La Cible (Saison 1, épisodes 1 et 2) : Tomer Sisley pris au piège

La Cible (Saison 1, épisodes 1 et 2) : Tomer Sisley pris au piège

Dès ses deux premiers épisodes, La Cible va droit au but. La nouvelle série de TF1 portée par Tomer Sisley mélange cavale, action et secrets de famille autour d’un mec dont la vie explose en vol en l'espace de quelques heures. Ces débuts installent une intrigue qui repose autant sur la disparition soudaine d’une famille que sur les mensonges qui la rongent depuis des années. Même si le scénario utilise des ficelles bien connues du thriller télé, ce démarrage a assez d'énergie pour nous donner envie de voir la suite. Hugo Meyer est un habitué du danger. 

 

Hugo est un garde du corps qui traverse un divorce compliqué avec son ex-femme qu’il aime encore. Le jour où il vient fêter l'anniversaire de son fils, son ex-femme et ses deux enfants sont kidnappés. Rapidement l’enquête de police le suspecte… Alors qu’il est sur le point d’être déféré, il n’a d’autre choix que de s’échapper pour retrouver femme et enfants, tout en fuyant la police convaincue de son implication. Une course contre la montre s’enclenche. Jusqu’au moment où il va découvrir qu’il ne savait pas tout de sa femme…

 

Son boulot de garde du corps lui demande une vigilance de tous les instants et une bonne dose de physique. C’est un rôle sur mesure pour Tomer Sisley, qui évolue dans un registre où il est très à l’aise. La série ne met pas longtemps à montrer ce dont son héros est capable. Courses-poursuites et bastons posent direct le décor. Mais ce qui rend Hugo attachant dans ces deux premiers épisodes va au-delà de ses réflexes de molosse. Trés vite, l’histoire emmène le personnage sur un terrain beaucoup plus intime. Hugo tente de garder le contact avec son ex-femme Léa et ses enfants, alors que leur couple prend l'eau. Il n’arrive pas à tourner la page et s'accroche à cette vie de famille qui lui glisse entre les doigts. C'est cette vulnérabilité qui donne de la chair au personnage. 

 

Derrière le pro de la sécurité, on découvre un père prêt à tout pour ne pas perdre les siens. Et puis tout bascule. Quand il repasse chez eux et réalise que Léa et les gamin ont disparu, la police le pointe immédiatement du doigt. Son métier, son profil, son passé et les circonstances jouent contre lui. En un clin d'œil, il passe du rôle de père angoissé à celui de suspect numéro un. C'est là que la série trouve sa vraie dynamique. Le premier épisode fonctionne surtout grâce à son rythme. L'intrigue avance vite sans perdre de temps en bavardages. Hugo comprend rapidement que s’il reste à attendre, il est foutu. La pression des enquêteurs le pousse à fuir pour mener ses propres recherches.

 

Le concept n'a rien d'inédit. Le coup de l'innocent traqué qui doit laver son honneur est un grand classique du genre, et La Cible ne cherche pas à réinventer la roue. Mais l'écriture apporte un détail qui change la donne : Hugo ne connaît peut-être pas vraiment la femme qu'il cherche à sauver. C'est là que le deuxième épisode fait pivoter l'histoire. Alors qu'on pensait suivre une simple affaire d'enlèvement, ce deuxième chapitre élargit le problème. En suivant plusieurs pistes, Hugo découvre des zones d'ombre troublantes dans le passé de sa compagne. Cette tournure permet au récit de dépasser le cadre d'une simple chasse à l'homme. Ce deuxième épisode donne à La Cible sa véritable couleur. 

 

L'action reste bien présente, mais le scénario prend enfin le temps de fouiller la face cachée de Léa. Hugo pensait tout savoir de celle avec qui il a fondé un foyer. Pourtant, des indices viennent fissurer ses certitudes. Une photo retrouvée, un nom sorti de nulle part et une vieille histoire suffisent à tout remettre en cause. Les révélations sur l'identité de Léa marquent un vrai tournant. Sans tout dévoiler d'un coup, la série pose de bonnes questions. Qui est-elle vraiment ? Pourquoi avoir effacé des pans entiers de son passé ? Quel est le lien entre son ancienne vie et sa disparition ? Cette approche me semble bien plus accrocheuse qu'une suite ininterrompue de cascades. 

 

Elle donne à Hugo une double quête : il ne cherche plus seulement ses proches, il cherche aussi à comprendre avec qui il vivait. Cette réflexion sur la confiance et le mensonge apporte un vrai supplément d'âme. La Cible repose en grande partie sur les épaules de Tomer Sisley. La série s'appuie sur son physique de quadra affûté, mais elle essaye aussi de montrer un homme complètement dépassé par la situation. Hugo a beau savoir neutraliser un adversaire ou semer des flics, il est totalement désemparé face au vide laissé par sa famille. C'est ce contraste qui fonctionne. Il gère sur le terrain, mais il nage en plein brouillard dans sa propre vie. 

 

Il pensait pouvoir recoller les morceaux de son couple, avant de réaliser qu'une partie de son histoire lui échappait totalement. Tomer Sisley équilibre bien ces deux facettes. Le personnage aurait pu tomber dans le cliché de la machine à baffe invincible, mais la série évite le piège en rappelant sans cesse ce qui le fait avancer : ses enfants. En face, Fauve Hautot hérite d'un rôle mystérieux. Léa demeure difficile à cerner après ces deux épisodes, ce qui colle parfaitement à sa position dans l'intrigue. Même absente de l'écran, elle reste le moteur de l'histoire et chaque indice ramène directement à elle. La série montre quand même quelques défauts flagrants.

 

Certaines situations découlent de coïncidences un peu trop pratiques, et la police prend des raccourcis un peu grossiers pour charger Hugo. Le scénario privilégie clairement l'efficacité au détriment du réalisme purement factuel. Les rôles secondaires manquent aussi de relief. Pour l'instant, beaucoup de personnages servent juste à faire avancer l'enquête ou à mettre des bâtons dans les roues du héros. Heureusement, ces défauts ne gâchent pas le plaisir du visionnage. La réalisation exploite bien les décors et rend la fuite d'Hugo très concrète. On évite le côté figé de certaines productions télé, et ce mouvement perpétuel entretient la tension. Hugo ne peut jamais se poser. Après deux épisodes, La Cible garde encore une bonne partie de ses cartes en main.

 

Si l'action sert d'accroche, ce sont les secrets familiaux qui risquent de faire la différence. Hugo commence sa traque pour sauver les siens, et il la termine en réalisant qu'il a vécu avec une inconnue. J'ai bien aimé cette façon d'installer le doute progressivement. L'enlèvement de départ aurait pu suffire, mais le passé de Léa ajoute une vraie épaisseur. Il ne s'agit plus seulement de fuir la police, il faut comprendre l'engrenage. Ces deux premiers épisodes offrent un démarrage rythmé et bien troussé. Tomer Sisley assure le spectacle sur l'action, pendant que le personnage de Fauve Hautot épaissit le mystère.

 

La suite devra juste éviter d'empiler les rebondissements de trop. Le passé de Léa offre une base solide. C'est ce mystère, plus que les courses-poursuites, qui déterminera si La Cible tient la distance sur la longueur.

 

Note : 6/10. En bref, après deux épisodes, La Cible garde encore une bonne partie de ses cartes en main. Si l'action sert d'accroche, ce sont les secrets familiaux qui risquent de faire la différence.

Disponible sur TF1+

 

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