2 Juillet 2026
Les Parfait(s) : arnaques en famille // De Ludovic Bernard. Avec Audrey Fleurot, Ramzy Bedia et Alan Cumming.
Quand on voit débarquer une comédie française qui mélange film de braquage, secrets de famille et voyage en Écosse, on a forcément envie d'y croire. Sur le papier, Les Parfait(s) : arnaques en famille avait de bons arguments pour plaire. Mettre Audrey Fleurot et Ramzy Bedia à la tête d'une équipe d'escrocs partis faire un coup dans les Highlands, c'était la promesse d'un moment sympa, plein d'énergie et de répliques bien senties. Malheureusement, après une heure et demie de visionnage, le soufflé retombe assez vite. Le film se regarde sans déplaisir, mais il s'oublie aussi vite qu'un téléfilm du dimanche soir. Le gros point noir du film, c'est clairement son écriture.
Chez les Toussaint, du grand-père au petit dernier, l’arnaque est un art qui rapporte. Poursuivis, ils doivent fuir. Seule option ? Emprunter l’identité d’une famille sans histoire - les Parfait - et se réfugier...en Écosse. Entre des collègues trop curieux et une mystérieuse voisine, leur double vie va rapidement se compliquer : les faux Parfait se retrouvent face au coup d’une vie. Plans démentiels, déguisements fous, gadgets étonnants : pour réussir, notre famille pas comme les autres va devoir prouver qu’elle est plus que parfaite.
Pour qu'un film d'arnaque fonctionne, il faut qu'on se fasse avoir en même temps que les victimes. On veut des surprises, des retournements de situation qui nous laissent bouche bée et des plans tellement bien ficelés qu'on ne les voit pas venir. Ici, le réalisateur Ludovic Bernard choisit la route de la facilité. Tout est ultra-prévisible. On devine les pièges et les rebondissements de longues minutes avant qu'ils n'arrivent à l'écran. En éliminant ainsi tout suspense, le long-métrage perd une grande partie de son intérêt et s'enferme dans une routine un peu paresseuse. Côté décors, l'action se passe principalement au milieu des paysages écossais. Visuellement, ça change des rues de Paris ou des plages du Sud qu'on voit partout, et ça fait du bien à la rétine. Les grands espaces apportent une vraie fraîcheur.
Par contre, l'équipe n'a pas pu s'empêcher de cocher toutes les cases du guide touristique de base. Les kilts, le whisky, les visites de distilleries... Tout y passe. C'est un peu dommage de résumer un pays à ses clichés les plus usés, car l'arrière-plan finit par manquer cruellement d'authenticité et d'une vraie personnalité. Cette dynamique de famille spécialisée dans les combines méritait un traitement beaucoup plus poussé. Par moments, on sent que le film aimerait copier le style des grands classiques du genre, avec des déguisements, des faux-semblants et des manipulations à la chaîne. Sauf que la production n'ose jamais aller au bout de son concept.
Le scénario sacrifie le suspense sur l'autel d'un humour grand public qui, lui non plus, ne tourne pas toujours à plein régime. C'est d'ailleurs là que se situe la vraie déception. Les vannes fonctionnent une fois sur deux. On sourit parfois devant certaines situations absurdes, mais beaucoup de gags tombent complètement à plat. Les dialogues manquent de punch, le rythme traîne en longueur et certaines scènes comiques semblent forcées, comme si on nous dictait le moment où il faut rigoler. L'exagération fait partie du jeu dans la comédie, mais elle doit rester connectée à l'histoire pour qu'on y croie un minimum. Heureusement que le duo principal sauve un peu les meubles.
Audrey Fleurot utilise son charisme naturel pour porter ses scènes, tandis que Ramzy Bedia apporte son capital sympathie habituel. Leur énergie permet de relancer la machine quand le scénario commence sérieusement à bégayer. Mais même avec toute la bonne volonté du monde, la complicité entre les acteurs ne prend pas complètement. C'est encore plus flagrant chez les seconds rôles, qui manquent d'épaisseur et se contentent de faire de la figuration alors qu'ils auraient pu apporter le grain de folie indispensable à l'intrigue. La réalisation reste elle aussi très sage. C'est propre, techniquement correct, mais ça manque de relief, de cadres originaux ou d'idées de mise en scène qui viendraient dynamiser les séquences de vol.
On a souvent l'impression de regarder une fiction télévisuelle à gros budget plutôt qu'un vrai film de cinéma pensé pour le grand écran. Le rythme général n'aide pas : l'introduction est un peu longue à démarrer, et une fois que la bande est en place, le récit avance en ligne droite sans jamais tenter le moindre écart. Au fond, ce qui laisse un goût d'inachevé, c'est ce potentiel gâché. Il y avait une bonne idée de départ, un cadre dépaysant et un casting solide. En poussant un peu plus les curseurs du côté du thriller humoristique et en proposant des arnaques plus inventives, le résultat aurait eu une tout autre allure. En choisissant de rester une simple comédie familiale sans risques, le projet perd son identité.
Note : 4.5/10. En bref, ce long-métrage reste un divertissement correct si vous cherchez juste un film léger pour décompresser après une longue journée. C'est rapide, pas désagréable, mais ça ne laissera aucun souvenir impérissable. Si vous espériez retrouver l'esprit malicieux, élégant et rythmé des vraies comédies de braquage, vous risquez de rester sur votre faim. Faute d'audace, cette histoire vient grossir les rangs de ces productions qu'on regarde distraitement et qu'on oublie dès que les lumières se rallument.
Sorti le 24 juin 2026 au cinéma
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