s'attacher vraiment à elle. Au lieu de construire une héroïne complexe, on se retrouve avec un personnage un peu niais qui subit les événements. Cette maladresse se ressent aussi dans la peinture du quotidien religieux. Sans basculer dans la grosse caricature grossière, la série traite la vie au couvent et les rituels de l'Église catholique avec une légèreté un peu déconcertante. Les dialogues manquent parfois de vérité, certaines situations sonnent faux, et cela gâche l’immersion dans cet univers pourtant si codifié. Mais le vrai point noir, celui qui fait que la mayonnaise ne prend pas, c'est le manque total de complicité physique et émotionnelle entre les deux acteurs à l'écran. 

 

L'histoire s'épuise à nous répéter sur tous les tons qu'ils s'aiment d'un amour fou et destructeur, mais visuellement, on ne ressent rien. Les regards appuyés, les silences pesants et les scènes clés qui devraient nous faire frissonner tombent à plat. La tension romantique est tout simplement aux abonnés absents. Le plus ironique dans l'histoire, c'est que les intrigues secondaires s'en sortent beaucoup mieux que l'intrigue principale. Toutes les scènes où David s'occupe de sa paroisse et gère les problèmes sociaux de son quartier possèdent une vraie force tranquille. C'est là que le personnage gagne en profondeur. Sa relation avec sa sœur est d'ailleurs l'une des plus belles réussites de la série. 

 

Leurs discussions sont fluides, les émotions tombent pile au bon endroit et on touche enfin à quelque chose de profondément humain. Dès que la caméra s'éloigne du couple central pour filmer la vraie vie, l'écriture retrouve miraculeusement un peu de bon sens. Les seconds rôles font eux aussi le job pour sauver les meubles. La mère supérieure apporte une jolie dose de bienveillance dans ce marasme, et les figures plus traditionnelles de l'institution religieuse font de parfaits contrepoids, même si leurs profils restent assez classiques. On peut aussi reconnaître à Falling l'effort de ne pas avoir transformé l'institution religieuse en grand méchant de l'histoire. La série évite le piège du traitement binaire. 

 

Le dilemme des personnages ne se résume pas à un choix stupide entre le Bon Dieu et l'amour de leur vie, mais interroge plutôt leur propre identité et le poids de leurs engagements. C’est une nuance appréciable. Malheureusement, ces bonnes intentions passent constamment au second plan derrière cette histoire d'amour bancale et mal ficelée. En six épisodes, il y avait largement le temps de poser les choses, d'installer une tension progressive et de montrer le vrai coût d'un tel choix de vie. Au lieu de ça, la série bégaye, étire des moments inutiles et accélère brutalement quand il faudrait prendre son temps. Le rythme est totalement bancal et l'intérêt du spectateur ne fait que se déplacer vers les personnages secondaires, bien plus passionnants à suivre.

 

Note : 4/10. En bref, Falling reste une œuvre très frustrante. Ce n'est pas un désastre absolu, car le casting sauve littéralement la mise et la réalisation globale reste sobre et élégante. On devine parfois, au détour d'une scène réussie, le projet intelligent que cela aurait pu être avec des scénaristes plus inspirés. Mais en l'état, la romance manque cruellement de souffle et les raccourcis narratifs gâchent l'expérience. Une série que l'on regarde distraitement pour la performance de ses comédiens, mais qui s'oublie aussi vite qu'elle s'est terminée.

Prochainement sur France Télévisions

 

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