9 Juillet 2026
Quand on découvre le pitch de Baddies, il y a de quoi être intrigué. Une bande de braqueurs en cavale qui vient se cacher dans un camp de vacances pour ados en difficulté, c'est le genre de point de départ qui promet pas mal de situations absurdes. Cette production venue de Nouvelle-Zélande s'en sort plutôt bien en proposant une aventure familiale divertissante et sans fioritures. En six épisodes de vingt minutes, la série se regarde toute seule, même si elle n'évite pas toujours certains pièges du genre. L'intrigue se concentre sur Jack, un adolescent plutôt réservé envoyé dans ce camp pour jeunes compliqués. L'ambiance bascule lorsque des criminels un peu pieds nickelés débarquent après un casse raté.
Après un braquage de banque raté et un accident avec une voiture de police volée, quatre gamins marginaux envoyés dans un camp de jeunesse louche se retrouvent pris entre une bande de braqueurs et un million de dollars.
À partir de là, les dynamiques bougent. Les adultes perdent rapidement le contrôle de la situation, et les gamins se retrouvent obligés de prendre des décisions qui les dépassent un peu. Ce renversement des rôles fonctionne bien et apporte un peu de fraîcheur à un récit qui aurait pu être très classique. L'efficacité du format est indéniable. Avec des épisodes aussi courts, l'histoire va droit au but. On n'a pas le temps de s'ennuyer et les rebondissements s'enchaînent de manière fluide. Chaque chapitre fait avancer l'intrigue et grimper la tension de façon naturelle, ce qui rend le visionnage très accessible et agréable pour un week-end. Le traitement des personnages reste correct, même si on sent les limites du format.
Jack n'est pas un héros instantané, son évolution se fait en douceur à mesure qu'il apprend à s'affirmer. En face, Tank propose un contraste intéressant. Il hésite constamment entre la loyauté envers ses potes et la tentation de suivre les braqueurs, ce qui donne un peu de relief aux relations du groupe. En revanche, pour Pip et Ripley, c'est plus timide. Le manque de temps les laisse un peu au second plan, et c'est dommage, car on aurait aimé en apprendre un peu plus sur eux. Du côté des antagonistes, le choix de ne pas en faire des monstres mais plutôt des types dépassés et maladroits amène des moments d'humour assez drôles. Cette approche évite le manichéisme de base, car tout le monde fait des erreurs, des gamins aux criminels.
La tension s'en trouve parfois un peu atténuée, mais cela colle bien au ton familial de l'ensemble. L'un des vrais points positifs de la série réside dans son identité culturelle. L'intégration de la culture māorie se fait de manière très fluide. Les dialogues naviguent naturellement entre l'anglais et le te reo Māori sans que cela donne l'impression d'un passage forcé ou pédagogique. Les décors et l'ambiance locale offrent un dépaysement plutôt bienvenu qui change des productions habituelles. La réalisation reste simple et au service du rythme. Les scènes d'action sont lisibles et l'humour absurde trouve sa place sans casser la narration. Le revers de la médaille de ces épisodes courts, c'est que les développements émotionnels vont parfois un peu trop vite.
Certains personnages secondaires manquent clairement de profondeur pour que l'on s'attache vraiment à eux. Le final apporte une conclusion honnête aux principales intrigues tout en ouvrant la voie à une éventuelle suite. Les scénaristes ont eu le bon goût de fermer les arcs narratifs principaux sans nous imposer un cliffhanger artificiel pour nous forcer à revenir.
Note : 6.5/10. En bref, cette première saison de Baddies est une proposition honnête. On passe un bon moment devant ce mélange d'aventure, d'humour et de culture néo-zélandaise. L'histoire se tient et les personnages sont attachants, même si le format court empêche la série de creuser ses thèmes en profondeur. C'est une fiction agréable pour décompresser, mais qui reste un peu trop en surface pour devenir totalement incontournable.
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